Réunis à Marseille lors de l’Isula Festival du 7 au 9 juin, acteurs du transport, du numérique et de l’économie circulaire ont tracé des pistes pour adapter les infrastructures corses aux contraintes environnementales.
L’événement, porté par Audrey Lucchinacci, a réuni des intervenants issus de secteurs variés autour d’une table ronde consacrée à la transition des infrastructures : transports, énergie, décarbonation, numérique, économie circulaire. L’occasion de mesurer ce qui se fait déjà et ce qui reste à construire.
Air Corsica : 85 % de flotte renouvelée, 40 % de carburant économisé sur certains appareils
C’est Air Corsica qui a apporté les données les plus concrètes. Marie-Hélène Casanova-Servas, présidente du conseil de surveillance de la compagnie, a détaillé les leviers activés : le renouvellement de la flotte, achevé à 85 %, s’appuie sur des Airbus A320neo présentés comme « plus économes en carburant et plus verts », et sur des ATR 72-600 qui permettent d’économiser 40 % de carburant. L’écopilotage et le tri des déchets à bord complètent le dispositif.
Les aéroports sont aussi dans la boucle. Olivier Valéry a cité Bastia en exemple : la consommation d’électricité y a été divisée par 3 grâce à des mesures d’économies d’énergie.
Kévin Polizzi (Unitel Group) : la data aussi est un transport
Le volet numérique a été porté par Kévin Polizzi, président d’Unitel Group, pour qui le transport « c’est aussi celui de la data ». Sa conviction : « Les infrastructures de Marseille et de Corse sont complémentaires » et « reconfigurent l’économie de la région et de la Corse ». Numérique et intelligence artificielle, selon lui, doivent être intégrés dès maintenant à la réflexion sur les nouvelles transitions, et non traités comme un sujet séparé.
Le positionnement de Marseille comme hub de câbles sous-marins et de datacenters donne à cet axe une réalité géographique. La Corse, en bout de réseau, a intérêt à arrimer sa stratégie numérique à celle de la métropole phocéenne.
220 000 tonnes de déchets par an : l’économie circulaire cherche ses débouchés
Maxime Ducoulombier, président d’Ecosens-Synchronicity, a posé la question sans détour : avec 220 000 tonnes de déchets produits chaque année en Corse, comment en faire une opportunité économique ? Il défend une « économie du bon sens », fondée sur la valorisation locale des flux de matières plutôt que sur leur exportation vers le continent. [1]
Le chantier est d’ampleur. L’insularité renchérit chaque étape de la chaîne logistique, ce qui complique les modèles économiques habituels de l’économie circulaire. Les pistes évoquées lors de l’Isula Festival n’ont pas encore été rendues publiques dans le détail, l’article source étant réservé aux abonnés de Corse Matin.
Le prochain rendez-vous de l’Isula Festival n’a pas été annoncé, mais l’édition 2026 a posé un cadre : les infrastructures corses, qu’elles soient physiques, numériques ou logistiques, ne peuvent plus être pensées indépendamment des contraintes climatiques et des flux de données.
Sources
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