Monté en moins de trois mois, l’Isula Festival a investi l’esplanade de la Major à Marseille du 7 au 9 juin 2026, visant 15 000 visiteurs pour sa première édition.
Le pari était ambitieux pour un événement lancé dans un délai aussi court. Derrière le projet, Audrey Lucchinacci, dirigeante du Son des Guitares, salle marseillaise forte de 45 ans de savoir-faire événementiel. Née à Marseille de grands-parents corses, elle assume clairement la dimension personnelle de l’initiative : « C’est mon histoire », a-t-elle confié à La Provence lors de l’ouverture. L’objectif qu’elle formule est tout aussi direct : « Montrer toutes les valeurs de la Corse à travers les artisans et la gastronomie » et « célébrer le lien naturel de la Corse avec Marseille ».
Le terrain était favorable. La région compte près de 200 000 personnes d’origine corse, un vivier qui explique que les files d’attente se soient formées dès l’ouverture des portes le dimanche matin. « Dès l’ouverture, il y avait la queue. On voit surtout des familles arriver, c’est qu’il y a une vraie attente », a observé Lucchinacci.
Trois jours, trois axes : terroir, débats et nuit musicale
Le festival s’est articulé autour d’un village réunissant producteurs, artisans, créateurs et restaurateurs corses. L’offre allait des produits du terroir à l’artisanat traditionnel et aux créations contemporaines, avec la volonté affichée de faire de l’espace un lieu de transmission plutôt qu’une simple vitrine commerciale.[1]
La programmation du lundi 8 juin illustre cette ambition plurielle : table ronde sur le tourisme à 9h30, puis sur la décarbonation et les infrastructures à 10h30, avant une inauguration protocolaire à 11h30. L’après-midi a enchaîné sur l’entrepreneuriat et l’innovation à 15h30, suivi de séances de dédicaces avec le cardinal François-Xavier Bustillo, évêque d’Ajaccio, à 16h.[3]
La journée du mardi 9 juin a été confiée au Son des Guitares pour une clôture musicale jusqu’à 2 heures du matin, en partenariat avec la salle qui a initié le projet.
Le cardinal Bustillo et une messe au coeur du programme
La présence du cardinal Bustillo a donné au festival une portée qui dépassait le seul événement culturel. Une messe célébrée par l’évêque d’Ajaccio le lundi soir à 19h a superposé dimension spirituelle et temps de retrouvailles communautaires pour la diaspora corse installée sur le continent.[2]
Cette concomitance entre célébration religieuse, rencontres économiques et festival populaire constitue précisément ce que les organisateurs cherchaient à construire : un rendez-vous qui parle à la fois aux familles corses de Marseille et au public marseillais sans racines insulaires.
Pourquoi ce festival Corse-Marseille compte
Un rendez-vous annuel, si la jauge est au rendez-vous
Les organisateurs tablaient sur 15 000 visiteurs pour cette première. L’ambition déclarée est de faire de l’Isula Festival un événement annuel ancré dans la cité phocéenne.[5]
Le nom choisi ne doit rien au hasard : Isula signifie « île » en corse. Le mot résume l’intention, faire exister l’identité insulaire sur le continent, sans la figer dans une image folklorique. Les tables rondes sur la décarbonation, les infrastructures et l’entrepreneuriat signalaient une Corse qui entend aussi parler d’avenir quand elle se présente à Marseille.
Isula Festival 2026 : les chiffres et faits clés
- Première édition, montée en moins de trois mois par Audrey Lucchinacci et le Son des Guitares.
- Esplanade de la Major à Marseille, du 7 au 9 juin 2026.
- 15 000 visiteurs attendus, files dès l'ouverture le dimanche matin.
- Tables rondes sur la décarbonation, le tourisme et l'entrepreneuriat au programme.
- Messe célébrée par le cardinal Bustillo, évêque d'Ajaccio, le lundi 8 juin à 19h.
- Clôture musicale jusqu'à 2h du matin le mardi, en partenariat avec Le Son des Guitares.
Sources
4 sources · 4 faits sourcés

