La 7e édition du French Tech Next40/120 vient d’être dévoilée : 120 scale-ups françaises, 11,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé en 2025 et un pivot marqué vers la deeptech.
Le programme existe depuis 2019. En sept éditions, il a changé de nature. La sélection 2026 ne se contente plus de classer les startups françaises les plus rentables ou les mieux financées : pour la première fois, l’excellence technologique et la contribution sociétale figurent comme critères à part entière, à égalité avec la performance financière. Ce n’est pas un ajustement cosmétique, c’est une révision des fondations.
Les chiffres globaux donnent le ton. Les 120 lauréats affichent 11,3 milliards d’euros de revenus cumulés en 2025, avec une croissance moyenne de 31 % par an. Ils emploient 46 000 personnes dans le monde, dont 33 500 en France, soit une progression de 15,5 % sur un an. Près de 97 % opèrent à l’international. Un tiers des entreprises sélectionnées relèvent de la deeptech.
Une sélection construite sur deux piliers distincts
Le mécanisme de sélection repose sur une répartition paritaire.[3] Soixante places vont aux scale-ups les plus performantes économiquement : au moins 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et 15 % de croissance annuelle moyenne sur trois ans. Les soixante autres reviennent aux entreprises ayant levé les montants les plus importants entre janvier 2022 et avril 2026.
Parmi ces 120 finalistes, un comité de sélection désigne les 40 entreprises du Next40 : celles qui incarnent le mieux l’excellence technologique d’intérêt général et dont le dynamisme contribue le plus à la compétitivité économique et à l’amélioration du quotidien des citoyens.
Le spectre sectoriel est large. On y trouve de l’agroalimentaire (Innovafeed, Foodles, La Fourche, Elicit Plant), de la fintech (Agicap), de l’assurance digitale (Acheel), de la gestion de trésorerie, de l’actuariat piloté par IA. La sélection confirme, selon la Mission French Tech, que l’écosystème français reste généraliste, avec une concentration particulière sur le B2B logiciel, la fintech, la climate tech et les plateformes digitales.
Le virage deeptech, chiffres à l’appui

C’est là que la promotion 2026 marque un écart net avec ses prédécesseurs. Environ 38 % des entreprises du Next40 proviennent de secteurs deeptech, selon HEC Paris.[2] Intelligence artificielle, informatique quantique, cybersécurité, robotique, énergie : ce sont ces verticales qui pèsent désormais dans la présélection.
25 entreprises de la cohorte exploitent des sites de production physiques en France, répartis sur 33 installations dans 10 régions. Ce chiffre tranche avec l’image d’un écosystème tech purement dématérialisé. La souveraineté industrielle n’est pas qu’un mot d’ordre : elle se traduit par des usines, des lignes de production, des emplois ancrés dans les territoires.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Revenus cumulés (2025) | 11,3 Md€ |
| Croissance annuelle moyenne | +31 % |
| Emplois directs mondiaux | 46 000 |
| Emplois directs en France | 33 500 |
| Croissance emploi France (sur un an) | +15,5 % |
| Entreprises présentes à l’international | 97 % |
| Part deeptech (Next40) | ~38 % |
| Sites de production en France | 33 installations, 10 régions |
Source : Business France, HEC Paris
Pourquoi la promotion 2026 change de dimension
HEC Paris, premier pourvoyeur de la promotion
33 startups fondées ou co-fondées par des alumni HEC figurent dans la cohorte 2026, selon l’école. C’est le record absolu pour l’institution, qui représente désormais plus d’un quart de l’ensemble du classement. L’École polytechnique de Paris voit elle aussi ses anciens étudiants peser dans la sélection, signe d’un écosystème grandes écoles qui structure l’entrepreneuriat tech français depuis le haut.
Ce poids des grandes écoles dans la genèse des scale-ups n’est pas neuf, mais son ampleur 2026 est inédite. Il reflète aussi la maturité du pipeline : les promotions formées au tournant des années 2010 ont aujourd’hui atteint l’âge de la croissance accélérée.
Un accompagnement par l’État, pas seulement un label

Être sélectionné dans le Next40/120 n’est pas qu’une distinction honorifique.[1] Pendant un an, les lauréats bénéficient d’un accompagnement renforcé de la Mission French Tech, articulé avec les administrations publiques et les partenaires de l’écosystème. L’objectif déclaré : accélérer leur passage à l’échelle et leur expansion internationale.
La Mission French Tech positionne la promotion 2026 comme un levier de souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Le langage a évolué depuis les premières éditions : on ne parle plus seulement de croissance et de valorisation, mais de contribution aux grands enjeux économiques et sociétaux. Un glissement de vocabulaire qui correspond à une pression réelle des investisseurs institutionnels et des pouvoirs publics pour que la tech française justifie son soutien public par un impact concret.
Ce que révèle la composition sectorielle
La liste des lauréats 2026 dessine un portrait fidèle des paris industriels français. L’agriculture connectée et durable (Agryco, Elicit Plant, FoodFlow) côtoie la nutrition alternative (Innovafeed, qui produit des insectes pour l’alimentation animale). L’assurance digitale (Acheel) et la gestion financière automatisée (Agicap) confirment la solidité de la fintech B2B française. L’actuariat par IA, avec Akur8, illustre la profondeur du virage deeptech dans des secteurs traditionnellement conservateurs.
Le programme entre dans sa septième année avec une économie d’échelle visible : les 120 entreprises pèsent collectivement autant que certaines ETI industrielles du CAC Mid 60. La prochaine étape sera de savoir combien d’entre elles franchissent le cap des 100 millions d’euros de revenus et s’installent durablement parmi les acteurs européens, face à des concurrents britanniques, allemands et nordiques qui bénéficient eux aussi de programmes d’accélération publique.
French Tech Next40/120 2026 : les chiffres clés à retenir
- 120 scale-ups françaises sélectionnées pour la 7e édition du programme, lancé en 2019.
- Pour la première fois, l'excellence technologique et la contribution sociétale sont des critères de sélection à part entière.
- Un tiers des 120 lauréats relèvent de la deeptech (IA, quantique, cybersécurité, robotique, énergie).
- 33 startups fondées par des alumni HEC figurent dans la cohorte, un record pour l'école.
- 25 entreprises de la promotion exploitent des sites de production physiques en France, sur 33 installations.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
