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CATL, BMW, Renault et Google s’accordent sur un standard technique pour recycler et démonter les batteries

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CATL, BMW, Renault, Volvo, Xiaomi et Google viennent de signer une feuille de route commune pour standardiser l’évaluation, le démontage et le reconditionnement des batteries de voitures électriques.

L’annonce a été faite pendant la London Climate Action Week. Pas question d’imposer une batterie universelle, chaque marque garde ses choix de chimie et d’architecture. Ce qui change, c’est la méthode : mesurer de la même manière l’état de santé des cellules, faciliter leur démontage, encadrer leur reconditionnement. En clair, tracer la matière de bout en bout.

Le Battery Circular Design Guide pose un « langage technique partagé » entre constructeurs, équipementiers et recycleurs. CATL, premier fabricant mondial de batteries, pilote la démarche. Les cinq autres signataires s’engagent à intégrer ces critères dans leurs futurs modèles. Résultat attendu : des batteries plus faciles à évaluer, à démonter, à réutiliser.

En chiffres
94,64 %
Part des voitures particulières dans le recyclage mondial des batteries
en 2026
65 %
Taux minimal de recyclage des batteries lithium-ion
imposé fin 2025 en Europe
70 %
Taux de récupération du lithium visé
d'ici 2030 (contre 35 % aujourd'hui)
95-97 %
Taux de récupération globale visé par la filière
à l'horizon 2030

Un enjeu d’abord économique

Aujourd’hui, deux batteries du même âge et du même kilométrage peuvent afficher des états de santé très différents. Tout dépend de l’usage, de l’historique de recharge, de la température d’exploitation. Cette incertitude pénalise les constructeurs, les loueurs, les assureurs, les gestionnaires de flottes. Impossible d’estimer avec précision la valeur résiduelle d’un pack en fin de première vie.

Des critères uniformes permettraient de fiabiliser les prévisions de durée de vie réelle. Et d’ouvrir un marché organisé pour la seconde vie : stockage stationnaire, rétrofit, réemploi dans des segments moins exigeants. Les loueurs et assureurs pourraient ajuster leurs contrats sur des bases objectives plutôt que sur des estimations floues[1].

Le poids de la réglementation européenne

L’initiative répond aussi à une contrainte légale croissante. Le passeport batterie, obligatoire dans l’Union européenne à partir de février 2027 pour tous les véhicules électriques neufs, impose de tracer l’origine des matériaux, le contenu recyclé, l’empreinte carbone et les performances de chaque pack. Le Battery Circular Design Guide doit fournir le socle technique pour renseigner ce passeport.

La directive européenne sur la réparation, applicable fin juillet 2026, contraint par ailleurs les fabricants à concevoir des batteries démontables, avec accès aux pièces détachées et aux outils. Certains designs actuels (mousses collées, composants soudés, pack intégré à la structure) compliquent ou rendent impossible toute réparation[1]. Le nouveau guide doit aider les bureaux d’études à anticiper ces exigences dès la phase de conception.

Taux de recyclage imposés par le règlement européen
Type de batterie Taux minimal Échéance
Lithium-ion 65 % Fin 2025
Nickel-cadmium 80 % Fin 2025
Récupération du lithium 70 % 2030

Source : FFAUVE

Pourquoi un langage commun change la donne

Valeur résiduelle
Des critères uniformes permettent aux constructeurs, loueurs et assureurs d'estimer avec précision la durée de vie réelle des batteries et d'ouvrir un marché organisé pour la seconde vie.
Contrainte réglementaire
Le passeport batterie européen (2027) et la directive sur la réparation (juillet 2026) imposent traçabilité et démontabilité. Le guide fournit le socle technique.
Économie circulaire
Récupérer lithium, nickel, cobalt en fin de vie limite l'extraction primaire, réduit l'empreinte carbone et sécurise l'approvisionnement. Objectif : 95-97 % de récupération d'ici 2030.
Souveraineté industrielle
Un circuit fermé réduit la dépendance aux pays tiers pour les matières critiques. Les recycleurs en boucle fermée mutualisent nickel, cobalt, lithium entre les constructeurs.
Alliance hétérogène
CATL (premier fabricant mondial), BMW, Renault, Volvo, Xiaomi et Google : chacun sécurise sa chaîne, anticipe la norme, rationalise ses process.

Un levier pour l’économie circulaire

L’extraction des matériaux critiques (lithium, nickel, cobalt, manganèse) représente une part majeure de l’empreinte environnementale d’une batterie. Elle pèse aussi sur la sécurité d’approvisionnement. Les industriels espèrent boucler la boucle : récupérer les métaux en fin de vie, les réintégrer dans la production de nouveaux packs, limiter le recours à l’extraction primaire.

Les procédés de recyclage progressent vite. Les technologies à basse température, avec solvants verts, isolent les métaux sans forte consommation énergétique. Robots et intelligence artificielle optimisent le démontage. Certains designs modulaires facilitent déjà le réemploi de modules entiers[4]. L’objectif affiché par la filière : atteindre 95 à 97 % de récupération globale d’ici 2030.

Le marché du recyclage des batteries lithium-ion croît rapidement. En 2026, le segment des voitures particulières représente 94,64 % du marché mondial, porté par les partenariats entre constructeurs et recycleurs en boucle fermée. Une économie circulaire pour le nickel, le cobalt et le lithium se met en place[2].

Pas de convergence technique totale

Reste que les marques ne vont pas aligner leurs batteries sur un modèle unique. La batterie est un élément stratégique qui conditionne l’autonomie, les performances, le coût, le comportement routier. Chaque constructeur cherche à se différencier par sa chimie, son format de cellules, son architecture de pack. BMW ne construira pas la même batterie que Renault.

La standardisation ne touche que la méthode d’évaluation, les protocoles de mesure, les critères de démontabilité. Elle n’imposera rien sur les choix techniques fondamentaux. Pour l’électromobiliste, aucun impact visible : les véhicules conserveront leurs spécificités. Mais pour la filière, l’enjeu est de taille : rendre le recyclage rentable, sécuriser l’approvisionnement, réduire l’empreinte carbone.

Cinq acteurs, un même intérêt

L’alliance réunit des profils variés. CATL fournit près d’un tiers des batteries mondiales, BMW et Renault produisent des millions de véhicules électriques par an, Volvo avance sur le passeport batterie depuis 2024, Xiaomi veut équiper ses futurs modèles électriques, Google développe des outils de suivi numérique pour la traçabilité.

Chacun y trouve son compte. Les constructeurs anticipent les contraintes réglementaires et sécurisent leur chaîne logistique. Les équipementiers rationalisent leurs process. Les recycleurs gagnent en prévisibilité. Et l’ensemble de la filière limite sa dépendance aux pays tiers pour l’approvisionnement en matières critiques.

Le guide sera publié dans les prochains mois. Il servira de référence pour les ingénieurs, les équipes qualité, les organismes de certification. Reste à voir combien d’autres acteurs rejoindront l’initiative, et à quelle vitesse les critères seront effectivement appliqués dans les usines.

Batteries électriques : les points-clés du nouveau standard

  • CATL, BMW, Renault, Volvo, Xiaomi et Google publient un guide technique commun pour le recyclage et le démontage des batteries électriques
  • Le Battery Circular Design Guide définit des critères partagés pour évaluer l'état de santé, mesurer la dégradation et faciliter le reconditionnement
  • Le passeport batterie européen, obligatoire dès février 2027, imposera la traçabilité des matériaux, du carbone et des performances
  • La directive européenne sur la réparation, applicable fin juillet 2026, contraint les fabricants à concevoir des batteries démontables
  • Le marché du recyclage des batteries lithium-ion croît rapidement : le segment des voitures particulières représente 94,64 % du marché mondial en 2026
  • L'objectif de la filière : atteindre 95 à 97 % de récupération globale des matériaux d'ici 2030
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

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