Le 20e Congrès des élus sur l’eau s’est tenu le 24 juin à Basse-Terre. Michel Hotin, président de la CARL, n’y était pas. La polémique enfle.
Quatre résolutions adoptées, des engagements pour accélérer le redressement du service public de l’eau, une mobilisation institutionnelle inédite : sur le papier, le 20e Congrès des élus consacré à la crise de l’eau en Guadeloupe s’est voulu un tournant. Sauf qu’un siège vide a capté davantage d’attention que les textes votés.
Celui de Michel Hotin. Maire du Gosier et président de la Communauté d’agglomération de la Riviera du Levant (CARL), il n’a pas participé aux travaux organisés à Basse-Terre. Son territoire figure pourtant parmi les plus durement touchés par les coupures d’eau récurrentes qui pèsent sur le quotidien des Guadeloupéens.
Un congrès censé marquer un cap sur la crise de l’eau
Avant même la réunion des élus, Guadeloupe La 1ère avait choisi de donner la parole aux usagers, le 23 juin lors d’une émission spéciale, pour que citoyens, professionnels et experts exposent leurs attentes. Le signal était clair : la crise de l’eau n’est pas une question administrative, c’est une urgence vécue[2]. Le Département, la Région, l’État, les EPCI et les acteurs du secteur voyaient dans ce congrès, selon France Antilles, « un espace de vérité et de co-construction »[3].
Le 24 juin, les élus se sont donc réunis. Les quatre résolutions adoptées visent à accélérer le redressement du service public de l’eau, sans que leurs contenus précis aient été détaillés publiquement au-delà de cette formulation générale.
L’opposition gosérienne monte au créneau

L’absence de Hotin n’est pas passée inaperçue. L’opposition locale au Gosier l’a immédiatement dénoncée comme un mauvais signal politique, d’autant plus difficile à défendre que les communes de la CARL comptent parmi celles les plus affectées par les interruptions d’alimentation en eau.[1]
Si d’autres maires et présidents d’intercommunalité étaient également absents ce jour-là, c’est l’absence de Hotin qui a concentré les réactions. Sa double casquette de maire du Gosier et de président de la CARL lui donnait, aux yeux de ses détracteurs, une obligation de présence particulière.
Pourquoi l'absence de Hotin pèse sur la crise de l'eau
Invitation contestée, version officielle et version Hotin
Face aux critiques, Michel Hotin a fourni une explication : il affirme ne pas avoir été convié en sa qualité de président de la CARL. Une version que le cabinet du président du Conseil départemental réfute catégoriquement. Selon ce cabinet, les choses ont été faites dans les règles et le président de la CARL a bien reçu une invitation, dans les mêmes conditions que l’ensemble des présidents d’EPCI.
Malentendu protocolaire ou calcul politique : les deux lectures coexistent. La source de La 1ère pose elle-même la question sans la trancher, ce qui en dit long sur l’opacité qui entoure l’affaire.
Une fake news en toile de fond

Le contexte autour du nom de Michel Hotin est d’autant plus chargé qu’une fausse information a circulé récemment, évoquant une prétendue garde à vue le concernant. France Antilles a démenti ce montage, relevant des incohérences rédactionnelles, l’absence de signature identifiable et l’impossibilité de retrouver l’article sur les supports officiels du journal[3]. Cette désinformation a été diffusée à la veille d’un second tour d’élections municipales décrit comme tendu, exploitant un contexte sensible pour accréditer des « rebondissements judiciaires » inexistants.
La fake news ne change rien à la réalité de l’absence du 24 juin, mais elle illustre le degré de tension politique qui entoure le personnage et les dossiers liés à l’eau en Guadeloupe.
Une crise de l’eau qui dépasse les querelles d’élus
Derrière la polémique protocolaire, la crise reste entière. Les coupures d’eau touchent les habitants de la CARL comme ceux d’autres territoires de l’archipel, indépendamment des absences en congrès. Les quatre résolutions adoptées le 24 juin devront produire des effets concrets pour que ce 20e Congrès soit autre chose qu’un rendez-vous raté sur le fond autant que sur la forme.
L’opposition gosérienne, elle, a obtenu ce qu’elle cherchait : faire de cette absence un symbole. La question est désormais de savoir si Michel Hotin répondra ou non sur le fond du dossier eau, celui qui concerne directement les administrés de la CARL.
Congrès de l'eau en Guadeloupe : les faits à retenir
- Michel Hotin, maire du Gosier et président de la CARL, absent du 20e Congrès des élus sur l'eau le 24 juin 2026 à Basse-Terre
- Quatre résolutions adoptées lors du congrès pour accélérer le redressement du service public de l'eau
- Hotin affirme ne pas avoir été invité en sa qualité de président de la CARL
- Le cabinet du Conseil départemental conteste cette version et affirme que l'invitation a bien été envoyée
- Une fake news sur une prétendue garde à vue de Hotin a circulé et a été démentie par France Antilles
- Les communes de la CARL figurent parmi les plus touchées par les coupures d'eau en Guadeloupe
Sources
3 sources · 4 faits sourcés
