Les négociations en Suisse avancent malgré les frappes : une cellule de gestion des conflits est acté entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz rouvre, des inspections nucléaires se profilent.
Les bombardements américains en Iran se sont poursuivis dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 juillet. Washington affirme avoir frappé « des dizaines de cibles » pour affaiblir le contrôle de Téhéran sur le détroit d’Ormuz. En riposte, l’Iran dit avoir mené des frappes contre des bases militaires du Golfe. C’est la deuxième nuit consécutive que les forces américaines attaquent le territoire iranien.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois déclaré que son pays poursuit les « consultations avec les médiateurs » pour « prévenir une escalade ». Baghaï précise que Téhéran a été en contact « ces derniers jours » avec le Qatar, Oman et le Pakistan, trois pays impliqués dans la médiation. Deux d’entre eux, le Qatar et Oman, ont eux-mêmes été visés militairement par l’Iran.
Une cellule de gestion des crises actée en Suisse
Au terme d’une première séance de négociations à Bürgenstock, en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d’une « cellule de gestion des conflits ». L’annonce émane des médiateurs pakistanais et qatari. Ce mécanisme vise à empêcher qu’un incident isolé ne dégénère en escalade régionale de plus grande ampleur[1].
Le vice-président américain JD Vance a précisé que ce dispositif va nécessiter « une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah ». Les discussions techniques doivent se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine à Bürgenstock. La délégation américaine a indiqué prévoir de travailler « toute la nuit » pour avancer sur les points restants.
Détroit d’Ormuz : le trafic maritime reprend
Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a repris après plusieurs semaines de blocage. Cette réouverture constitue un premier signe tangible de désescalade, dans un contexte où les prix du pétrole ont commencé à reculer. Le détroit, passage stratégique pour près d’un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, était verrouillé depuis les premières frappes américaines en Iran en mars 2026.
Vance a qualifié les pourparlers de « très bonnes discussions », estimant qu’il existe désormais « des bases solides pour un accord final ». Washington a prolongé le cessez-le-feu jusqu’à nouvel ordre, selon une annonce de Trump ce week-end. La signature d’un accord était « prévue » ce dimanche, selon le président américain, mais Téhéran s’est montré moins pressé.
Pourquoi la cellule de gestion des crises change la donne
Trump annonce le retour d’inspecteurs nucléaires en Iran
Donald Trump a affirmé mardi que l’Iran avait « pleinement accepté » le retour d’inspecteurs nucléaires « du plus haut niveau » dans le pays. Cette déclaration intervient alors que des discussions techniques se poursuivent en Suisse. Téhéran avait exclu, en avril dernier, de renoncer à enrichir l’uranium « même en cas de guerre »[3].
Le cadre des négociations devait être finalisé « dans les prochains jours », selon des déclarations iraniennes de février. L’Iran espérait alors « sérieux » et « responsabilité » de la part des États-Unis aux pourparlers. Les pourparlers initiaux devaient se tenir au Pakistan, avant d’être déplacés en Suisse sous médiation qatarie et pakistanaise.
Hezbollah et Liban : les violations du cessez-le-feu fragilisent la négociation
Des tirs israéliens ont fait deux morts et plusieurs blessés au Liban le 23 juin. Le Hezbollah a dénoncé une « violation flagrante » du cessez-le-feu. Ces incidents ont fragilisé les négociations en cours en Suisse. La France a appelé, dès le 16 mars, les représentants israéliens et libanais à mener « des négociations constructives en vue de trouver une solution politique durable »[4].
Paris condamne « la décision du Hezbollah de se joindre à l’Iran dans les hostilités », estimant qu’elle « compromet davantage la paix et la sécurité dans la région ». Le 5 mai, la France avait déjà condamné « avec la plus grande fermeté » les attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis, notamment des infrastructures civiles et énergétiques. Ces frappes avaient visé le territoire émirien après une série d’attaques américano-israéliennes contre l’Iran.
Frappes iraniennes sur le Golfe : interceptées par l’OTAN et l’US Navy
L’Iran a lancé plusieurs missiles balistiques en direction de la Turquie et de bases américaines dans le Golfe. Un missile iranien, détecté au nord de la Syrie, a été intercepté par l’armée de l’air turque avant son entrée dans l’espace aérien turc. Le ministère turc de la Défense a averti qu’Ankara dispose « de la capacité et de la détermination nécessaires pour garantir la sécurité de son territoire », tout en appelant à éviter toute extension du conflit[2].
Un second missile balistique iranien a été intercepté par un navire de l’US Navy. Les analyses initiales indiquent que l’engin se dirigeait vers une base militaire américaine. L’OTAN et la Turquie ont poursuivi leurs consultations après ces incidents. Le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth n’a pas exclu le déploiement de troupes terrestres en Iran, selon le Washington Post.
Le Vatican, par la voix du pape Léon XIV, a appelé le 11 juillet à « arrêter la spirale de la violence avant qu’elle ne devienne un gouffre irréparable ». Des manifestations de soutien à l’Iran ont éclaté dans plusieurs pays du Golfe, notamment à Bahreïn, où les autorités ont lancé une répression contre les personnes « célébrant les frappes iraniennes », rapporte The New Arab.
Les États-Unis se préparent à déployer un troisième porte-avions dans la région, selon l’agence Anadolu. Le Sri Lanka a, de son côté, « pris le contrôle » d’une frégate iranienne endommagée, « par crainte d’un nouveau torpillage », rapporte BFM le 18 mai.
Négociations Iran-USA : les faits clés
- Washington et Téhéran ont signé une cellule de gestion des conflits lors des pourparlers en Suisse le 22 juin 2026
- Le trafic maritime a repris dans le détroit d'Ormuz après plusieurs semaines de blocage
- Trump annonce le retour d'inspecteurs nucléaires « du plus haut niveau » en Iran
- Les frappes américaines se sont poursuivies deux nuits consécutives, les 12 et 13 juillet
- Le vice-président JD Vance estime qu'il existe « des bases solides pour un accord final »
Sources
4 sources · 4 faits vérifiés
