Des représentants de la Commission européenne ont passé une semaine en Martinique pour évaluer l’état de consommation des fonds européens. Le programme 2021-2027 tarde à démarrer.
Du 1er au 5 juin, le Comité régional de suivi interfonds a réuni à Fort-de-France des émissaires de Bruxelles et les responsables de la Collectivité territoriale de Martinique. Objectif : faire le point sur l’absorption des trois grandes enveloppes européennes, le Feader, le Feampa et le Feder-FSE.
Le bilan est contrasté. La programmation 2014-2020 a été correctement clôturée. Mais le cycle suivant, celui qui court jusqu’en 2027, accuse des retards que les représentants de la Commission ont voulu mesurer de près, au contact des porteurs de projets sur le terrain.
Des visites de terrain à l’entreprise Girard et au-delÃ
La délégation européenne ne s’est pas contentée des tableaux de bord. Elle a multiplié les déplacements, notamment à l’entreprise Girard, pour rencontrer directement ceux qui ont bénéficié des aides et vérifier que les fonds consommés correspondent bien à des réalisations concrètes. C’est l’une des missions du Comité de suivi interfonds : faciliter la relation entre porteurs de projets et institutions européennes, et s’assurer que la mécanique administrative ne bride pas l’engagement des fonds. [1]
La Martinique dispose de ce type de comité en raison de la diversité de ses programmes : développement économique, pêche, aquaculture, agriculture, santé, formation, transition écologique. Autant de secteurs qui mobilisent des sources de financement distinctes, avec des règles de programmation et de justification spécifiques. [3]
Un Village de l’Europe pour montrer à quoi sert l’argent de Bruxelles
En marge des travaux techniques, la Collectivité a organisé le Village de l’Europe dans les jardins de son hôtel à Cluny. Kombucha, bière artisanale, chapeaux bakoua, glaces, chocolat, offres touristiques : les exposants présents avaient un point commun, leurs projets ont été financés par l’Europe. Benoît, jeune brasseur de la bière artisanale BenZel, figurait parmi eux. [5]
L’événement répondait à un double objectif : rendre visible l’utilité des fonds auprès du grand public et informer les porteurs de projets potentiels sur les dispositifs d’accompagnement disponibles, que ce soit pour financer l’irrigation d’une exploitation agricole ou lancer une petite chaîne de production.
Le message de fond reste le même depuis plusieurs cycles : la Martinique dispose de ressources européennes significatives, mais leur mobilisation effective dépend de la capacité à instruire les dossiers rapidement et à engager les crédits avant que les délais réglementaires ne forcent des dégagements d’office. Le programme 2021-2027 a encore plusieurs années devant lui, mais le rythme actuel laisse peu de marge.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
