Ce mardi 18 août, les habitants de Bambo-Ouest, Hagnoudrou, Mramadoudou, Mbouénatsa, Poroani et Kani-Kéli vont patienter six heures de plus que prévu. La Société mahoraise des eaux annonce un report de la remise en eau : initialement attendue à 10 heures du matin, elle ne surviendra finalement pas avant 16 heures. En cause, des travaux de raccordement sur la future canalisation reliant Chiconi à Sada, qui imposent la coupure de la ligne alimentant le réservoir de Chirongui depuis Chiconi.
À Chiconi même, le scénario s’inverse : le village sera privé d’eau dès 6 heures du matin au lieu de 16 heures. L’alimentation sera rétablie à l’achèvement des travaux, mais l’apaisement ne durera guère : une nouvelle interruption interviendra mercredi matin, à partir de 6 heures.
Risque de coupures anticipées dans six autres villages
La SMAE prévient que six autres localités pourraient connaître des interruptions inopinées si le niveau des réservoirs chute brutalement : Miréréni, Chirongui, Mzouazia, Bouéni Haut, Moinatrindri Bas et Kani-Bé. Le sud de l’île reste un territoire fragile en matière d’approvisionnement, où chaque incident sur une canalisation se propage sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés. L’accrochage d’une conduite par une entreprise à Chiconi, survenu le 8 avril dernier, avait déjà montré la vulnérabilité du réseau.
Lors du retour de l’eau, la Société mahoraise des eaux recommande aux habitants de laisser couler le robinet jusqu’à ce que l’eau soit claire, en récupérant le premier flux dans un récipient pour un usage non alimentaire. Pour toute utilisation destinée à la boisson ou à la cuisine, l’eau devra être bouillie pendant la première demi-journée suivant le rétablissement. Ce protocole, devenu routinier pour nombre de Mahorais, vise à prévenir tout risque lié aux particules en suspension ou aux variations de pression dans le réseau.
Un chantier inscrit dans la modernisation du réseau sud
Les travaux en cours s’inscrivent dans le projet de canalisation Chiconi-Sada, destiné à sécuriser l’approvisionnement du sud de l’île. Le chantier vise à réduire la dépendance des villages du littoral sud à une unique ligne de distribution, longtemps sujette aux pannes et aux fuites. En reliant les réservoirs de manière plus maillée, la SMAE espère limiter l’ampleur des coupures futures. Mais pour l’instant, c’est bien le quotidien des habitants qui absorbe la tension : six heures de plus sans eau, dans une région où la réserve domestique reste une habitude vitale.

