Le gouvernement a dévoilé fin juin les conclusions de la médiation lancée en février sur l’avenir du transport maritime de passagers en Méditerranée.
Réunis le 22 juin en préfecture de l’Hérault, syndicats, régions Corse et Occitanie, compagnies sous pavillon français et représentants portuaires ont planché sur l’avenir du secteur avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Les médiateurs Bernard Mazuel et François Lambert ont présenté une feuille de route qui met en avant trois axes : compétitivité du pavillon français de premier registre en Méditerranée, préservation de l’emploi des marins français et continuité territoriale avec la Corse.
L’engagement de la Région Occitanie a retenu l’attention : elle promet une meilleure régulation des escales au port de Sète, en intégrant l’impact environnemental du trafic maritime et en favorisant les retombées économiques locales, notamment l’emploi des jeunes. Philippe Tabarot a insisté sur le renforcement des contrôles menés par les services de l’État, qui porteront à la fois sur le respect des règles sociales, pour lutter contre le dumping social, et sur les exigences de sécurité et de protection de l’environnement.
Maintien de la continuité territoriale, enjeu majeur pour l’île
Le gouvernement réaffirme sa volonté de garantir la continuité territoriale avec la Corse, un dossier sensible pour l’île dont l’économie et la population dépendent étroitement des liaisons maritimes avec le continent. La feuille de route soutient également le développement des liaisons avec le Maghreb, segment en croissance sur la façade méditerranéenne.
Les discussions de février à juin ont permis de faire converger les positions des acteurs, souvent opposés sur les questions de régulation tarifaire et de concurrence. Les compagnies sous pavillon français, confrontées à des coûts d’exploitation élevés, militent pour une meilleure prise en compte de leurs contraintes sociales et fiscales face à des opérateurs étrangers qui bénéficient de règles plus souples.
Régulation des escales à Sète et retombées locales
L’engagement de la Région Occitanie en faveur d’une meilleure régulation des escales au port de Sète constitue l’une des avancées concrètes. Sète est l’un des principaux ports de la façade méditerranéenne pour le trafic passagers vers le Maghreb et, dans une moindre mesure, la Corse. La concentration du trafic pose des questions environnementales et d’aménagement urbain, notamment en période estivale.
La nouvelle approche doit permettre de mieux répartir les flux, de limiter les nuisances sonores et atmosphériques et de renforcer l’attractivité économique du port pour les emplois locaux, en particulier pour les jeunes. Philippe Tabarot a salué cet engagement, qu’il considère comme un modèle de conciliation entre développement économique et transition écologique.
Pourquoi cette feuille de route pour le pavillon français
Renforcement des contrôles et mise en œuvre des mesures
Le ministre a annoncé la poursuite et l’intensification des contrôles par les services de l’État. Ces vérifications concerneront le respect des règles sociales, afin de lutter contre le dumping social pratiqué par certaines compagnies étrangères qui emploient des équipages sous des contrats moins protecteurs. Les contrôles porteront aussi sur la sécurité des navires et sur le respect des normes environnementales, alors que la France s’est dotée d’une feuille de route de décarbonation du secteur maritime qui vise une réduction de 60 % des émissions de CO2 d’ici 2050.
Philippe Tabarot souhaite poursuivre le dialogue avec l’ensemble des acteurs pour mettre en œuvre, dans les prochaines semaines, les mesures de régulation jugées nécessaires. La feuille de route devrait se traduire par des décisions concrètes avant la fin de l’année, avec un calendrier précis de mise en application.
Cette médiation s’inscrit dans un contexte plus large de soutien au pavillon français : le gouvernement a présenté en novembre 2024 une feuille de route logistique et transport de marchandises pour la période 2025-2026, qui vise à renforcer la compétitivité, la résilience et la souveraineté de la filière française. La stratégie nationale mer et littoral 2024-2030 fixe par ailleurs les grandes orientations de l’action publique en matière maritime, avec un accent mis sur la décarbonation et la défense de la souveraineté maritime face aux tensions géopolitiques croissantes.
Transport maritime Méditerranée : les priorités 2026
- Réunion interministérielle le 22 juin en préfecture de l'Hérault avec syndicats, régions Corse et Occitanie, compagnies et ports
- Médiation lancée en février par Bernard Mazuel et François Lambert sur l'avenir du transport maritime de passagers en Méditerranée
- Trois priorités : compétitivité du pavillon français, préservation de l'emploi des marins français, continuité territoriale avec la Corse
- Engagement de la Région Occitanie pour réguler les escales à Sète et favoriser l'emploi des jeunes
- Renforcement des contrôles de l'État sur les règles sociales, la sécurité et l'environnement
- Soutien au développement des liaisons maritimes avec le Maghreb
