La Bourgogne-Franche-Comté mise sur la biothérapie et la bioproduction pour s’imposer à l’échelle mondiale. La région vient de lancer la marque Biovalliance pour fédérer ses acteurs et parler d’une seule voix.
L’écosystème existe, les entreprises aussi. Ce qui manquait, c’est une identité commune. C’est le pari de Biovalliance, marque lancée par la région pour rassembler une filière biothérapie qui, jusqu’ici, peinait à se coordonner malgré des atouts réels.
Le territoire n’est pas vierge. Deux CHU, des centres de recherche reconnus comme FEMTO-ST et l’EFS, deux technopôles santé, Temis-Santé à Besançon et Santenov à Dijon, plusieurs clusters actifs dont le cluster PMT-Santé et le cluster TIS dans le nord Franche-Comté : la région dispose déjà d’une infrastructure dense. Des entreprises comme Chematech, RD-Biotech ou Med’Inn’Pharma y ont construit des savoir-faire spécifiques, notamment dans la fourniture de matières premières critiques pour les biothérapies.
RD-Biotech et le Wisconsin : une porte d’entrée vers les États-Unis
L’ambition dépasse les frontières régionales. RD-Biotech travaille déjà avec des clients européens qui opèrent eux-mêmes pour le compte d’entreprises américaines, une position qui crée des passerelles naturelles vers le marché américain. [4]
Ces liens se formalisent. La Bourgogne-Franche-Comté a renforcé ses relations avec le Wisconsin, où opère BioForward, un cluster américain spécialisé en biothérapies. Son président, Nicolas Paris, est direct : « Les compétences en biothérapie de notre région sont reconnues mondialement. Nous avons beaucoup à offrir aux entreprises américaines. » Il souligne aussi l’intérêt pratique du rapprochement : « Dans l’environnement économique actuel, on a tout intérêt à essayer de développer des implantations aux États-Unis. C’est ce qu’on propose aux entreprises franco-bourguignonnes, dans un cadre relativement similaire et plus facile à intégrer. »
Le point de convergence est technique autant que commercial. Les Américains cherchent des micro-techniques et des capacités de production de haute précision. Les Français veulent un accès au marché américain. Et la biothérapie, difficile à transporter, justifie précisément des implantations locales des deux côtés de l’Atlantique.
Le Canada dans la cible : la mission du « Tube à essai »
Le Wisconsin n’est pas le seul axe. Une délégation d’une dizaine d’acteurs régionaux, chercheurs et représentants économiques, accompagnés de l’Agence économique régionale, s’est rendue au Canada pour explorer un rapprochement dans les biothérapies. [3] C’est le collectif « Tube à essai » qui porte cette initiative, fortement encouragée par la région.
Le mouvement est cohérent avec le lancement de Biovalliance : construire une visibilité nationale, européenne et mondiale autour d’une filière qui dispose des acteurs mais manquait de marque.
Un écosystème dense, mais une voix encore à trouver
Le diagnostic posé par les observateurs est clair. La région fourmille de structures : le Groupement d’intérêt économique Pharma’Image pour l’imagerie médicale, l’association Prométhé sur la médecine nucléaire, le Pôle BFCare qui regroupe une cinquantaine d’entreprises de la chimie fine, pharmaceutique et cosmétique. [1] Trop d’entités, trop peu de lisibilité extérieure.
C’est précisément ce que Biovalliance est censée corriger. Sur un marché mondial dominé par des acteurs américains comme Amgen, Gilead Sciences et Biogen, et où Sanofi et Ipsen représentent l’essentiel du poids français, la région entend faire entendre une troisième voix, celle d’un territoire industriel spécialisé, ancré dans la recherche appliquée et ouvert aux partenariats internationaux.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
