Huelco Group, deeptech iséroise fondée en 2018, boucle un tour de 2,5 millions d’euros pour industrialiser Orioma, son capteur IoT autonome en énergie et sans câblage, destiné aux bâtiments intelligents.
L’annonce tombe le 4 mai 2026 depuis Moirans, dans l’Isère. Huelco Group compte désormais 7,1 millions d’euros levés depuis sa création. Le groupe conçoit, fabrique et déploie des capteurs IoT ultra-basse consommation pour optimiser la performance énergétique et la sécurité des bâtiments tertiaires. La marque Orioma commercialise LOBX, un capteur qui fonctionne sans pile ni câblage : la récupération d’énergie ambiante suffit. La startup vise un chiffre d’affaires compris entre 3 et 3,5 millions d’euros en 2026, en croissance annuelle de 30 à 50 %, avec un effectif de 35 à 40 personnes.
Le modèle technique rompt avec les déploiements IoT classiques. Pas de changement de pile tous les deux ans, pas de câblage électrique à prévoir, pas de maintenance lourde. Les capteurs se posent, se configurent et émettent. Huelco structure sa chaîne de valeur autour de trois marques : Orioma pour les capteurs, Xdigit pour les semiconducteurs sur mesure, Steepulse pour le logiciel embarqué. Le contrôle vertical va de la conception électronique au déploiement sur site. C’est ce contrôle qui permet à l’entreprise de garantir la souveraineté de sa technologie, entièrement développée en France.
Un capteur sans batterie qui se suffit à lui-même
La promesse technique d’Orioma tient en trois caractéristiques : autonomie énergétique, décarbonation et absence de maintenance. Le capteur LOBX récupère l’énergie ambiante (lumière, chaleur, vibrations) pour alimenter ses mesures et ses émissions radio. Cette approche supprime deux contraintes majeures du déploiement IoT à grande échelle : le coût du remplacement des batteries et l’impact carbone des piles jetables[1].
Les capteurs se destinent aux bâtiments tertiaires, bureaux, sites industriels, plateformes logistiques. Ils mesurent température, luminosité, occupation, qualité de l’air, mouvements. Les données remontent vers une plateforme cloud qui pilote chauffage, climatisation, éclairage, alarmes. L’économie d’énergie découle du pilotage fin : on ne chauffe pas une salle vide, on n’éclaire pas un couloir inoccupé. La sécurité s’améliore par la détection d’intrusion ou d’anomalie thermique. Orioma annonce des réductions de consommation mesurables dès le premier mois de déploiement.
Des premiers clients et un standard ouvert

Huelco n’en est plus au stade du prototype. La société a décroché des contrats avec plusieurs clients, qu’elle n’a pas nommés publiquement. Le groupe se concentre maintenant sur l’industrialisation : passer du capteur fabriqué en petite série au capteur produit en grande série, standardisé, certifié pour des déploiements de plusieurs milliers d’unités par site. La levée de 2,5 millions servira précisément à financer cette montée en capacité industrielle et à étendre les équipes commerciales.
L’ambition affichée va au-delà de la vente de capteurs : Huelco veut faire d’Orioma un standard ouvert et souverain pour l’IoT dans les bâtiments intelligents. Un standard ouvert signifie que d’autres acteurs pourront développer des équipements compatibles avec la technologie Orioma, créant un écosystème plutôt qu’un système fermé propriétaire. La souveraineté technologique, elle, renvoie au contrôle français de la conception, de la fabrication et des données : aucune dépendance à un hyperscaler américain ni à un fournisseur de puces asiatique.
Pourquoi l'IoT sans batterie change la donne
Positionnement face aux géants américains et chinois
Sur le marché de l’IoT pour bâtiments, Huelco se positionne face à des acteurs plus massifs. Les hyperscalers américains (Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud) proposent des plateformes IoT complètes, mais dépendantes de leurs infrastructures. Les fabricants de capteurs chinois inondent le marché de modules à bas coût, mais avec des batteries classiques et sans garantie de souveraineté des données. Les équipementiers européens comme Siemens ou Schneider Electric développent leurs propres gammes, mais Orioma mise sur l’autonomie énergétique comme différenciateur technique clé.
La technologie de récupération d’énergie ambiante existe ailleurs, notamment chez des laboratoires universitaires et quelques startups américaines. Mais peu d’acteurs ont réussi à industrialiser le concept au point de garantir un capteur qui fonctionne sans maintenance pendant toute la durée de vie du bâtiment. Huelco contrôle la chaîne du silicium au logiciel : c’est cette intégration verticale qui permet d’optimiser chaque watt récupéré et de concevoir des puces ultra-basse consommation adaptées à chaque cas d’usage.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Levée de fonds annoncée (mai 2026) | 2,5 M€ |
| Total levé depuis la création | 7,1 M€ |
| Chiffre d’affaires prévisionnel 2026 | 3 à 3,5 M€ |
| Croissance annuelle | +30 % à +50 % |
| Effectif | 35 à 40 personnes |
Source : Orioma
Une deuxième levée prévue début 2027

Huelco anticipe déjà la suite. Une deuxième levée de fonds est programmée pour le premier trimestre 2027. L’objectif sera de financer le déploiement international, au-delà des frontières françaises. Le groupe cible l’Europe en priorité : Allemagne, Benelux, Espagne, pays nordiques. Les réglementations européennes sur l’efficacité énergétique des bâtiments (directive EPBD, révision 2023, application progressive jusqu’en 2030) imposent des rénovations énergétiques massives. Les capteurs IoT autonomes s’insèrent naturellement dans ces chantiers de mise aux normes.
Serdar Manakli, fondateur et directeur général, résume l’ambition : “Notre objectif est de faire d’Orioma la référence mondiale pour les dispositifs IoT autonomes en énergie. Concevoir une technologie, lui donner vie, l’industrialiser et la voir adoptée à grande échelle, c’est ce qui nous anime. Nous avons posé les fondations, nous sommes sur la bonne voie, et nous sommes prêts à accélérer.”
Accompagnement juridique et financier
Pour cette levée, Huelco s’est entouré de conseils spécialisés. Pierre Guignand, du cabinet Vincent Ségurel, a assuré le volet juridique. Julien Sandevoir, de CAPITAL MGMT, a agi comme conseil financier. Ces deux accompagnements ont structuré le tour de table et sécurisé les clauses de sortie pour les investisseurs. Les noms des fonds entrés au capital n’ont pas été communiqués publiquement dans les documents consultés.
L’écosystème deeptech français reste actif malgré un ralentissement général du capital-risque en 2025 et début 2026. Les investisseurs privilégient désormais les startups qui ont déjà une traction commerciale et une roadmap d’industrialisation claire. Huelco coche ces deux cases : clients signés, produit testé, équipe technique constituée, perspective de série.
Orioma et Huelco : les chiffres de la levée 2026
- Huelco Group lève 2,5 millions d'euros en mai 2026 pour industrialiser Orioma, capteur IoT autonome en énergie
- Le capteur LOBX fonctionne sans pile ni câblage, alimenté par récupération d'énergie ambiante
- Huelco contrôle toute la chaîne : design électronique (Xdigit), logiciel embarqué (Steepulse), déploiement (Orioma)
- Chiffre d'affaires 2026 attendu entre 3 et 3,5 millions d'euros, en croissance de 30 à 50 % par an
- Une deuxième levée est prévue pour le premier trimestre 2027, ciblant le déploiement en Europe
- Le groupe vise un standard ouvert et souverain pour l'IoT dans les bâtiments intelligents
Sources
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