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Bruno Lafont et Christian Herrault libérés sous contrôle judiciaire après leur condamnation pour terrorisme

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Condamnés le 13 avril 2026 à de la prison ferme pour financement du terrorisme en Syrie, les deux anciens patrons de Lafarge quittent la prison de la Santé sous contrôle judiciaire dans l’attente d’un nouveau procès.

Bruno Lafont et Christian Herrault ont obtenu gain de cause devant la cour d’appel. Les deux hommes, qui avaient demandé leur mise en liberté le 19 mai, n’ont pas à rester derrière les barreaux jusqu’au prochain procès. Ils devaient sortir de la Santé d’ici la fin de la journée du 15 juin.

Lafont, 69 ans, avait été condamné à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris. Herrault, 75 ans et ancien directeur général adjoint du cimentier, avait écopé de cinq ans. Les deux hommes avaient été placés sous mandat de dépôt à l’audience, ce qui avait entraîné leur incarcération immédiate.

La cour d’appel écarte la détention provisoire

La juridiction a estimé que la détention provisoire n’était «pas le moyen indispensable» pour garantir la comparution des deux prévenus. Elle a également tenu compte du «choc carcéral» qu’ils ont subi. Un argument qui a pesé dans la balance, même si le parquet général avait requis une interdiction de contact entre les deux hommes, lesquels avaient partagé la même cellule à la Santé. Cette interdiction de contact n’a finalement pas été prononcée.

Leur liberté s’accompagne de restrictions strictes : interdiction de quitter le territoire national français, et versement d’un cautionnement avant le 2 juillet. Bruno Lafont devra s’acquitter de 100 000 euros, Christian Herrault de 90 000 euros.[1]

Un dossier sans précédent pour un groupe du CAC 40

L’affaire Lafarge reste sans équivalent dans l’histoire judiciaire française des grandes entreprises cotées. Le groupe est accusé d’avoir versé des sommes à des groupes armés, dont des organisations terroristes, pour maintenir en activité sa cimenterie syrienne en pleine guerre civile. Lafarge a fait appel de sa propre condamnation.

La libération sous contrôle judiciaire des deux dirigeants ne clôt pas le dossier : un nouveau procès reste à venir, et les deux hommes demeurent soumis à l’autorité de la justice française.

Un précédent qui interroge la gouvernance des multinationales

La condamnation, même contestée en appel, pose une question durable sur la responsabilité pénale des dirigeants de grands groupes industriels opérant dans des zones de conflit. Pour Lafont comme pour Herrault, l’issue définitive dépendra du nouveau procès. En attendant, leur caution doit être versée avant le 2 juillet.

Antoine Rives
Antoine Rives
Antoine couvre l'économie et la vie des entreprises. Résultats, investissements, emploi, Choose France : il remet les chiffres en perspective et distingue la communication du fait économique. Du CAC 40 à la PME, il cherche l'info derrière le communiqué.

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