Des adolescents braqués à la sortie d’un match de football au stade Pierre-Aliker de Dillon, à Fort-de-France : l’incident a conduit à l’arrestation et à l’incarcération d’un suspect de 16 ans.
Il était environ 22 heures, samedi 20 juin, lorsqu’une dizaine d’adolescents se retrouve sous les tribunes A du stade Pierre-Aliker. Ils venaient d’assister à un match. Parmi eux, deux seraient membres du Sporting Club Lamentinois. Ce que personne n’t attendait : un braquage.
Les faits se déroulent à Dillon, quartier de Fort-de-France où se trouve l’enceinte sportive la plus connue de Martinique. L’incident provoque une onde de choc dans le monde du football local, déjà secoué par plusieurs épisodes de violence en milieu sportif ces derniers mois.
Une arrestation en moins d’une semaine
L’enquête n’a pas traîné. Les policiers du groupe anti-délinquance spécialisé dans le traitement des vols à main armée ont interpellé un jeune homme de 16 ans le 28 octobre 2025, suspecté d’être l’auteur du vol à main armée commis au sein du stade[5]. Placé en garde à vue durant 48 heures, le mineur a ensuite été déféré devant le procureur de la République de Fort-de-France pour vol avec violence ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à 8 jours en réunion, et détention d’arme de catégorie B.
Le parquet a requis un placement en détention provisoire. Le juge des libertés et de la détention a suivi ces réquisitions : le jeune homme a été incarcéré au centre pénitentiaire de Ducos. Une convocation devant le tribunal des enfants a également été ordonnée.
Ce n’était pas la première intrusion armée à Dillon

Le stade Pierre-Aliker avait déjà été le théâtre d’un incident grave en octobre 2025. Lors d’une rencontre de Régionale 1 opposant le CO Trénelle à l’Espoir de Sainte-Luce, un homme casqué et armé d’un fusil avait fait irruption sur le terrain vers 21h30, provoquant un mouvement de panique dans les tribunes[2]. Plusieurs femmes avaient dû être prises en charge. Les policiers avaient assuré la sécurité de l’enceinte jusqu’au coup de sifflet final.
Ces deux épisodes, survenus à quelques mois d’intervalle dans la même enceinte, illustrent une tendance que les responsables du football martiniquais peinent à enrayer.
Pourquoi la violence au stade Pierre-Aliker inquiète le football martiniquais
Georges Duquesnay : “c’est la première fois que je vois ça”
Le président de la Ligue de Football de Martinique, Georges Duquesnay, avait réagi publiquement après l’intrusion armée d’octobre 2025. “Ça fait 25 ans que je suis dans le football, c’est la première fois que je vois une intrusion dans un stade d’un homme casqué et armé. C’est complètement nouveau pour le football”, déclarait-il à Martinique la 1ère. “Cela montre que la violence s’invite partout. C’est quelque chose de grave, beaucoup trop présent dans la société.”
La Ligue de Football de Martinique a depuis publié un communiqué officiel qualifiant ces incidents d’actes “d’une gravité exceptionnelle”. Le texte appelle à une mobilisation collective et précise que la LFM se réserve le droit d’engager des actions judiciaires contre les auteurs des faits[3].
La LFM et ses 12 000 licenciés face à un problème de sécurité publique

La Ligue reconnaît ses propres limites dans ce dossier. Elle rappelle qu’elle ne dispose pas des compétences nécessaires pour assurer la sécurité publique, mission qui relève exclusivement de l’État. Son action se concentre sur la prévention, la sensibilisation et la formation citoyenne de ses 12 000 licenciés, dans le cadre d’un football qu’elle décrit comme “éducatif, solidaire et respectueux”.
“La sécurité des manifestations sportives doit devenir une priorité partagée par tous. Le football martiniquais doit rester un espace de convivialité, de passion et de cohésion sociale, à l’abri de toute forme de violence”, peut-on lire dans ce communiqué. La formule trahit une institution consciente de son impuissance face à des actes qui débordent largement le cadre sportif.
Un contexte sécuritaire dégradé en Martinique
L’affaire du stade de Dillon ne s’inscrit pas dans un vide. La Martinique traverse une période marquée par une recrudescence des faits de violence et de délinquance. En juin 2026, un commerce de Rivière-Salée a été braqué, les malfrats poussant jusqu’au logement de la commerçante situé à l’étage. Des vols de téléphones à Fort-de-France, un homicide au François, plusieurs faits divers graves en l’espace de quelques semaines.
Le football, sport populaire par excellence dans l’île, se retrouve exposé à des violences que ses instances ne peuvent pas contenir seules. Le braquage de jeunes joueurs après un match de football à 22 heures dans l’enceinte même du stade Pierre-Aliker pose une question concrète : quelles garanties de sécurité peuvent être offertes aux licenciés, aux familles et aux spectateurs lors des rencontres nocturnes ?
Le procès du mineur incarcéré se tiendra devant le tribunal des enfants de Fort-de-France. La date n’a pas été communiquée.
Braquage stade Dillon Martinique : les faits en bref
- Le braquage a eu lieu le 20 juin 2026, vers 22h, sous les tribunes A du stade Pierre-Aliker à Dillon.
- Parmi les victimes, deux adolescents seraient membres du Sporting Club Lamentinois.
- Un suspect de 16 ans a été arrêté le 28 octobre 2025 par le groupe anti-délinquance spécialisé vols à main armée.
- Le mineur a été incarcéré au centre pénitentiaire de Ducos après décision du juge des libertés et de la détention.
- La Ligue de Football de Martinique se réserve le droit d'engager des actions judiciaires contre les auteurs.
- Le stade Pierre-Aliker avait déjà subi une intrusion armée en octobre 2025 lors d'un match de Régionale 1.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
