La région Île-de-France lance Recrut’Up, un programme de formation destiné à combler les besoins de recrutement des entreprises locales, avec près de 30 000 places par an pour les demandeurs d’emploi franciliens.
Le signal est clair : le marché du travail francilien peine encore à apparier offres et compétences. Pour y répondre, la région Île-de-France inscrit dans son budget 2026 le lancement de Recrut’Up, présenté comme une sorte de préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) à l’échelle régionale. L’objectif est de former des demandeurs d’emploi directement sur les métiers en tension que les entreprises franciliennes ne parviennent pas à pourvoir.
Le dispositif s’inscrit dans un budget formation professionnelle, apprentissage et emploi de 249 millions d’euros pour l’exercice 2026, dans un budget régional total de 5,8 milliards d’euros. C’est sur ce socle que la région entend structurer sa réponse aux pénuries de compétences identifiées par les employeurs du territoire.
Recrut’Up, 30 000 places de formation par an orientées entreprises
Le principe est celui d’une formation construite à partir des besoins déclarés des entreprises, et non de l’offre de formation disponible. Recrut’Up doit ainsi permettre de répondre directement aux besoins en emploi et compétences des entreprises franciliennes, selon le Conseil régional.[3] La capacité annoncée est de près de 30 000 places de formation par an ouvertes aux demandeurs d’emploi franciliens.
Le Centre Inffo, dans sa monographie de février 2026 consacrée à la formation professionnelle en Île-de-France, décrit Recrut’Up comme une réponse structurée aux tensions de recrutement. Le document précise que le dispositif est conçu pour répondre plus efficacement aux besoins de recrutement des entreprises, une formulation reprise mot pour mot dans la délibération budgétaire régionale.[3]
Le Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) avait pourtant émis des réserves dans son avis du 17 novembre, déplorant des baisses de crédits de paiement affectés à la formation professionnelle, qu’il jugeait contre-intuitives au regard de la volonté affichée par la région de soutenir l’emploi. L’assemblée notait par ailleurs que le taux de chômage en Île-de-France avait rejoint celui de la France métropolitaine.[3]
Un programme régional de formation qui court jusqu’en 2026

Recrut’Up s’appuie sur un cadre plus large : le Programme régional de formation vers l’emploi 2022-2026, qui couvre 13 domaines d’activité et vise à la fois des formations qualifiantes, certifiantes et professionnalisantes sur l’ensemble du territoire francilien. Ce programme pluriannuel fixe déjà l’objectif des 30 000 places annuelles pour les demandeurs d’emploi.[3]
Le Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) 2024-2027, adopté par délibération le 27 mars 2024, constitue l’autre pilier. Il élargit les publics éligibles au-delà des niveaux infra-bac et oriente les crédits vers les formations qualifiantes diagnostiquées comme prioritaires dans l’écosystème régional.
Recrut’Up vient donc se greffer sur une architecture existante, en la complétant par une logique de commande directe adressée aux organismes de formation, calquée sur les besoins déclarés par les employeurs. C’est le changement de posture : la région ne finance plus seulement un catalogue, elle cible les métiers en tension identifiés par les entreprises.
Pourquoi Recrut'Up cible les tensions de recrutement franciliennes
PM’up et TP’up : les autres leviers régionaux pour les entreprises qui recrutent
Recrut’Up ne s’adresse qu’aux demandeurs d’emploi. Pour les entreprises elles-mêmes, la région dispose d’autres dispositifs d’aide à l’embauche. PM’up reste le plus généreux du catalogue régional : une subvention plafonnée à 250 000 euros, portée exceptionnellement à 375 000 euros pour les projets en zone de reconquête économique ou présentant un fort impact écologique.[4] Il cible les PME de 5 à 250 salariés, avec un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, implantées en Île-de-France et engagées dans un projet de croissance créateur d’emplois.
| Dispositif | Cible | Plafond | Taux max |
|---|---|---|---|
| Recrut’Up | Demandeurs d’emploi / entreprises en tension | 30 000 places/an | Programme régional |
| PM’up | PME 5-250 salariés, CA < 50 M€ | 375 000 € | 50 % |
| TP’up | TPE, filières stratégiques et ESS | 82 500 € | 50 % |
Source : Région Île-de-France, Mon Budget OPCO, Les-Aides.fr
TP’up, destiné aux très petites entreprises et aux structures de l’économie sociale et solidaire, plafonne à 82 500 euros.[2] Les lauréats intègrent le Réseau Île-de-France Entreprises, qui compte plus de 4 000 membres et permet des mises en relation commerciales en complément de l’aide financière.[5]
La logique régionale est donc double : former les actifs sans emploi via Recrut’Up pour les orienter vers les postes vacants, et subventionner les entreprises qui franchissent le cap du recrutement structurant via PM’up ou TP’up. Les deux bouts de la chaîne, côté offre et côté demande de travail, disposent désormais chacun d’un outil dédié financé par le budget 2026.
Recrut'Up en Île-de-France : les chiffres à retenir
- Recrut'Up offre près de 30 000 places de formation par an aux demandeurs d'emploi d'Île-de-France.
- Le programme est conçu à partir des besoins déclarés par les entreprises, sur le modèle d'une POEC régionale.
- Le budget formation et emploi de la région atteint 249 millions d'euros en 2026.
- PM'up peut financer jusqu'à 375 000 euros pour les PME franciliennes en reconquête économique ou à fort impact écologique.
- Le Ceser a émis des réserves sur les baisses de crédits de paiement affectés à la formation professionnelle.
Sources
4 sources · 7 faits sourcés
