La cour d’appel de Paris a condamné Airbus et Air France pour homicides involontaires dans la catastrophe du vol AF447, qui avait tué 228 personnes le 1er juin 2009. Chaque société écope de l’amende maximale prévue par la loi : 225 000 euros.
Le verdict est tombé le 21 mai 2026. Dix-sept ans après le pire accident aérien de l’histoire française, la justice a tranché en appel : Airbus et Air France sont coupables d’homicides involontaires dans la disparition du vol Rio-Paris AF447. Les deux groupes se voient infliger 225 000 euros d’amende chacun, soit le plafond légal applicable aux personnes morales pour ce type d’infraction, selon Reuters.
L’affaire avait connu un premier revers judiciaire en première instance, le tribunal correctionnel de Paris ayant relaxé les deux entreprises en 2021. La cour d’appel renverse donc ce jugement, au terme d’une procédure qui aura mobilisé familles de victimes, experts techniques et avocats pendant près de deux décennies.
228 morts, une Airbus A330 et une question de responsabilité
L’Airbus A330 assurant la liaison Rio de Janeiro-Paris s’était abîmé dans l’Atlantique dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, emportant 228 passagers et membres d’équipage. Les enquêtes avaient mis en cause la défaillance des sondes Pitot, chargées de mesurer la vitesse de l’appareil, ainsi que les réactions de l’équipage face aux alarmes. Le constructeur toulousain, mis en cause pour un défaut de conception ou d’information sur ces sondes, et la compagnie, mise en cause sur la formation des pilotes, ont tous deux contesté leur responsabilité pénale.
Le montant de l’amende, symboliquement bas au regard du drame humain, reflète les limites du droit pénal des personnes morales en France. Les familles des victimes, regroupées en collectifs depuis des années, attendaient avant tout la reconnaissance d’une faute caractérisée.
Airbus en bourse : le titre sous pression en ce début juin 2026
Sur les marchés, l’action Airbus cotait 226,60 euros à la clôture du 2 juin 2026 sur Euronext Paris, en repli de 1,48 % sur la séance, selon les données de cotation disponibles. Le titre avait ouvert à 232,70 euros et touché un plus bas à 226,60 euros en séance, pour un volume de 344 171 titres échangés, supérieur à la moyenne des trois derniers mois établie à 300 789 titres.
La condamnation du 21 mai n’a pas provoqué de décrochage durable du cours, le marché ayant sans doute anticipé que l’amende, plafonnée à 225 000 euros, ne représente aucun risque financier matériel pour un groupe dont le chiffre d’affaires dépasse les 65 milliards d’euros annuels. La vraie question, pour les investisseurs, reste celle des éventuelles actions civiles complémentaires que la condamnation pénale pourrait faciliter.


