La Fédération Régionale du Bâtiment et des Travaux Publics de Guyane tire la sonnette d’alarme : le secteur ne trouve pas les bras dont il a besoin, et les chantiers en pâtissent directement.
Le paradoxe est frappant. En Guyane, le BTP figure parmi les secteurs où le chômage reste visible, et pourtant les entreprises du bâtiment et des travaux publics peinent à recruter des profils qualifiés. Ce décalage entre l’offre et la demande sur le marché du travail local freine l’activité économique du territoire, au moment où les besoins en infrastructures y sont considérables.
La FRBTP Guyane a choisi d’interpeller directement l’État pour obtenir des réponses concrètes. Les chefs d’entreprise du secteur décrivent une situation de détresse : carnets de commandes potentiels, mais impossibilité de tenir les délais faute de personnel opérationnel.
10 % des demandeurs d’emploi viennent du BTP, mais les postes restent vacants
Selon des données mises en avant par la CERC Guyane, environ 10 % des demandeurs d’emploi du territoire sont issus du secteur BTP. [1] Un chiffre qui devrait, en théorie, faciliter le recrutement. Ce n’est pas le cas. La qualification reste le nÅ“ud du problème : les profils disponibles ne correspondent pas aux besoins techniques des chantiers, et la formation professionnelle locale ne comble pas l’écart assez vite.
Cette inadéquation n’est pas propre à la Guyane. D’autres territoires ultramarins sont confrontés à des tensions similaires dans le BTP. En Guadeloupe, la fermeture de la carrière de Deshaies, exploitée par la Société Antillaise De Granulats, illustre la fragilité de la chaîne d’approvisionnement du secteur : 42 emplois directs et près d’un millier d’emplois indirects sont menacés par cet arrêt d’activité, poussant l’UDE-MEDEF, la CCI des ÃŽles de Guadeloupe et la FRBTP locale à réclamer une décision préfectorale d’urgence.
Une intervention de l’État réclamée sans délai
La FRBTP Guyane attend des mesures ciblées : renforcement des dispositifs de formation qualifiante, soutien à l’attractivité des métiers du bâtiment, et mécanismes permettant de fluidifier l’accès à la main-d’Å“uvre dans un marché du travail structurellement déséquilibré. Les fédérations professionnelles des territoires d’outre-mer partagent ce diagnostic d’urgence, relayé notamment par la FEDOM dans ses travaux récents sur les crises économiques et sociales affectant ces régions.
Pour les chefs d’entreprise guyanais, chaque mois sans réponse se traduit par des chantiers retardés, des contrats perdus et une pression financière qui s’accumule. L’interpellation de l’État vise à sortir du constat pour entrer dans l’action.
Sources
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