Le plein coûte de nouveau plus cher, et l’écart se voit à chaque passage à la pompe. Le gazole est monté à 2,29 euros le litre, le SP95 à 2,12 euros, deux records qui pèsent d’abord sur ceux qui n’ont pas le choix de leur trajet. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a réuni ce mercredi 9 septembre les acteurs de la production et de la distribution pour parler de cette flambée.
C’était la neuvième réunion du genre depuis le début de la crise liée à la guerre au Moyen-Orient. Autour de la table à Bercy : les représentants de l’Ufip Énergies et Mobilités et de Mobilians, mais aussi TotalEnergies, Shell, Esso, Avia, Auchan et des centrales d’achat de la grande distribution. La reprise fin août des frappes au Moyen-Orient a relancé les cours, et le baril de Brent a repassé les 100 dollars ce 9 septembre, une première depuis juillet.
Pour le conducteur qui remplit son réservoir, la question est simple : l’État va-t-il agir sur le prix ? La réponse ne bouge pas.
Ni plafonnement des prix, ni baisse d’impôt à la pompe
Le gouvernement écarte tout plafonnement généralisé des tarifs. Un tel gel « serait risquer la pénurie », fait-on valoir à Bercy[1]. Pas de geste fiscal non plus : l’état des finances publiques ne le permet pas, répète-t-on au ministère. Autrement dit, aucun coup de rabot sur les taxes qui composent le prix affiché sur la borne.
Le ministère préfère pointer une autre piste. Une enquête est ouverte sur les marges des raffineurs, mises en cause ces derniers jours. Dominique Schelcher, patron des coopératives U, estime que « au niveau du raffinage, les marges ont fortement augmenté, fois trois, fois quatre »[1], et juge que ce « maillon » peut « peut-être aujourd’hui faire un effort ». Il assure que la distribution, elle, pratique des « marges plus réduites que jamais » sur ce « produit d’appel ».
L’aide gros rouleur prolongée jusqu’à fin septembre
Pour amortir le choc, Bercy renvoie aux dispositifs déjà en place. L’aide dite gros rouleur, destinée aux travailleurs modestes, représente une centaine d’euros. Son guichet, qui devait fermer à la fin de l’été, est prolongé au moins jusqu’à la fin du mois de septembre : à ce stade, seule la moitié des personnes éligibles l’ont demandée. Si vous roulez beaucoup pour aller travailler et que vos revenus sont modestes, il reste donc quelques jours pour vérifier votre droit et déposer la demande.
Du côté des professionnels, les aides sont reconduites pour deux mois : agriculteurs, pêcheurs, entreprises du BTP. L’ensemble de ces mesures a déjà coûté 1,5 milliard d’euros à l’État.
Le leasing social, l’autre volet de la réponse
Bercy compte aussi sur l’électrification pour desserrer la contrainte du carburant. La troisième vague du leasing social affiche plus de 30 000 commandes sur 50 000 voitures au total. Pour les ménages qui roulent beaucoup et peuvent recharger, c’est une manière de sortir de la dépendance au prix du gazole. Reste que la mesure ne change rien, dans l’immédiat, à ce qu’affiche la pompe pour tous ceux qui gardent leur véthermique.
Sources
1 source · 2 faits vérifiés


