Dans la nuit du 11 au 12 juillet, l’armée américaine a frappé environ 140 sites militaires en Iran, troisième série de frappes depuis mardi. Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz et riposté par des missiles contre ses voisins du Golfe.
Le détroit d’Ormuz est à nouveau fermé. L’Iran l’a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche, « jusqu’à nouvel ordre », après avoir ouvert le feu sur un navire marchand qui, selon les gardiens de la révolution, empruntait une « route non autorisée ». L’équipage a abandonné le bâtiment en flammes et s’est réfugié sur un canot de sauvetage. Quelques heures plus tard, un second navire a été touché pour les mêmes motifs.
Réaction immédiate de Washington. Le Commandement central de l’armée américaine a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des installations iraniennes : sites de missiles et de drones, moyens navals, dépôts de munitions, réseaux de communication, postes de surveillance côtière. Troisième vague depuis mardi. Des médias iraniens ont rapporté des explosions à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm et dans la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat.
« L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth, sur X.
L’Iran réplique par des frappes au Koweït, Bahreïn et Qatar
L’Iran n’a pas attendu. Dimanche matin, Téhéran a lancé des missiles et des drones contre plusieurs de ses voisins du Golfe. Les autorités koweïties ont dit faire face à des attaques aériennes. Bahreïn a déclenché les sirènes d’alerte. Au Qatar, des explosions ont été entendues et des interceptions vues dans le ciel au sud de Doha ; les autorités de l’émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles[1].
Ces ripostes visent des bases militaires américaines présentes dans la région. Les gardiens de la révolution ont prévenu qu’ils pourraient étendre leurs attaques à d’autres pays du Golfe si les frappes américaines se poursuivaient.
Un cessez-le-feu théorique signé le 17 juin
Le 17 juin, Washington et Téhéran avaient signé un protocole d’accord assorti d’un cessez-le-feu. Les deux parties se donnaient 60 jours pour trouver un règlement définitif à la guerre déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l’Iran. Ce protocole prévoyait la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz naturel liquéfié mondial[4].
Depuis, Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était « terminé », tout en autorisant la poursuite des pourparlers. La première série de frappes américaines a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 juillet, après que Washington eut imputé à Téhéran des attaques contre trois navires commerciaux. Huit militaires iraniens ont été tués, selon la télévision d’État[4].
Pourquoi l'escalade repart dans le Golfe
Téhéran impose un seul couloir de navigation
L’Iran autorise désormais un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était libre dans le détroit d’Ormuz. Les gardiens de la révolution justifient cette fermeture par la nécessité de sécuriser leurs eaux territoriales face aux « violations » répétées.
Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque contre le premier navire a eu lieu à environ 17 kilomètres à l’est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d’Oman. Le feu s’est déclaré à bord, contraignant l’équipage à évacuer vers un canot de sauvetage[2].
Les prix du pétrole repartent à la hausse
La fermeture du détroit d’Ormuz pèse immédiatement sur les marchés de l’énergie. Le prix du baril de brut a grimpé dimanche sur les places asiatiques, en réaction à l’annonce de Téhéran et aux nouvelles frappes américaines. Le détroit, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, constitue un goulot d’étranglement stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Les pays du Golfe, producteurs majeurs de pétrole et de gaz, se retrouvent pris entre deux feux. Le Qatar, médiateur dans les efforts de règlement du conflit, fait désormais lui-même l’objet de frappes iraniennes. Les habitants ont reçu une alerte brève dimanche matin en raison d’une menace sécuritaire jugée élevée[4].
| Date | Événement | Bilan |
|---|---|---|
| 7-8 juillet (nuit) | Première série de frappes américaines en Iran | 8 militaires iraniens tués |
| 8-9 juillet (nuit) | Deuxième série de frappes américaines, environ 90 cibles | Trois civils tués dans l’ouest de l’Iran |
| 11-12 juillet (nuit) | Troisième série : 140 cibles américaines en Iran | Aucune victime signalée dans l’immédiat |
| 12 juillet (matin) | Ripostes iraniennes contre Koweït, Bahreïn, Qatar | Missiles interceptés, pas de victime rapportée |
Un conflit qui met à mal la diplomatie régionale
Ces échanges successifs de frappes éloignent toute perspective de sortie de crise. Les menaces de « vengeance » et de « destruction totale » se multiplient de part et d’autre. Washington accuse Téhéran de saboter le protocole du 17 juin en ciblant des navires commerciaux. L’Iran rétorque que les frappes américaines violent le cessez-le-feu et justifient sa fermeture du détroit.
Les médiateurs régionaux, dont le Qatar, peinent à maintenir le dialogue. L’escalade militaire complique toute tentative de négociation. Les pays du Golfe, qui accueillent des bases américaines sur leur sol, se retrouvent exposés aux ripostes iraniennes sans pouvoir se désengager du conflit.
Le détroit d’Ormuz reste fermé, l’Iran campant sur sa position. Aucune date de réouverture n’a été avancée. Le trafic maritime mondial subit de plein fouet cette interruption, les armateurs devant contourner la zone ou stopper leurs rotations en attendant une accalmie.
Escalade dans le détroit d'Ormuz : les dates clés
- L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz dans la nuit du 11 au 12 juillet après avoir ouvert le feu sur deux navires
- Les États-Unis ont frappé environ 140 cibles militaires en Iran dans la nuit, troisième série depuis le 7 juillet
- Téhéran a riposté dimanche matin par des missiles et drones contre le Koweït, Bahreïn et le Qatar
- Un cessez-le-feu théorique avait été signé le 17 juin entre Washington et Téhéran
- Le détroit d'Ormuz fait transiter 20 % du brut et du gaz naturel liquéfié mondial en temps normal
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés
