Les salariés de l’usine Lactalis-Nestlé implantée en Loire-Atlantique ont cessé le travail pour exiger une renégociation salariale. Le site est l’un des plus importants de la filière agroalimentaire dans l’Ouest.
“On est en colère.” Le mot d’ordre est sans détour. Les grévistes réclament une révision des grilles de rémunération, dans un contexte de tensions persistantes sur le pouvoir d’achat dans le secteur agroalimentaire.
Le conflit prend une dimension particulière compte tenu du poids industriel du site. Cette usine n’est pas une unité ordinaire : elle tourne à plein régime pour alimenter la distribution en pots de la célèbre pâte à tartiner de Ferrero, dans le cadre d’un contrat de fabrication à façon.
600 000 pots de Nutella produits chaque jour sur le site
Selon les données publiées par Ouest-France, 600 000 pots de Nutella sortent quotidiennement de cette usine de l’Ouest [1]. Un volume qui illustre l’importance stratégique du site dans la chaîne d’approvisionnement, et qui rend chaque journée de grève immédiatement visible sur les cadences de production.
La revendication des grévistes porte sur les salaires, dans une filière où les marges restent sous pression. Moins de la moitié des entreprises agroalimentaires ont obtenu une revalorisation de leurs tarifs à la distribution, tandis que les prix alimentaires ont enregistré des hausses ces dernières années [4]. Pour les salariés, ce décalage entre les contraintes économiques pesant sur les industriels et l’évolution de leurs rémunérations est au cÅ“ur du mouvement.
Un bras de fer qui s’inscrit dans une filière sous tension
La Loire-Atlantique n’en est pas à son premier conflit social dans l’industrie. Le département concentre plusieurs sites de production sensibles, et les négociations salariales y sont régulièrement sources de friction. Le mouvement de l’usine Lactalis-Nestlé s’inscrit dans cette tendance, portée par des syndicats qui entendent peser sur les prochaines discussions.
Les discussions entre direction et représentants du personnel devront déterminer si une reprise est possible à court terme, ou si le conflit s’installe dans la durée. Côté production, chaque jour d’arrêt se traduit par plusieurs centaines de milliers de pots non livrés.
Sources
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