La Direction générale de l’armement a officiellement demandé à Airbus Defence & Space de doter l’A400M de capacités offensives et de coordination de drones, pour une entrée en service attendue en 2028.
L’avion de transport de l’armée de l’Air va changer de nature. Aujourd’hui cantonné aux missions logistiques, tactiques et de ravitaillement, l’A400M Atlas doit recevoir d’ici 2028 un ensemble de nouvelles capacités : larguer des bombes, tirer des missiles de croisière, déployer et contrôler des drones, et servir de poste de commandement aéroporté lors d’opérations complexes.
La DGA vient de passer commande à la division Défense d’Airbus pour concrétiser cette évolution. L’armée de l’Air française exploite vingt de ces appareils.
Le PMS, cerveau du futur A400M de combat
Tout repose sur un nouveau système embarqué baptisé PMS, pour Parallel Mission System. Il comprend une boule optronique fixée sur la cellule et plusieurs consoles de contrôle installées en soute. “Cela permettra de coordonner les différents acteurs d’une opération comme des troupes au sol, des hélicoptères et des avions de chasse”, explique Paul Villemin, directeur grand compte chez Airbus Defence & Space en charge de l’armée de l’Air et de l’Espace. “Ce système de mission permettra aussi, à terme, de contrôler des drones, des bombes et des missiles de croisière largués depuis la soute de l’avion”, précise-t-il. [1]
L’appareil se muerait ainsi en forteresse électronique volante : avec ses quatre moteurs TP400 développant chacun 11 000 chevaux, il dispose de la puissance électrique nécessaire pour alimenter les serveurs et ordinateurs de bord requis par ces nouvelles missions. Doté de douze heures d’autonomie et ravitaillable en vol, l’Atlas peut tenir longtemps au-dessus d’une zone de conflit. [3]
Un programme sous pression commerciale
Ces évolutions ne relèvent pas du seul appétit opérationnel. L’A400M n’a enregistré aucune nouvelle commande depuis 2021 et il ne reste qu’environ 45 exemplaires à produire. Sans contrats supplémentaires, la chaîne de fabrication s’arrêtera en 2028, date avancée après que la France et l’Espagne ont choisi d’accélérer leurs livraisons. [5]
Multiplier les configurations, c’est donc aussi multiplier les arguments commerciaux. Airbus travaille en parallèle sur des capacités de brouillage longue distance et un kit bombardier d’eau, déjà testé par l’armée de l’air espagnole cet été. La division Défense indique que des discussions avec de nouveaux clients à l’export sont à un stade avancé. La version offensive pourrait peser dans ces négociations, notamment auprès d’armées cherchant à connecter leur A400M à une architecture de combat intégrée comme le futur SCAF.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
