La 15e étape du Tour de France 2026, ce dimanche 19 juillet, marque l’entrée dans les Alpes avec une arrivée inédite sur le plateau de Solaison, en Haute-Savoie.
Départ de Champagnole, dans le Jura. Arrivée 183,9 kilomètres plus loin, au sommet d’une montée hors catégorie que le peloton n’a jamais grimpée dans l’histoire de la Grande Boucle. Le plateau de Solaison entre officiellement dans la légende par la grande porte : celle de l’étape jugée la plus difficile de cette édition 2026.
Tadej Pogacar vient de remporter la 14e étape, la veille, au Markstein-Fellering. Le Slovène pointe en tête du classement général et se présente en grand favori pour cette explication au sommet. Derrière lui, Paul Seixas a récupéré le maillot blanc de meilleur jeune. Les favoris se préparent à une dernière ascension terrible, sur une route étroite qui ne pardonne rien.
11,3 km à 9,1 % de moyenne, dans le massif des Bornes
Le plateau de Solaison s’élève depuis Bonneville, au-dessus de la vallée de l’Arve. Onze kilomètres et trois cents mètres à 9,1 % de pente moyenne[3]sans aucun répit, sur une route qui ne s’élargit jamais. Le col culmine à 1 947 mètres d’altitude. Sa réputation, il l’a forgée sur le Critérium du Dauphiné : sauvage, violent, sélectif.
Le massif des Bornes n’a rien d’une carte postale pour touristes. La montée se déroule dans un cadre alpin brut, sous les arbres au départ, puis à découvert dans les derniers kilomètres. Pas de virage numéroté comme à l’Alpe d’Huez, pas de folklore historique comme au Galibier. Juste une pente soutenue qui décime les jambes et un bitume étroit où les écarts se creusent vite.
Cette étape de 183,9 kilomètres aligne 4 500 mètres de dénivelé positif cumulé. Le peloton aura déjà encaissé plusieurs cols avant d’atteindre le pied de Solaison. Les organisateurs ont construit l’étape pour qu’elle provoque une explication entre les prétendants au podium. Pogacar, Seixas et les autres n’auront nulle part où se cacher.
Sept nouvelles ascensions sur le Tour 2026

Le plateau de Solaison fait partie des sept ascensions inédites inscrites au parcours du Tour de France 2026[4]. Parmi les autres nouveautés : la côte de Bègues (6,1 km à 6,5 %), la montée de Gavarnie-Gèdre (18,7 km à 3,7 %), le col de la Griffoul (5,9 km à 6,7 %), le col du Page (9,8 km à 4,7 %), le col du Haag (11,2 km à 7,3 %) et le col de Sarenne (12,8 km à 7,3 %).
Certaines de ces ascensions relèvent du folklore local, le col du Haag emprunte une route forestière aménagée en voie cyclable. D’autres, comme Solaison ou le Sarenne, sont taillées pour faire mal. Le Sarenne, justement, reviendra à l’étape 20, juste avant l’Alpe d’Huez, dans une journée de folie qui enchaînera aussi le Galibier.
L’édition 2026 multiplie les étapes de montagne : huit au total, dont cinq arrivées en altitude. C’est la Grande Boucle la plus montagneuse depuis 2013, année du sacre de Christopher Froome. Le dénivelé positif cumulé atteint 54 450 mètres sur les 21 étapes, soit l’équivalent de six montées de l’Everest.
| Ascension | Étape | Distance | Pente moyenne |
|---|---|---|---|
| Côte de Bègues | 2 | 6,1 km | 6,5 % |
| Gavarnie-Gèdre | 6 | 18,7 km | 3,7 % |
| Col de la Griffoul | 10 | 5,9 km | 6,7 % |
| Col du Page | 14 | 9,8 km | 4,7 % |
| Plateau de Solaison | 15 | 11,3 km | 9,1 % |
| Col du Haag | 14 | 11,2 km | 7,3 % |
| Col de Sarenne | 20 | 12,8 km | 7,3 % |
Source : Ouest-France
Pourquoi cette étape peut redistribuer le classement général
Pogacar favori, Seixas en embuscade
Tadej Pogacar a remporté quatre étapes depuis le départ de Barcelone, le 4 juillet. Le Slovène d’UAE Team Emirates domine le classement général et se présente comme le grand favori pour cette arrivée au plateau de Solaison. Son coup de pédale dans les ascensions à forte pente ne souffre aucune discussion : il a déjà prouvé, la veille au Markstein-Fellering, qu’il pouvait accélérer quand la route se cabre.
Paul Seixas, lui, a récupéré le maillot blanc de meilleur jeune à l’issue de l’étape 14. Le Français se bat pour le podium et sait que chaque seconde compte. Derrière eux, les prétendants au top 10 vont devoir limiter la casse. Dans une montée à 9,1 % de moyenne, sur route étroite, impossible de jouer le jeu d’équipe : chacun devra puiser dans ses réserves.
L’étape 16, prévue le mardi 21 juillet entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains, sera un contre-la-montre individuel de 26,1 kilomètres. Autrement dit, les favoris qui lâcheront du temps ce dimanche à Solaison auront une chance de revenir, mais pas dans les proportions d’un col. Le chrono, c’est 26 bornes au plat. Solaison, c’est 11 kilomètres d’enfer où les écarts se comptent en minutes.
L’Alpe d’Huez deux fois, le Galibier à 2 642 mètres

Le plateau de Solaison ne sera pas le seul sommet terrible de ce Tour 2026. L’Alpe d’Huez figure deux fois au menu : arrivée de l’étape 19 le vendredi 24 juillet, puis sommet final de l’étape 20 le samedi 25 juillet, après le col du Galibier et le col de Sarenne[2]. Treize kilomètres à 8,1 % de moyenne, 21 virages baptisés au nom des vainqueurs d’étapes, un dénivelé de 1 071 mètres depuis Le Bourg-d’Oisans.
Le Galibier, lui, sera le toit du Tour 2026, à 2 642 mètres d’altitude. Il interviendra lors de cette étape 20, la plus longue et la plus dénivelée de l’édition. Coppi, Merckx, Hinault, Indurain, Armstrong, Contador, Froome : le col a vu passer tous les grands noms du cyclisme. Cette année encore, il jouera son rôle habituel : décimer le peloton, isoler les leaders, offrir aux grimpeurs un terrain où la vérité ne se négocie pas.
L’étape 20 enchaînera donc le Galibier, le Sarenne par son versant sud-est (une route étroite et confidentielle de 12 kilomètres à 6,9 %), puis l’Alpe d’Huez. Trois cols mythiques ou redoutables dans la même journée. Le lendemain, dimanche 26 juillet, le peloton rejoindra Paris et les Champs-Élysées pour l’arrivée finale. D’ici là, la hiérarchie du classement général aura basculé plusieurs fois.
Une édition taillée pour les grimpeurs
Le Tour de France 2026 a pris son départ à Barcelone le 4 juillet, par un contre-la-montre par équipe de 19 kilomètres. C’est la première fois depuis 1971 (il y aura donc 55 ans) que l’épreuve s’ouvre sur un chrono collectif. Le parcours traverse ensuite sept régions françaises et 29 départements, avec deux journées de repos.
Les coureurs parcourront au total 3 333 kilomètres, avec un dénivelé positif cumulé de 54 450 mètres. Sept étapes de plaine, quatre accidentées, huit de montagne, un contre-la-montre par équipe et un contre-la-montre individuel. Dix sites ou villes-étapes inédits font leur apparition sur la carte du Tour. Le parcours privilégie clairement les grimpeurs : les sprinteurs n’auront que peu d’occasions de briller, et les rouleurs devront se contenter du chrono individuel du 21 juillet.
La 15e étape, ce dimanche, marque l’entrée dans la phase décisive. Après les Pyrénées, le Massif central et les Vosges, les Alpes vont redistribuer les cartes du classement. Le plateau de Solaison ouvre le bal. Ensuite, l’Alpe d’Huez, le Galibier, le Sarenne et Orcières-Merlette achèveront le travail. Les favoris le savent : c’est maintenant que tout se joue.
Plateau de Solaison : les chiffres de l'étape 15
- Le plateau de Solaison (1 947 m) n'a jamais été grimpé sur le Tour de France
- 11,3 km à 9,1 % de moyenne, route étroite sans répit depuis Bonneville
- Tadej Pogacar a remporté l'étape 14 au Markstein-Fellering la veille
- L'étape 15 fait partie des huit étapes de montagne du Tour 2026
- Sept nouvelles ascensions inédites au programme de l'édition 2026
- L'Alpe d'Huez sera grimpée deux fois : étapes 19 et 20
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

