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Franck Leroy dénonce le désengagement de l’État sur l’apprentissage : une faute selon lui

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Le président de la région Grand Est monte au créneau contre le désengagement financier de l’État sur l’apprentissage et la formation professionnelle, avec des conséquences directes dès la rentrée 2026.

Franck Leroy ne mâche pas ses mots. Pour le président du conseil régional Grand Est, le recul de l’État sur le financement de l’apprentissage constitue, selon ses propres termes, « une faute ». Une prise de position tranchée, formulée dans le cadre d’une émission spéciale consacrée aux régions, aux côtés de Carole Delga, présidente de l’Occitanie et de l’Association des Régions de France.

Les deux élus défendent la même ligne : le partenariat État-régions reste le seul levier crédible pour répondre aux défis économiques et sociaux du pays. Leroy insiste sur l’apprentissage comme outil d’insertion des jeunes et de réponse aux besoins des entreprises. Sans engagement budgétaire de l’État, c’est toute une architecture de formation qui vacille.

652 places supprimées dans les IFSI du Grand Est dès la rentrée 2026

La conséquence la plus immédiate : faute de garanties de financement national, la région Grand Est a décidé de réduire drastiquement le nombre de places dans ses instituts de formation en soins infirmiers. À la rentrée 2026, ce sont 652 places qui seront supprimées, réparties sur la trentaine d’IFSI des dix départements du territoire, selon l’Est Républicain [2].

Ces instituts sont adossés pour la plupart à des centres hospitaliers publics, comme le CHRU de Nancy ou le CPN de Laxou. Certains dépendent d’organismes privés, dont la Croix-Rouge française à Metz. La région en est le principal bailleur de fonds. Sans signal clair de l’État, elle a choisi de jouer la prudence, au prix d’un coup d’arrêt à l’élan post-Covid qui visait à former massivement des infirmières pour les établissements de santé et médico-sociaux.

Un contexte national qui dépasse le seul Grand Est

Le Grand Est n’est pas un cas isolé. En Auvergne-Rhône-Alpes, une classe préparatoire à l’apprentissage dans le secteur du BTP, créée en 2019 dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences, a failli disparaître après le retrait de l’État l’an passé. C’est finalement France Travail qui a repris le flambeau pour maintenir le dispositif, qui avait accompagné 370 jeunes issus de neuf CFA BTP de la région [5].

L’Association française des entreprises privées (Afep), par la voix de sa présidente Patricia Barbizet, a publié en février 2026 une tribune signée par les 117 plus grandes entreprises françaises pour alerter sur ce même sujet. Elle y pointe explicitement le désengagement sur l’apprentissage et les lycées professionnels comme l’un des deux leviers essentiels pour l’emploi mis à mal ces derniers mois par les choix politiques [4].

Le rôle des régions en question face au retrait de l’État

Leroy revendique pour les régions un rôle pivot, pas supplétif. La décentralisation, la souveraineté industrielle, le soutien à l’agriculture : autant de dossiers où l’État ne peut pas se désengager sans que les régions en absorbent le coût, financier et politique. Sur la mobilité, le président du Grand Est annonce un projet de vélos en libre-service connecté au réseau ferré régional, pour couvrir le premier et dernier kilomètre des usagers, dans un territoire où la nouvelle liaison TGV Paris-Berlin via Strasbourg renforce le statut de capitale européenne de la ville.

L’industrie automobile, pilier économique du Grand Est, impose aussi d’anticiper les reconversions. Des chantiers qui ne peuvent pas attendre que l’État se décide à reprendre sa place au financement de la formation [1].

Brigitte Müller
Brigitte Müller
Brigitte Müller, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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