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Fibre Excellence : Matthieu Pigasse dépose son offre, redémarrage des usines en 2026 et diversification sur dix ans

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Matthieu Pigasse reprend la main sur Fibre Excellence. Le financier dépose une offre ambitieuse pour sauver les 670 emplois et relancer les usines à l’arrêt depuis plusieurs semaines.

Le feuilleton Fibre Excellence connaît un nouveau rebondissement. Lundi 22 juin, l’équipe de direction du fabricant français de pâte à papier a retiré son offre de reprise. Elle laisse la place à Matthieu Pigasse, banquier d’affaires qui s’est invité dans le dossier quelques jours plus tôt. Le dernier producteur français de pâte à papier marchande emploie 670 personnes, réparties entre Saint-Gaudens en Haute-Garonne et Tarascon en Provence. Placé en redressement judiciaire le 27 avril, le groupe risquait la liquidation pure et simple.

L’arrivée de Pigasse change la donne. Son projet se distingue de celui porté par la direction sortante, jugé fragile par l’État. Pour les salariés de Saint-Gaudens, le retrait de l’offre initiale constitue une bonne nouvelle : “Elle ne tenait pas la route”, résume un syndicaliste. Le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un délai supplémentaire, repoussant la clôture des offres au 2 juillet et l’audience au 6 juillet.

En chiffres
670
emplois chez Fibre Excellence
répartis entre Saint-Gaudens et Tarascon
27 avril
placement en redressement judiciaire
après l'abandon de l'actionnaire indonésien
2026-2027
redémarrage des usines
première phase du plan Pigasse
2031-2034
production de fluff prévue
seconde vague de diversification

Un plan industriel sur dix ans

Le projet de Matthieu Pigasse se déploie en quatre phases[5]. Les années 2026 et 2027 doivent assurer le redémarrage des sites de Saint-Gaudens et de Tarascon, à l’arrêt depuis plusieurs semaines. Cette première étape comprend la reconstitution des stocks de bois grâce à un plan d’approvisionnement concerté avec les acteurs de la filière. Le groupe avait connu des tensions sur ses approvisionnements avant le dépôt de bilan.

Entre 2028 et 2030, une première vague de diversification industrielle viserait la production de produits d’isolation et de papier renforcé pour les emballages alimentaires. La seconde vague, prévue entre 2031 et 2034, prévoit le lancement d’une production de fluff, pâte utilisée dans les couches et les produits d’hygiène féminin. Cette montée en gamme doit permettre au groupe de sortir du segment de la pâte à papier marchande classique, marché sous pression depuis plusieurs années.

Le plan inclut également le sauvetage de la papeterie de la Chapelle Darblay à Grand-Couronne, près de Rouen. Fibre Excellence devait reprendre ce site avant de traverser sa propre tempête financière. L’intégration de cette usine dans le projet Pigasse renforcerait la cohérence industrielle de l’ensemble.

Le calendrier industriel du projet Pigasse pour Fibre Excellence
Période Objectif
2026-2027 Redémarrage des sites de Saint-Gaudens et Tarascon, reconstitution des stocks de bois
2028-2030 Diversification : produits d’isolation et papier renforcé pour emballages alimentaires
2031-2034 Production de fluff pour produits d’hygiène

Source : La Dépêche du Midi

Pigasse face à l’État : qui finance quoi

Dans un courrier envoyé dimanche 28 juin au ministre de l’Industrie, Matthieu Pigasse et ses cosignataires (dont les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur et les syndicats) réclament une réunion d’urgence avec l’État[3]. Leur message est direct : “En quelques jours, chacun a accepté de faire évoluer sa position. Des investisseurs se sont engagés, d’autres sont en train de le faire. Les Régions se sont mobilisées. Les organisations syndicales ont contribué activement à la construction du projet.”

Mais selon les signataires, l’État n’a pas bougé ses lignes. “Les propositions de l’État demeurent aujourd’hui identiques à celles qui étaient déjà formulées avant cette évolution majeure du dossier, lorsque le projet reposait encore principalement sur le management seul ou l’actionnaire indonésien.” Le groupe avait été lâché par son actionnaire indonésien quelques semaines avant le dépôt de bilan. Cet abandon a précipité la crise.

Les porteurs du projet demandent “la mobilisation effective de tous les leviers dont dispose l’État afin de donner toutes les chances à un projet désormais profondément consolidé”. Ils estiment notamment que la Caisse des dépôts pourrait être mobilisée pour apporter un investissement de long terme et renforcer la crédibilité financière de l’offre. Sans cet appui, le montage financier reste fragile face aux besoins de trésorerie du redémarrage.

Pourquoi l'État hésite encore sur Fibre Excellence

Financement public attendu
Pigasse et les régions demandent la mobilisation de la Caisse des dépôts pour consolider l'offre. L'État n'a pas encore bougé ses lignes depuis l'arrivée du financier.
Diversification industrielle
Le projet mise sur l'isolation, les emballages alimentaires et le fluff d'ici 2031. La pâte à papier classique subit la concurrence internationale.
670 emplois en jeu
Les sites de Saint-Gaudens et Tarascon sont à l'arrêt depuis plusieurs semaines. Le redémarrage conditionne le maintien des effectifs.
Calendrier serré
L'offre doit être déposée le 2 juillet, l'audience du tribunal fixée au 6 juillet. Le délai accordé par le tribunal de Toulouse est très court.

Qui est Matthieu Pigasse

Matthieu Pigasse est une figure de la finance française[2]. Banquier d’affaires, il s’est fait connaître par ses investissements dans les médias et la culture. Il a notamment fondé et détient une participation dans Mediawan, groupe actif dans l’audiovisuel. Son arrivée dans le dossier Fibre Excellence a surpris : elle s’est faite in extremis, quelques jours avant la date butoir initiale.

Son profil change la physionomie du dossier. Face à une offre portée par la direction sortante, jugée peu solide financièrement, Pigasse apporte une crédibilité d’investisseur. Les régions Occitanie, dirigée par Carole Delga, et Provence-Alpes-Côte d’Azur, dirigée par Renaud Muselier, se sont rangées derrière son projet. Les syndicats, CGT en tête, ont fait de même. Cette unanimité renforce la pression sur l’État pour qu’il débloque les financements nécessaires.

Le dossier Fibre Excellence illustre la difficulté à maintenir une industrie papetière en France. La pâte à papier marchande, produit de commodité, subit la concurrence internationale et la baisse structurelle de la demande. Seule la diversification vers des produits à plus forte valeur ajoutée (isolation, emballages alimentaires, fluff) peut offrir une perspective de rentabilité. C’est ce pari que fait Matthieu Pigasse. Reste à savoir si l’État suivra.

Reprise de Fibre Excellence : le calendrier du projet Pigasse

  • Matthieu Pigasse dépose une offre de reprise pour Fibre Excellence le 2 juillet, après le retrait de l'offre de la direction le 22 juin
  • Le plan industriel s'étale sur dix ans : redémarrage 2026-2027, diversification 2028-2030, production de fluff 2031-2034
  • Les régions Occitanie et PACA, les syndicats et Pigasse réclament la mobilisation de la Caisse des dépôts pour renforcer le montage financier
  • Fibre Excellence emploie 670 personnes, réparties entre Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône)
  • Le groupe, placé en redressement judiciaire le 27 avril, est le dernier producteur français de pâte à papier marchande
Julien Mercier
Julien Mercier
Julien Mercier suit la tech française depuis une quinzaine d'années, des premières levées de la French Tech aux modèles de Mistral. Il s'intéresse autant aux startups qu'aux enjeux de souveraineté numérique : cloud, semi-conducteurs, cybersécurité. Sa ligne, expliquer ce qu'une annonce change vraiment, sans jargon ni esbroufe.

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