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Bouyouni : 68 habitations vouées à la destruction dans six mois, 40 autres sous surveillance

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Le délai court. À Bouyouni, dans la commune de Bandraboua, 68 habitations vont disparaître d’ici janvier 2027. Un arrêté préfectoral daté du 24 juillet a scellé leur sort : insalubrité irrémédiable, destruction obligatoire dans les six mois. Deux quartiers entiers sont concernés : Front de mer, à la sortie du village vers Dzoumogné, et Gnambotiti, étendu derrière la MJC. Pour les familles qui y vivent, propriétaires ou locataires, l’horizon s’est rétréci d’un coup.

L’histoire commence en 2024, quand la mairie de Bandraboua saisit l’Agence régionale de santé de Mayotte pour faire évaluer l’état des habitations dans ces deux périmètres. Cases en tôle, logements en dur, l’ARS passe au crible les conditions de vie. Elle établit l’insalubrité, mais c’est le Coderst, le conseil départemental de l’environnement, des risques sanitaires et technologiques, qui tranche en dernier ressort : quelles constructions peuvent être sauvées, lesquelles doivent tomber. Les terrains, eux, appartiennent à l’État, au Département-Région ou à la commune.

68 destructions, 40 sursis sous conditions

L’arrêté du 24 juillet découpe les deux quartiers en deux catégories. D’un côté, 68 habitations jugées « irrémédiables » au titre de la loi Letchimy. Six mois pour évacuer, démolir. De l’autre, une quarantaine de logements, surtout dans le quartier Gnambotiti où se trouvent des constructions en dur et des cases SIM, qui échappent à la condamnation immédiate. Mais le répit est conditionnel : ces habitations sont déclarées insalubres avec possibilité d’y remédier, à condition que les occupants ou les bailleurs réalisent les travaux exigés. Là aussi, la date butoir est fixée : six mois à compter de l’arrêté.

Pour les habitants de Front de mer et de Gnambotiti, le compte à rebours est le même, mais les issues diffèrent. Certains devront quitter leur logement sans espoir de retour. D’autres peuvent se battre pour rester, s’ils trouvent les moyens de mettre aux normes ce qui peut encore l’être. Dans tous les cas, l’échéance arrive vite, et les questions s’accumulent : où reloger ceux qui partent, comment financer les travaux pour ceux qui restent, qui suit l’application de l’arrêté sur le terrain. L’arrêté est signé, les quartiers sont nommés. Reste à voir comment Bandraboua et l’État accompagnent les familles prises dans ce calendrier serré.

Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi
Ahmed Soilihi, rédacteur régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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