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Sept élus LR quittent Occitanie Courageuse et forment Nous Occitanie : divergences internes et opposition constructive revendiquée

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Sept élus régionaux Les Républicains rompent avec le groupe Occitanie Courageuse et créent Nous Occitanie, officiellement lancé le 15 décembre 2022 lors de la plénière.

La scission était dans l’air depuis plusieurs semaines. Sept conseillers régionaux du groupe Occitanie Courageuse ont officialisé leur départ dimanche pour former un nouveau groupe baptisé Nous Occitanie. Une rupture qui fragilise l’opposition au conseil régional d’Occitanie et interpelle sur les lignes de fracture internes à la droite locale.

Parmi les frondeurs figurent Mary Bourgade (Nîmes), Géraldine d’Ettore (Agde), Frédéric Lafforgue, maire de Castelnau-le-Lez, Stéphane Loda, édile de Canet-en-Roussillon et vice-président de la Communauté urbaine de Perpignan, Michel Py, maire de Leucate, Christophe Rivenq (Alès) et Stéphan Rossignol, maire de La Grande-Motte. Tous ont été élus sous l’étiquette LR et soutenus par l’appareil du parti lors des dernières régionales.

En chiffres
7
Élus dissidents
Tous élus sous étiquette LR
14
Élus restants dans Occitanie Courageuse
Après la scission de décembre 2022
15 déc. 2022
Lancement de Nous Occitanie
Lors de la plénière régionale

Des alertes restées sans réponse selon les dissidents

Les sept élus invoquent des divergences profondes, tant sur le fond des dossiers que sur le fonctionnement interne du groupe. Selon une source proche du parti, « malgré les alertes adressées à plusieurs reprises au président, Aurélien Pradié, la situation n’a pas évolué et les réponses sont restées vaines ». Les dissidents reprochent au groupe une ligne trop politisée, trop calquée sur les joutes nationales, et déconnectée des réalités locales qu’ils estiment incarner en tant que maires ou adjoints de terrain.

Ils affirment ne plus se retrouver dans la posture actuelle d’Occitanie Courageuse. La politisation nationale qui s’immisce dans les débats régionaux, disent-ils, ne correspond plus à leur vision d’une opposition ancrée dans l’action locale. « Confrontés depuis de nombreuses années aux réalités du terrain à travers leurs mandats de maires ou d’adjoints municipaux, ils estiment avoir suffisamment d’expérience, de légitimité et de victoires électorales pour être entendus et faire évoluer cette posture », précise la source.

Une opposition constructive, pas éruptive

Nous Occitanie a été officiellement lancé lors de l’assemblée plénière du Conseil régional le jeudi 15 décembre 2022. Le nouveau groupe affiche une ligne claire : incarner une opposition de dialogue, constructive et non éruptive face à la majorité socialiste de Carole Delga. Une posture que les dissidents opposent à celle d’Occitanie Courageuse, jugée trop frontale et peu efficace.

L’entourage des sept élus assume cette stratégie de rupture. Dans une période où les citoyens se désintéressent de plus en plus des joutes politiciennes et boudent les urnes, la création de Nous Occitanie vise à proposer une autre approche : moins spectaculaire, plus pragmatique. Il s’agit de se montrer force de proposition, d’accompagner certains projets régionaux sans renoncer à la critique, tout en évitant la posture de blocage systématique.

Pourquoi cette rupture à l'opposition régionale

Fracture interne à LR
La scission révèle des divergences profondes entre une ligne d'opposition frontale et une approche constructive ancrée dans les mandats locaux.
Opposition constructive ou complaisance ?
Le positionnement équilibriste de Nous Occitanie expose le groupe à la critique : trop proche de la majorité pour les uns, trop timide pour incarner une alternative pour les autres.
Poids politique limité
Avec sept élus, Nous Occitanie devient le plus petit groupe du Conseil régional, limitant son influence dans les débats et les votes.
Ancrage local revendiqué
Les dissidents misent sur leur expérience de maires et d'élus de terrain pour légitimer leur démarche et peser dans les dossiers régionaux.

Aurélien Pradié dénonce une trahison

La réaction d’Aurélien Pradié, président du groupe Occitanie Courageuse et député LR du Lot, n’a pas tardé. Dans une déclaration publique, il a recadré sèchement les dissidents, dénonçant une rupture de confiance avec les électeurs et les militants qui les avaient soutenus. « Ces sept conseillers régionaux ont pourtant tous été élus avec l’investiture des Républicains, le soutien des militants de notre Mouvement et les moyens de notre parti », écrit-il[2].

Pradié pointe le manque de délicatesse : aucune discussion préalable avec les collègues du groupe, aucune concertation. Il suggère même que la démarche cache une stratégie de rapprochement avec la majorité socialiste : « En refusant d’incarner une opposition claire à la majorité socialiste, espèrent-ils bénéficier des faveurs de Carole Delga, Présidente de la Région au détour de subventions diverses et variées ? »

Occitanie Courageuse compte désormais 14 élus. Pradié insiste : le groupe reste « soudé » et poursuivra ses combats, notamment en matière d’éducation et de lutte contre le gaspillage d’argent public, tout en incarnant « une opposition courageuse au service de nos concitoyens ».

Un positionnement déjà visible dans les votes

Le positionnement distinct de Nous Occitanie s’est déjà manifesté lors de plusieurs scrutins à l’assemblée régionale. Lors du vote du budget primitif 2026 en février, Nous Occitanie s’est abstenu, tandis qu’Occitanie Courageuse et le Rassemblement National ont voté contre. De même, en juin, lors de l’adoption du rapport « Occitanie Résiliente Énergie » sur la transition énergétique, Nous Occitanie s’est abstenu, alors qu’Occitanie Courageuse a voté contre[3].

Cette ligne d’abstention ou de soutien ponctuel contraste avec la stratégie d’opposition frontale du groupe d’origine. Elle traduit une volonté de se démarquer aussi bien de la majorité que de l’opposition radicale, en occupant un espace intermédiaire que les dissidents jugent plus efficace sur le terrain.

Le plus petit groupe de l’assemblée

Avec sept élus, Nous Occitanie devient le plus petit groupe du Conseil régional d’Occitanie. Une taille réduite qui limite sa capacité à peser dans les débats, mais que les intéressés assument comme le prix à payer pour retrouver cohérence et crédibilité. Ils comptent sur leur ancrage local (plusieurs d’entre eux dirigent des municipalités importantes du Gard, de l’Hérault ou des Pyrénées-Orientales) pour faire valoir leur expertise et leur légitimité.

La trajectoire de ce nouveau groupe reste à écrire. Son positionnement équilibriste entre soutien ponctuel et opposition de principe l’expose à la critique : trop proche de la majorité aux yeux de la droite dure, trop timide pour incarner une vraie alternative aux yeux des militants LR. Mais les sept dissidents parient sur une autre lecture : dans un contexte de défiance généralisée envers la politique, une opposition moins binaire pourrait séduire des électeurs lassés des postures.

Les sept élus fondateurs de Nous Occitanie
Nom Mandat local Territoire
Mary Bourgade Conseillère régionale Nîmes
Géraldine d’Ettore Conseillère régionale Agde
Frédéric Lafforgue Maire Castelnau-le-Lez
Stéphane Loda Maire, VP Communauté urbaine Canet-en-Roussillon
Michel Py Maire Leucate
Christophe Rivenq Conseiller régional Alès
Stéphan Rossignol Maire La Grande-Motte

Source : Actu.fr

Scission à droite en Occitanie : les faits clés

  • Sept conseillers régionaux LR créent Nous Occitanie, officialisé le 15 décembre 2022
  • Occitanie Courageuse perd la moitié de ses effectifs, ramené à 14 élus
  • Le nouveau groupe affiche une opposition constructive face à Carole Delga
  • Nous Occitanie s'est abstenu sur le budget 2026 et la transition énergétique
  • Aurélien Pradié dénonce une rupture de confiance avec les électeurs LR
Frédéric Calmels
Frédéric Calmels
Frédéric Calmels, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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