Quatre communes du Grand Est doivent revoter suite à l’annulation de leur scrutin municipal par le tribunal administratif de Strasbourg, qui a relevé plusieurs infractions au code électoral.
Le scrutin du 15 mars dernier n’a pas tenu ses promesses de transparence partout. À Vatimont, entre Rémilly et Morhange en Moselle, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l’élection municipale le 16 juin. Une électrice avait saisi la justice en dénonçant des bulletins de vote et des affiches électorales non conformes à la loi.
Même sanction pour Berentzwiller et Soultzbach-les-Bains dans le Haut-Rhin. Le 9 juin, le tribunal a constaté des entorses au code électoral suffisamment graves pour invalider les résultats. Les deux communes devront organiser de nouvelles élections sous trois mois. Une semaine plus tôt, le 3 juin, c’est Wattwiller qui avait vu son scrutin annulé : le maire élu avait fait figurer la mention « maire » sur ses bulletins alors qu’il n’occupait pas cette fonction, ce qui a pu induire les électeurs en erreur selon la justice.
Le Châtelet-sur-Retourne vote deux mois après tout le monde
Dans les Ardennes, les habitants du Châtelet-sur-Retourne ont voté fin mai, plus de deux mois après le reste du pays. À la date limite du dépôt des listes, personne ne s’était déclaré candidat. Deux listes se sont finalement constituées, dont celle du maire sortant, permettant la tenue du scrutin.
Le cas n’est pas isolé : plusieurs petites communes rurales de la région ont connu des difficultés à constituer des listes. Un phénomène qui s’accentue dans les territoires de moins de 1 000 habitants, où l’engagement municipal peine à susciter des vocations.
Des résultats politiques contrastés dans les grandes villes
Au-delà de ces annulations locales, le second tour du 29 mars a redessiné la carte politique de plusieurs grandes villes françaises. À Lille, Arnaud Deslandes a emporté 47 sièges sur 61 avec 49,33 % des voix pour l’Union de la gauche, devant Lahouaria Addouche (LFI) qui obtient 10 sièges et 33,70 %. À Reims, le sortant Arnaud Robinet (Divers droite) conserve sa mairie avec 51,86 % et 46 élus sur 59.
La participation nationale s’est établie à 57,38 % au second tour, en nette hausse par rapport aux 41,60 % de 2020, mais toujours en retrait par rapport aux 62,13 % de 2014. Le premier tour avait déjà enregistré 48,10 % de participation contre seulement 34,67 % six ans plus tôt.
| Ville | Élu | Étiquette | Score | Sièges |
|---|---|---|---|---|
| Lille | Arnaud Deslandes | Union gauche | 49,33 % | 47/61 |
| Reims | Arnaud Robinet | Divers droite | 51,86 % | 46/59 |
| Brest | Stéphane Roudaut | Divers droite | 57,38 % | 44/55 |
| Le Havre | Édouard Philippe | Union centre | 47,71 % | 44/59 |
| Angers | Christophe Béchu | Divers centre | 59,03 % | 47/59 |
Source : Ouest-France
Pourquoi ces annulations se multiplient dans le Grand Est
Des conséquences budgétaires immédiates pour certaines communes
L’arrivée des nouvelles équipes municipales a parfois réservé des surprises. À Algrange en Moselle, la municipalité élue en mars a découvert une dette de 50 000 euros[2] et a immédiatement sollicité la chambre régionale des comptes. La commune devra prendre des mesures pour rééquilibrer ses finances.
À Riquewihr dans le Haut-Rhin, la nouvelle équipe a annulé dès le 20 mai le projet de réhabilitation de l’ancienne friche viticole à l’entrée de la commune. Ce projet de l’ancienne municipalité, d’un montant de 17 millions d’euros, a été jugé trop coûteux par les nouveaux élus.
Ces choix illustrent les arbitrages que doivent opérer les maires fraîchement élus dans un contexte de finances publiques tendues. Les communes de plus de 10 000 habitants, qui bénéficient de dotations de l’État souvent gelées en valeur nominale, cherchent à contenir leurs dépenses d’investissement tout en maintenant leurs services publics.
Le Rassemblement national progresse dans le paysage municipal
Le scrutin de mars 2026 confirme l’ancrage local du Rassemblement national[5]. Avec ses alliés ciottistes, le parti arrive en tête dans plus de 60 communes, contre seulement 11 au premier tour de 2020. Plusieurs maires sortants RN ont été réélus dès le premier tour.
À Nice, Éric Ciotti, allié du Rassemblement national, a devancé largement le maire sortant Christian Estrosi, candidat Horizon. À Saint-Denis, LFI a remporté sa première mairie avec la victoire de Bally Bakayoko. Le parti reste bien positionné à Roubaix, où David Guiraud était arrivé largement en tête du premier tour avec plus de 46 % des voix.
Sur les 455 villes de plus de 20 000 habitants, 154 ont changé de maire, dont 72 qui ont aussi changé de couleur politique. La proportion de femmes maires a reculé par rapport à 2020, un recul que plusieurs associations d’élus locaux ont déploré au lendemain du scrutin.
La droite revendique la première place dans le paysage municipal français. Bruno Retailleau avait déclaré le soir du premier tour : « La droite est plus que jamais la première force politique locale. » Les résultats du second tour ont confirmé cette dynamique dans de nombreuses villes moyennes et grandes agglomérations, même si la gauche a résisté dans les trois principales métropoles : Paris, Marseille et Lyon.
Municipales Grand Est 2026 : les chiffres du scrutin
- Quatre communes du Grand Est doivent organiser de nouvelles élections pour entorses au code électoral
- Le Châtelet-sur-Retourne a voté deux mois après le reste du pays, faute de candidats
- La participation nationale atteint 57,38 % au second tour, en hausse de 15,78 points par rapport à 2020
- Le Rassemblement national arrive en tête dans plus de 60 communes contre 11 en 2020
- 154 villes de plus de 20 000 habitants changent de maire, dont 72 changent de couleur politique
- À Algrange, la nouvelle municipalité découvre une dette de 50 000 euros
Sources
2 sources · 2 faits sourcés
