À Toulouse, l’aéronautique multiplie les opérations de recrutement massif. Les cadences montent, les postes s’accumulent, les centres de formation affichent complet.
Jonathan Periquet ne mâche pas ses mots. Responsable de la division aéronautique, défense et spatial pour Randstad, il chiffre à 1 200 le nombre de postes à pourvoir dans la région toulousaine et ses départements limitrophes, rien que pour les besoins recensés lors du dernier Aéroday organisé le 22 janvier 2026 au Stadium de Toulouse. La ville rose concentre les lignes d’assemblage final d’Airbus, les sièges de Safran, Daher ou Spherea, et tire derrière elle toute une chaîne de sous-traitants en pleine montée en charge.
Le constat vaut pour l’ensemble de l’Occitanie. En octobre 2025, le cluster PRIMUS recensait déjà 3 500 emplois à pourvoir dans l’aéronautique, la défense et le spatial lors de son job dating annuel, avec plus de 70 industriels et institutionnels présents, du ministère des Armées à Airbus Defence & Space, en passant par la DGA Techniques Aérospatiales et Lacroix Défense.
Ajusteurs, câbleurs, ingénieurs : les FAL d’Airbus aspirent tous les profils
Les besoins ne se concentrent pas sur un seul niveau de qualification. Randstad et ses filiales Expectra et Kliff proposaient en janvier 2026 pas moins de 1 150 postes en CDI, CDD, intérim longue durée et CDI intérimaires dans toute la région Occitanie, avec des formations qualifiantes accessibles aux candidats en reconversion.
Côté production, les lignes d’assemblage final d’Airbus réclament en priorité des ajusteurs, mécaniciens système, intégrateurs-câbleurs et contrôleurs aéronautiques. Les fonctions support technique sont tout aussi sollicitées : techniciens méthodes, essais, électronique, ingénieurs en mécanique, électronique, optique ou matériaux composites. Du CAP au doctorat, selon Periquet, aucune case n’est ignorée [1].
Mais avoir le diplôme ne suffit pas. « Il y a une culture aéro de l’engagement et du sérieux, avec un degré d’exigence énormissime », insiste Periquet, qui répète le mot « savoir-être » comme un mantra. Une bonne posture professionnelle, le sens de la rigueur, la capacité à tenir des cadences contraintes : voilà ce que cherchent les recruteurs, avant même de regarder le CV.
| Événement | Date | Postes | Organisateur |
|---|---|---|---|
| Aéroday Toulouse | 22 janvier 2026 | 1 200 (région toulousaine) | Randstad |
| Job dating Occitanie | 22 janvier 2026 | 1 150 (région Occitanie) | Randstad / Expectra / Kliff |
| Job dating PRIMUS | 2 octobre 2025 | 3 500 | Cluster PRIMUS |
Source : La Dépêche du Midi, La Dépêche du Midi
Les centres de formation saturés, signal d’une pénurie structurelle

Bertrand Kaiser dirige un centre de formation aux métiers de l’aéronautique à Toulouse. Pour 2026, ses stages sont complets. Ses confrères aussi. « On est tous blindés, saturés », résume-t-il. Ce plein n’est pas un signe de bonne santé du système de formation : c’est la preuve que la demande dépasse très largement la capacité à former.
Le problème n’est pas nouveau, mais il s’aggrave avec la montée des cadences. Le bac pro aéronautique, par exemple, reste extrêmement sélectif avec des promotions de 25 à 30 élèves seulement, selon Barbara Muntaner du CIDJ. Les masters spécialisés, génie des systèmes pour l’aéronautique à Bordeaux ou génie mécanique aéronautique à Toulouse, exigent un très bon dossier pour y accéder [3]. La filière forme moins vite qu’elle ne recrute.
Daher y répond à sa manière : le « learning center » du constructeur était présent à l’Aéroday du 22 janvier, son chef de centre derrière le pupitre, à orienter candidats et personnes en reconversion vers les formations maison. Le message porté ce jour-là au Stadium de Toulouse : c’est le moment d’entrer dans le secteur, les portes sont ouvertes à un niveau rarement vu.
Pourquoi la filière aéro toulousaine manque de bras
Reconversion, étudiants, jeunes diplômés : tous les profils bienvenus
Les événements de recrutement toulousains ciblent délibérément un public large. Le job dating du cluster PRIMUS en octobre 2025 visait explicitement étudiants, jeunes diplômés et personnes en reconversion professionnelle [4]. Même logique pour l’Aéroday de janvier 2026, qui s’est décliné simultanément dans tous les bassins d’emploi hexagonaux de la filière, de Toulouse à Tarbes.
Les contrats proposés reflètent cette diversité d’entrée : CDI directs, CDD, intérims longue durée, CDI intérimaires. Des formations qualifiantes sont couplées aux offres pour les profils qui souhaitent changer de secteur sans partir avec toutes les compétences requises. L’objectif est clair : ne pas laisser partir un candidat motivé faute d’une case technique à cocher.
Reste la question du volume. Avec les cadences de production d’Airbus qui continuent de progresser, les besoins en recrutement à Toulouse ne montrent aucun signe de repli. Les 1 200 postes identifiés en janvier 2026 pour la seule région toulousaine constituent une photographie instantanée d’un déficit qui s’installe dans la durée.
Recrutement aéronautique Toulouse 2026 : les chiffres clés
- 1 200 postes à pourvoir dans la région de Toulouse selon Randstad, janvier 2026
- 3 500 emplois disponibles en Occitanie lors du job dating PRIMUS en octobre 2025
- Les centres de formation toulousains affichent complet pour 2026
- Le bac pro aéronautique n'accueille que 25 à 30 élèves par promotion
- Airbus, Safran, Daher et Spherea présents à l'Aéroday du Stadium de Toulouse
- Tous niveaux de qualification recherchés, du CAP au doctorat
Sources

3 sources · 3 faits sourcés
