L’incendie qui a ravagé le massif du Justin en juin dernier laisse 4 400 hectares de forêts calcinés et des années de reconstruction devant l’ONF et les acteurs économiques du Diois.
Le 24 juin 2026, un impact de foudre déclenche un feu près de Die, dans la Drôme. Les flammes dévorent 4 400 hectares avant d’être stabilisées le 16 juillet. Aucune victime à déplorer, mais plusieurs villages et zones touristiques ont dû être évacués en urgence, dont le camping de la Pinède. L’ampleur du sinistre a poussé l’État, le département et la région Auvergne-Rhône-Alpes à débloquer environ 4 millions d’euros d’aide.
Sur les 4 200 hectares parcourus par le feu, 2 600 hectares de forêts ont subi des dégâts très significatifs. Pierre Demange, directeur de l’Office national des forêts (ONF) Drôme-Ardèche, établit ce bilan à partir des images satellitaires. Les équipes de l’agence gouvernementale héritent d’un double chantier : surveiller l’état sanitaire de la forêt et sa capacité de régénération naturelle, puis analyser les conséquences du feu sur la stabilité et le fonctionnement des bassins versants.
Des forêts protectrices plantées il y a un siècle
L’incendie a majoritairement touché des forêts domaniales, qui représentent près de 75 % des surfaces brûlées. Ces peuplements de pins noirs d’Autriche ont été plantés entre 1900 et 1950 pour une mission précise : protéger les villages alentours des risques climatiques comme l’érosion et les pluies torrentielles. Leur destruction remet en jeu cette fonction de protection acquise sur plusieurs décennies.
La reconstruction prendra du temps. L’ONF devra déterminer quelles parcelles peuvent se régénérer naturellement et lesquelles nécessiteront des replantations. La stabilité des sols, privés de la couverture forestière qui retenait les eaux de ruissellement, devient un enjeu immédiat pour les bassins versants de la zone.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Surface totale parcourue par le feu | 4 400 hectares |
| Surface forestière significativement impactée | 2 600 hectares |
| Part de forêts domaniales touchées | ~75 % |
| Montant de l’aide publique annoncée | 4 millions d’euros |
Source : La Tribune
Un impact économique qui pèse sur le tourisme et la filière bois

Au-delà des dégâts forestiers, l’économie drômoise encaisse le choc. L’évacuation de campings et de zones d’accueil touristique en pleine saison estivale prive les professionnels d’une partie de leurs recettes. Les acteurs économiques du territoire devront mener un travail de réassurance auprès des visiteurs pour rétablir la confréquentation dans les mois et années qui viennent.
La filière bois subit également des pertes. Les forêts domaniales touchées produisaient du bois d’Å“uvre et assuraient des revenus réguliers aux communes propriétaires. Leur disparition prive ces collectivités de ressources et fragilise les entreprises de transformation locales, qui dépendent de l’approvisionnement régional.
Les 4 millions d’euros promis par les pouvoirs publics visent à soutenir la reconstruction et à compenser une partie des pertes économiques. Mais la restauration complète des fonctions écologiques et économiques de ces forêts prendra plusieurs décennies. L’ONF devra arbitrer entre régénération naturelle et replantation, entre restauration rapide et laisser le temps aux écosystèmes de se reconstituer seuls.
Reconstruction forestière : les défis de l'ONF
L’année 2026 confirme l’ampleur des feux en France
L’incendie du Diois s’inscrit dans une année 2026 marquée par une intensification des feux de forêt en France. Le seuil des 115 000 hectares brûlés a déjà été franchi au niveau national, un chiffre supérieur au cumul de 2025 et jamais atteint aussi tôt dans le calendrier[5]. La Gironde enregistre à elle seule près de 42 000 hectares détruits et plus de 200 000 habitants évacués.
Les coûts immédiats des interventions de lutte contre le feu se chiffrent entre 10 et 12 millions d’euros par opération de grande ampleur. Mais l’impact économique ne s’arrête pas à l’extinction des flammes. La fréquentation touristique des zones sinistrées chute généralement d’environ 40 % l’année suivant un incendie majeur. En Gironde, la Chambre de commerce et d’industrie recensait dès vendredi dernier 6 700 entreprises directement affectées par les conséquences des incendies[5].
Dans le Diois, les équipes de l’ONF vont désormais travailler à stabiliser les sols, évaluer la capacité de résilience des écosystèmes et planifier les opérations de restauration. Un chantier de long terme qui engage les finances publiques et la capacité des territoires à absorber les chocs climatiques répétés.
Incendie du Diois : les chiffres du sinistre
- L'incendie s'est déclaré le 24 juin 2026 suite à un impact de foudre près de Die et a été stabilisé le 16 juillet
- 4 400 hectares ont été ravagés, dont 2 600 hectares de forêts significativement impactés selon l'ONF
- L'État, le département et la région ont annoncé une aide d'environ 4 millions d'euros
- Les forêts touchées sont majoritairement domaniales (75 %), plantées entre 1900 et 1950 pour protéger les villages
- L'ONF devra surveiller la régénération naturelle et analyser les impacts sur les bassins versants
- La France a franchi le seuil de 115 000 hectares brûlés en 2026, un record atteint plus tôt qu'en 2025
Sources
1 source · 2 faits vérifiés

