Justine Dupont a remporté le Nazaré Big Wave Challenge 2025 en décembre, conservant son titre face à des vagues de 12 à 15 mètres.
C’est la cinquième victoire de la Française dans l’épreuve. Installée au Portugal avec sa famille, elle s’entraîne à Nazaré, là où elle a affronté en décembre dernier une vague de 20 mètres. La multi-championne du monde de surf de gros glisse sur des faces qui dépassent la hauteur d’un immeuble.
Le 14 décembre 2025, le jury du Nazaré Big Wave Challenge a appelé la compétition. Une houle massive de l’Atlantique a poussé les plus grosses vagues jamais vues dans l’épreuve, avec des faces atteignant 40 à 50 pieds, soit 12 à 15 mètres. Dupont a décroché deux notes : 6,9 doublée et 6,07, pour un total de 19,87 points. Elle devance la Brésilienne Michelle des Bouillons (17,5 points) et la Britannique Laura Crane (11,93 points).
« C’était une journée de folie, je suis tellement heureuse de la victoire. Je veux remercier Eric Rebiere, c’est le meilleur pilote », a déclaré Dupont après la finale[2]. Son pilote de jet-ski la tracte jusqu’à la vague, puis la récupère en cas de chute. La synchronisation doit être parfaite.
Lucas Chianca enchaîne deux wipeouts et gagne
Chez les hommes, le Brésilien Lucas Chianca a remporté sa cinquième victoire. Son parcours a été violent : lors de sa première vague, il passe par-dessus la crête et reste sous l’eau près de 30 secondes[2]. Pedro Vianna, son pilote, le récupère. Chianca repart immédiatement sur une autre vague, retombe à nouveau. Après le premier heat, il mène avec 23,60 points contre 23,46 pour le Portugais Nic von Rupp.
Le canyon sous-marin de Nazaré s’étend sur 230 kilomètres et plonge jusqu’à 5 000 mètres de profondeur. Lorsque les houles de l’Atlantique pénètrent dans ce canyon, leur énergie se canalise et s’amplifie, projetant des vagues géantes à l’embouchure, à Praia do Norte. Aucun autre spot au monde ne possède une telle combinaison d’eaux profondes si proches du rivage[4].
En 2011, l’Américain Garrett McNamara a surfé une vague de 24 mètres à Nazaré. Les images virales ont propulsé la petite ville portugaise sur la carte mondiale du surf de grosses vagues. Six ans plus tard, le Brésilien Rodrigo Koxa a battu le record avec une vague de 24,4 mètres[1]. En 2018, le Portugais Hugo Vau aurait surfé une vague de 35 mètres surnommée « la big mama », mais la validation est toujours en attente.
Janvier 2026 : une houle « extrême » attendue
Du 23 au 25 janvier 2026, les modèles prévisionnels annonçaient une houle d’une énergie « absolument impressionnante », avec des vagues géantes dépassant 25 mètres de hauteur. La prévision parlait d’« une énergie de houle extrême, parmi les plus puissantes jamais montrées par les modèles au fil des années »[3].
Le 14 mars 2026, une nouvelle houle puissante a atteint Nazaré, générant des vagues de 15 mètres environ. Le vent a soufflé fort par moments, perturbant les conditions, mais des périodes de vent plus léger ont permis quelques sessions. Les 18 et 19 mars, la force de la houle a augmenté, produisant des vagues « grandes à géantes », avec un vent offshore fort qui a aidé à maintenir les vagues mais a aussi compliqué les conditions[3].
| Date | Événement | Détails |
|---|---|---|
| 14 déc. 2025 | Nazaré Big Wave Challenge | Justine Dupont (France) et Lucas Chianca (Brésil) gagnent. Vagues de 12-15 mètres. |
| 23-25 janv. 2026 | Houle extrême | Prévisions de vagues géantes dépassant 25 mètres. Énergie « parmi les plus puissantes jamais montrées ». |
| 14 mars 2026 | Houle puissante | Vagues d’environ 15 mètres. Vent fort par moments. |
| 18-19 mars 2026 | Vagues grandes à géantes | Vent offshore fort. Conditions complexes. |
Source : Nazaré Big Waves
Pourquoi le surf redessine le littoral portugais
Praia do Norte : le fort du XVIe siècle devenu musée du surf
La meilleure place pour observer les vagues se trouve au fort de São Miguel Arcanjo, monument du XVIe siècle qui surplombe Praia do Norte. Le fort abrite un musée du surf avec des planches laissées par les athlètes qui ont osé affronter ces vagues. À l’entrée, une arche accueille les visiteurs avec l’inscription « Bienvenue aux plus grosses vagues du monde »[1].
La saison des grosses vagues s’étend d’octobre à février, lorsque les houles de l’Atlantique frappent la côte à pleine puissance. Nazaré n’est plus une ville calme hors saison estivale : hôtels et restaurants affichent complet pendant six mois de l’année[1].
À 20 minutes de Lisbonne, sur la côte de Caparica, les plages se remplissent dès le petit matin. « Tous les matins, on s’entraîne tous les matins », glisse un habitué. Les surfeurs viennent du monde entier : Portugais, Brésiliens, Français. « Il y a des gens de partout. Donc ne venez pas ici, il y a déjà trop de monde ! », plaisante une surfeuse.
Un hôtel transformé en surf lodge de 10 millions d’euros
Le Praia do Sol, plus vieil hôtel de Caparica, est en pleine rénovation. Romain Dian, un Français, pilote le projet avec deux associés. Investissement : 10 millions d’euros pour une refonte complète. « Donc là, je vais vous montrer la surf zone. Évidemment, il faut un peu d’imagination parce qu’elle est encore en chantier. Là, il y aura par exemple des jets d’eau hyperpuissants type Karcher qui permettent très rapidement de nettoyer vos combinaisons avec des racks en métal qui permettront de les sécher », détaille-t-il.
Le projet prévoit cinquante chambres équipées de bureaux pour le télétravail, un espace bien-être avec bain froid pour récupérer, et une vue directe sur l’océan. « L’école de surf, elle est juste là, on la voit du rooftop », ajoute Dian. L’hôtel devrait rouvrir d’ici quelques mois.
Romain Dian n’y voit pas un effet de mode. « Je ne pense pas du tout que ce soit une mode. C’est quand même un sport qui existe depuis maintenant une bonne cinquantaine, soixantaine d’années. C’est un sport qui est très aligné aussi avec les valeurs de notre époque », assure-t-il.
Caparica déborde d’écoles et de boutiques de surf
Les écoles de surf et les boutiques de planches se multiplient sur les plages. José Rydel, moniteur, voit affluer les élèves. « Les plages sont de plus en plus blindées. Même parfois un peu trop pour les locaux. Mais pour les leçons, ça nous arrange. » Esmee Broers, 16 ans, néerlandaise, découvre la glisse à Caparica. « La première fois que j’ai vu les vagues, j’ai eu peur. Mais maintenant, ça va mieux ! », confie-t-elle.
Le Portugal offre près de 1 000 kilomètres de littoral. Le pays est devenu le paradis européen du surf. Justine Dupont résume : « Les vagues au Portugal, je dirais qu’elles sont très variées. Il y a plein de vagues différentes, d’endroits différents. Et Nazaré, c’est là où il y a les plus grosses vagues au monde. »
Le surf redessine le littoral portugais. La culture de la vague attire des touristes, des investisseurs, des athlètes. Nazaré et Caparica incarnent cette transformation. Une lame de fond dans le pays des navigateurs.
Nazaré 2025-2026 : les faits marquants
- Justine Dupont remporte le Nazaré Big Wave Challenge 2025 pour la cinquième fois, deuxième victoire consécutive.
- Lucas Chianca gagne chez les hommes après deux wipeouts violents et une immersion de 30 secondes.
- Le canyon sous-marin de Nazaré plonge à 5 000 mètres et canalise les houles de l'Atlantique, créant les plus grosses vagues surfables.
- Janvier 2026 : prévisions d'une houle extrême dépassant 25 mètres, parmi les plus puissantes jamais modélisées.
- Romain Dian investit 10 millions d'euros pour transformer le plus vieil hôtel de Caparica en surf lodge avec 50 chambres.
- Les plages portugaises débordent d'écoles de surf et de boutiques, attirant surfeurs du monde entier.
Sources
4 sources · 8 faits vérifiés

