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Après un mois avec le téléphone à clapet de Dumb Co, verdict : moins d’angoisse, plus de conversations réelles

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Une startup américaine, Dumb Co, vend un téléphone à clapet qui se synchronise avec le smartphone au lieu de le remplacer. Objectif : réduire le temps d’écran sans se couper du monde. TechCrunch l’a testé un mois.

Tout commence par un éclat de rire, lors d’une soirée. Lydia Peabody voit une amie sortir un téléphone à clapet et la taquine : « Ma grande, qu’est-ce que tu fais avec ce truc ? C’est forcément une blague ! » Ce n’en était pas une. L’amie participait à Month Offline, un défi collectif où quelques volontaires troquent leur smartphone contre un vieux clapet le temps d’un mois.

Un an plus tard, Peabody a changé de vie. Thérapeute diplômée, elle a quitté son métier pour devenir la première directrice marketing de Dumb Co, l’entreprise née de ce défi. Elle se dit plus heureuse.

En chiffres
20 $
prix du téléphone TCL de base
avant installation du logiciel Dumb Co
1 mois
durée du test TechCrunch
iPhone conservé en secours
1 an
de la découverte au poste de directrice marketing
parcours de Lydia Peabody

De Month Offline à Dumb Co

Peabody raconte à TechCrunch avoir tenté l’expérience à son tour. Le résultat l’a surprise. « J’ai fait Month Offline et je me suis dit : mais pourquoi je ne suis soudain plus anxieuse ? Est-ce que je me sens bien, là ? » [1] Elle ajoute ne pas avoir mesuré à quel point les heures passées sur son écran après le travail la mettaient mal.

Dumb Co est tenue par une petite équipe, la vingtaine et le début de la trentaine. Financée par des proches et des amis, elle vise ceux qui ont grandi avec les iPad et Instagram, et qui cherchent désormais quelque chose de plus simple. Le rythme de la vie connectée en continu les fatigue.

Un TCL à 20 dollars rempli d’un logiciel maison

Le principe : partir d’un téléphone à clapet TCL vendu autour de 20 dollars, puis y installer le logiciel maison. L’appareil, baptisé Dumb Phone, donne alors accès à des applications comme WhatsApp, Spotify, Apple Music et Uber. Il permet même de passer par iMessage via une application tierce, ce que l’entreprise glisse à mi-voix, du bout des lèvres, sans en faire la publicité auprès d’Apple.

Le pari est là : loger le streaming musical, les cartes et les fameuses bulles bleues des SMS dans un clapet. De quoi séduire ceux qui veulent moins d’écran et plus de présence, sans réussir à décrocher totalement dans un monde conçu pour le smartphone.

Le Dumb Phone de Dumb Co en bref
Élément Détail
Base matérielle Téléphone à clapet TCL, environ 20 dollars
Logiciel Développé par Dumb Co
Applications accessibles WhatsApp, Spotify, Apple Music, Uber, iMessage (application tierce)
Principe Synchronisation avec le smartphone, pas de remplacement
Renvoi d’appels et de SMS Activable ou désactivable

Source : TechCrunch

Pourquoi le clapet connecté séduit les vingtenaires

Une startup de vingtenaires
Dumb Co est tenue par une petite équipe entre 20 et 30 ans, financée par des proches, visant ceux qui ont grandi avec iPad et Instagram.
Un juste milieu assumé
Le clapet ne remplace pas le smartphone : renvoi d'appels et de SMS s'activent ou se coupent à volonté.
Moins d'écran, moins d'angoisse
Lydia Peabody dit s'être sentie moins anxieuse après un mois hors ligne, au point de changer de métier.
Des limites d'usage
L'appareil est plus lent qu'un smartphone, et la saisie T9 rend l'écriture des messages laborieuse.

« Laisser son smartphone à la maison »

Afreka Ebanks, directrice de la communication de Dumb Co, résume la promesse. « On essaie de créer quelque chose qui permet de laisser son smartphone chez soi et de vivre sa vie, tout simplement, en s’engageant avec les autres. » [1] Le retour au smartphone reste possible : le renvoi d’appels et de SMS peut être coupé quand on rentre.

La journaliste de TechCrunch a testé l’appareil plus d’un mois, en gardant son iPhone à portée de main en cas d’urgence. Au début, elle s’en sert peu. Puis un phénomène apparaît. En montrant le clapet à ses proches, elle constate qu’ils ne sont pas déconcertés. Ils sont jaloux.

Un clapet qui relance la conversation

Ebanks, qui a orné son appareil de strass, décrit la même chose dans la rue. « J’ai plein de conversations intéressantes quand je marche, quelqu’un me repère à un feu rouge et me demande : c’est quoi ce truc que tu as ? » [1] Elle y voit un déclencheur d’échange, et le plaisir de se réhabituer à la maladresse des rapports humains, une fois le regard décollé de l’écran.

L’expérience a ses limites. Le Dumb Phone traîne, plus lent qu’un smartphone. Taper un message en T9, cette vieille saisie où chaque touche porte plusieurs lettres, prend plus de temps que sur un iPhone. La testeuse rêve d’un clavier physique complet à l’ancienne. Reste une sensation qu’elle décrit comme rafraîchissante : savoir que si l’envie vous prend d’ouvrir un réseau social, de prendre une photo que vous ne regarderez jamais ou de vérifier vos mails, vous ne pouvez tout simplement pas.

Le marché du « moins connecté » n’est pas neuf, mais Dumb Co cible une génération précise : celle qui a grandi avec les smartphones et qui veut désormais lever le pied sans revenir à un appareil des années 2000. L’entreprise mise sur ce point d’équilibre entre l’iPhone et le clapet nu.

Dumb Co et le Dumb Phone : les faits à retenir

  • Dumb Co vend un téléphone à clapet qui se synchronise avec le smartphone au lieu de le remplacer
  • L'appareil part d'un TCL à environ 20 dollars, rempli d'un logiciel maison
  • Il donne accès à WhatsApp, Spotify, Apple Music, Uber et iMessage via une application tierce
  • L'entreprise est née du défi Month Offline, un mois sans smartphone
  • TechCrunch l'a testé plus d'un mois en gardant un iPhone en secours
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

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