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Europlasma accumule les déboires : redressement de la Fonderie de Bretagne, 35 millions de pertes et vente forcée

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Le groupe Europlasma, repreneur de sites industriels français, multiplie les difficultés : sa filiale Fonderie de Bretagne demande son placement en redressement judiciaire, ses pertes ont plus que doublé en 2025.

Quatorze mois après sa reprise par Europlasma, la Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan) se retrouve en cessation de paiement. L’audience de placement en redressement judiciaire s’est tenue le 3 juillet au tribunal de commerce de Lorient. Les caisses sont vides.

« On est écÅ“urés, dégoûtés, énervés, révoltés », témoigne Maël Le Goff, délégué syndical CGT. Depuis six mois, les syndicats alertent sur la dégradation de la situation financière du site, sans être entendus. La CGT a déclenché un droit d’alerte économique après le licenciement inopiné du directeur général du site, Jérôme Dupont, manifestant son « manque de confiance » envers la direction.

En chiffres
35,5 M€
perte nette d'Europlasma en 2025
plus du double de 2024
70,4 M€
chiffre d'affaires 2025
pour le groupe landais
150 M€
prix de vente visé pour les activités défense
négociation en cours jusqu'en octobre 2026

Un incendie qui plonge la fonderie dans la crise

Europlasma avait racheté la Fonderie de Bretagne à la barre du tribunal de commerce le 25 avril 2025[1]. Neuf mois plus tard, en janvier 2026, un incendie frappait le four principal du site. Cet arrêt prolongé « a empêché le redémarrage industriel dans le calendrier prévu et fortement désorganisé le plan de relance », explique le groupe.

La production devait y reprendre le 18 mai 2026. Elle visait notamment la fabrication de corps creux pour obus de mortier, dans le cadre d’une réorientation vers la défense. Mais les préparatifs ont traîné : cette activité ne devrait débuter que « courant 2026 », selon France 3 Bretagne[3].

Entre l’incendie, l’arrêt prolongé et les retards de montée en puissance, la fonderie bretonne n’a jamais retrouvé son équilibre. Une autre filiale d’Europlasma, Satma Industries (traitements de surface), a été placée en redressement judiciaire le 2 juin. FP Industries, elle, va être liquidée.

Des pertes qui explosent en 2025

Les comptes d’Europlasma se sont à nouveau dégradés en 2025. La perte nette du groupe landais a plus que doublé sur l’année, atteignant 35,5 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 70,4 millions[4]. Une hémorragie financière qui alimente les craintes sur la survie du groupe.

Le député LFI des Hauts-de-Seine, Aurélien Saintoul, anticipe même une prochaine « banqueroute » de la société. Créée en 1992 et initialement spécialisée dans le traitement des déchets dangereux, Europlasma s’est transformé en repreneur de sites industriels en difficulté : Valdunes, Forges de Tarbes, Fonderie de Bretagne.

Dégradation financière d’Europlasma en 2025
Indicateur Montant
Perte nette 2025 35,5 millions €
Chiffre d’affaires 2025 70,4 millions €
Évolution de la perte Plus que doublée sur un an

Source : Le Figaro

Les dirigeants d’Europlasma ont récemment été auditionnés par la commission d’enquête parlementaire sur la « prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs ». Ces fonds sont accusés de reprendre des entreprises pour en « aspirer un maximum de valeur », quitte à laisser salariés et usines sur le carreau.

Pourquoi le modèle Europlasma vacille

Pertes financières en explosion
La perte nette d'Europlasma a plus que doublé en 2025, atteignant 35,5 millions d'euros pour 70,4 millions de chiffre d'affaires. Le groupe peine à redresser les sites industriels qu'il a rachetés à la barre des tribunaux.
Fonderie de Bretagne à l'arrêt
Quatorze mois après sa reprise, la Fonderie de Bretagne est en cessation de paiement. L'incendie de janvier 2026 a désorganisé le plan de relance et empêché la montée en charge vers la production d'obus.
Vente forcée des activités défense
Europlasma négocie la cession de ses activités militaires (Forges de Tarbes) pour 150 millions d'euros. L'opération doit aboutir avant mi-octobre 2026, dans un contexte de défiance des investisseurs.
Surveillance parlementaire accrue
Les dirigeants d'Europlasma ont été auditionnés par la commission d'enquête sur la prédation industrielle. Le groupe est soupçonné de reprendre des sites sans apporter les investissements promis.

Vente des activités défense en cours de négociation

Pour tenter de renflouer ses caisses, Europlasma a annoncé le 10 avril 2026 être entré en négociations exclusives avec un « investisseur français » non divulgué, en vue de céder ses activités liées à la défense. Le montant envisagé : 150 millions d’euros[2].

Ces activités concernent « le développement, la production et la commercialisation de corps creux d’obus de moyens et gros calibres », notamment produits aux Forges de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées. La période de discussion exclusive court jusqu’au 25 mai 2026 et « pourra être prolongée d’un mois ». L’opération doit intervenir « au plus tard le 15 octobre prochain ».

Mais cette tentative de cession survient dans un contexte de défiance croissante. En novembre 2025, l’offre de reprise de Novasco par Europlasma avait été rejetée en raison d’« incertitudes » sur la solidité financière du groupe. Les investissements promis par Europlasma lors de ses reprises n’ont pas été au niveau attendu.

Sur les forums boursiers, certains actionnaires spéculent sur une stratégie consistant à sortir volontairement la Fonderie de Bretagne du périmètre d’Europlasma avant la cession, pour « ne vendre que le rentable »[5]. Sans la fonderie bretonne, Europlasma représenterait environ 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais les créanciers et les salariés bretons, eux, restent dans l’incertitude la plus totale.

Europlasma en chiffres : une trajectoire qui inquiète

  • La Fonderie de Bretagne (Caudan) a demandé son placement en redressement judiciaire le 3 juillet 2026, 14 mois après sa reprise par Europlasma
  • Un incendie en janvier 2026 a détruit le four principal, bloquant la relance industrielle prévue
  • Europlasma négocie la vente de ses activités défense pour 150 millions d'euros, avec une échéance au 15 octobre 2026
  • Deux autres filiales du groupe, Satma Industries et FP Industries, sont en redressement ou en liquidation
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

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