La Corse officialise un partenariat avec Corsica Diaspora : 400 000 € sur cinq ans pour créer une plateforme numérique et transformer les expatriés en relais économiques.
L’accord a été signé à Paris le 18 juin, en parallèle de VivaTech, le plus grand salon européen des technologies. Un timing choisi : quatorze startups corses participaient à l’événement, et la Collectivité de Corse souhaitait marquer le coup. Le projet vise à recenser les membres de la diaspora, à les connecter aux entreprises de l’île et à faciliter à la fois les recrutements insulaires et l’expansion internationale des sociétés corses.
Corsica Diaspora, association créée il y a une vingtaine d’années autour d’un projet culturel, comptait environ 1 000 membres répartis dans le monde entier, mais était en sommeil depuis plusieurs années. Le partenariat lui donne désormais une mission économique précise.
Une plateforme numérique opérationnelle d’ici 2028
L’outil numérique (site web et application) doit voir le jour d’ici 2028[1]. Thomas Linale, président de Corsica Diaspora, résume l’ambition : « Nous souhaitons créer une plateforme numérique et une application afin de recenser les membres de la diaspora et de les mettre en relation avec les entreprises insulaires. Cela va permettre de mutualiser les compétences et les opportunités pour faciliter les recrutements de Corses dans l’île ou ailleurs, mais aussi les retours en Corse et d’aider ces entreprises à se développer à l’international. »
La convention pluriannuelle prévoit 400 000 € de subvention de l’ADEC (Agence de Développement Économique de la Corse) sur cinq ans. Ces fonds financeront la création et l’alimentation de la plateforme. Pour compléter le budget, l’association devra solliciter des mécènes et trouver des financements additionnels. L’objectif est double : faire connaître l’outil numérique et organiser des événements pour le présenter à la diaspora partout où elle se trouve.
Adriana Peretti, responsable internationale à l’ADEC, rappelle que le projet a nécessité deux ans de discussions : « Ça a nécessité un temps de réflexion car le sujet de notre diaspora est à la fois sociétal, mais aussi politique et économique. Nous avons trouvé le bon angle de travail et nous avons pensé à officialiser ce partenariat lors de VivaTech, un salon à la portée internationale. »
Des startups corses séduites par l’initiative
Les entrepreneurs rencontrés lors du salon VivaTech accueillent favorablement l’annonce. Boris Brunel, dirigeant de CyberSécurité Management, startup bastiaise qui a créé CyberLégal, une plateforme dédiée à la cybersécurité pour les entreprises —, y voit un levier de croissance : « Forcément, c’est important pour nous. Cela nous permettra de nous développer au-delà de la Corse et d’exporter notre savoir-faire, c’est bénéfique. »
Même son de cloche chez Fenomn, startup spécialisée dans l’accompagnement créatif de marques de luxe et de mode à l’aide de l’intelligence artificielle. Mathieu Fabiani, fondateur, souligne : « Nous voulons nous développer au maximum à l’international, donc c’est une initiative qui tombe à pic. » Marilyne Fabiani, directrice de l’image, complète : « Beaucoup de jeunes corses ont récemment créé leur propre marque. Si nous pouvons leur apporter notre expérience pour se développer en Corse et ailleurs, et participer à l’économie insulaire, ce serait encore mieux. »
Pourquoi structurer la diaspora corse maintenant
Un réseau mondial au service de l’attractivité
La convention s’articule autour de trois axes principaux : investir en Corse, connecter les professionnels et faciliter les retours de talents dispersés dans le monde. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large, baptisée ECUNUMIA 2030, portée par la Collectivité de Corse et l’ADEC pour structurer l’internationalisation économique de l’île.
En juin, Corsica Diaspora a profité de VivaTech pour présenter des projets corses d’innovation et capter des investisseurs. « Il s’agit de faire connaître le potentiel économique de la Corse au-delà de ses frontières », indiquait alors l’association.
La plateforme numérique, baptisée Communiti, doit permettre de mettre en réseau les Corses expatriés et de transformer la diaspora en atout économique tangible. Adriana Peretti observe que « dans tous les territoires avec une culture unique et une identité forte, il y a des systèmes organisés autour de la diaspora. En Corse, le relais économique n’avait pas vraiment été travaillé jusqu’à présent[3]. »
La convention marque donc un tournant. Elle officialise le partenariat entre les institutions insulaires et Corsica Diaspora, et donne à l’association les moyens de structurer un réseau professionnel mondial au service du développement économique de l’île. Reste à concrétiser la plateforme et à mobiliser les membres de la diaspora, dispersés aux quatre coins du globe, pour en faire un levier d’attractivité et d’export. La réponse d’ici 2028.
Diaspora corse : les points clés du partenariat 2026
- Signature le 18 juin 2026 à Paris, lors de VivaTech
- Convention pluriannuelle entre la Collectivité de Corse, l'ADEC et Corsica Diaspora
- 400 000 € de subvention ADEC sur cinq ans pour financer la plateforme numérique Communiti
- Plateforme opérationnelle prévue d'ici 2028
- Objectif : connecter 1 000 Corses expatriés aux entreprises insulaires
- Startups corses présentes à VivaTech : CyberSécurité Management, Fenomn
Sources
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