Samedi 15 août 2026, le site de Téné a fermé ses portes après trois jours de Foire de Bourail. Plus de 20 000 visiteurs sont venus célébrer le terroir, les éleveurs, le rodéo traditionnel. Mais le week-end s’est achevé dans le deuil : quatre personnes ont perdu la vie sur la RT1, entre accidents et alcool au volant. Patrick Robelin, maire de Bourail, ne mâche pas ses mots. Pour lui, la fête a été belle, mais le prix payé est insupportable.
Face aux caméras de Nouvelle-Calédonie la 1ère, le maire a parlé du meilleur et du pire. D’abord le pire : quatre morts, survenus après des mariages et des festivités dans les communes voisines. Selon lui, on ne peut pas continuer à inviter les gens à boire, puis les laisser repartir au volant dans les mêmes conditions chaque année. Il demande aux familles organisatrices d’encadrer leurs manifestations, de retenir ceux qui ont bu, de mettre en place des solutions concrètes. Sinon, dit-il, les drames vont se répéter, sans fin.
Puis vient le bilan de la foire elle-même. Le comité avait prévenu : ce serait une petite édition. Deux campagnes électorales venaient de se terminer, un bâtiment du site avait brûlé fin 2025. Les organisateurs redoutaient un cru difficile. Résultat : une belle surprise. L’ambiance sur le terrain était conviviale, fraternelle, toutes les communautés présentes. Les exposants de matériel agricole, rencontrés par le maire, se sont dits satisfaits des trois jours. Plusieurs ont parlé d’un effet déclencheur, d’une reprise qui se sent, d’un frémissement dans le secteur.
Trois semaines de préparation sur le site communal
Bourail est propriétaire du site de Téné : bâtiments, accès, caniveaux. Le service technique de la mairie a passé trois semaines à préparer le terrain avant l’ouverture. Cette année, la commune a tenu à achever une résidence culturelle sur place, en prévision du Festival des Arts du Pacifique de 2028, dont une partie se tiendra à Bourail. Sept sculpteurs kanak, trois sculpteurs maoris et d’autres passionnés ont travaillé sur une sculpture monumentale, présentée durant la foire dans un espace dédié à la culture et à l’artisanat.
Des couturières ont exposé des robes cousues main, du tapa, des créations locales. Le stand était bondé, les visiteurs s’arrêtaient pour photographier les œuvres. Pour Patrick Robelin, cette dimension culturelle s’inscrit dans la vocation de la foire : montrer ce que Bourail fabrique, transmet, préserve.
Une fréquentation en recul par rapport à 2025
Avec plus de 20 000 entrées sur trois jours, la 48e édition reste une belle foire. Mais le chiffre est en retrait par rapport à 2025. Le contexte explique une partie du recul : incertitudes économiques, calendrier électoral chargé, incendie d’un bâtiment. Malgré cela, la foire a tenu son rôle de rendez-vous annuel du monde rural calédonien, d’espace de rencontre entre producteurs, éleveurs et grand public.
Patrick Robelin retient deux choses de ce week-end d’août 2026 : une foire qui a dépassé les attentes, et quatre vies fauchées sur la route. Il le dit clairement : on ne peut plus se contenter de déplorer. Il faut agir, encadrer, responsabiliser. Sans quoi le bilan des prochaines éditions portera toujours cette même cicatrice.

