Du 25 au 28 juin 2026, la Pool Art Fair de Guadeloupe tient sa 17ᵉ édition à Pointe-à -Pitre avec 120 artistes exposés et Barthélémy Toguo comme invité.
Dix-sept ans. C’est l’âge de ce rendez-vous artistique installé chaque année sur le quai du Terminal de Croisière de Pointe-à -Pitre. La Pool Art Fair, lancée en 2010 par Thierry Alet, organisateur et artiste, s’impose désormais comme l’un des salons d’art contemporain les plus attendus de la Caraïbe. L’édition 2026 en témoigne : entre le 25 et le 28 juin, plus de 120 artistes sont représentés sur 72 stands, des visiteurs ont traversé l’océan depuis Madagascar, l’Allemagne, Haïti, le Sénégal ou le Japon, et les collectivités locales se mobilisent comme partenaires historiques.
Thierry Alet ne gère pas un événement. Il construit un écosystème. Lors de l’inauguration, il salue son équipe, les sponsors, les collectivités, puis annonce les nouveautés de cette cuvée : le Prix du Département, né d’un dialogue avec le Conseil départemental et Michel Mado, permet maintenant d’acquérir des Å“uvres d’artistes émergents. La venue de Rachida Karout, commissaire auprès du président de la République pour la diaspora africaine, signale que le salon entend peser dans les grandes conversations mondiales sur l’émergence afro-caribéenne. Enfin, il lance un appel urgent : former une nouvelle génération de critiques d’art en Guadeloupe, où un vide générationnel de quarante ans pèse sur la discipline, pourtant indispensable à la vitalité du marché.
Un vernissage privé le 25 juin, trois jours ouverts au public
Le programme débute le jeudi 25 juin par un vernissage privé à partir de midi, qui s’étire jusqu’à 22 heures. Le public accède ensuite au salon du vendredi 26 au dimanche 28 juin, de midi à 20 heures[1]. Les scolaires visitent le vendredi matin, une nocturne est organisée le vendredi soir, et le samedi 27 juin est consacré à Corpus Christi, festival de la performance contemporaine qui réunit chaque année des artistes de disciplines variées pour des créations inédites[3].
Cette année, le camerounais Barthélémy Toguo est l’artiste invité, exposé au stand G13[3]. À ses côtés, des collectifs, galeries et artistes indépendants venus de toute la Caraïbe et d’ailleurs occupent les travées du terminal. Parmi les exposants, l’association L’Art s’en mêle propose au stand G1 les univers de Catherine Pugliesi-Conti, PAVA et Viie[1]. Le salon décline également des satellites hors les murs : l’ArtDiASPORA Salon Art & Design à la Maison Victoire à Pointe-à -Pitre, une exposition collective à la Creolitan Gallery de Baie-Mahault du 6 au 30 juin, et une résidence de Gaëlle Choisne à l’habitation La Ramée jusqu’au 30 juin[5].
Institutions et partenaires au rendez-vous
Le Préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, n’a pas caché son enthousiasme en découvrant l’ampleur du salon cette année : « C’est une bouffée d’oxygène absolument incroyable. » Il souligne le rôle de la Pool Art Fair dans la structuration du secteur des arts visuels sur un territoire insulaire, rappelant qu’une manifestation qui allie enjeux économiques et diffusion de la création contemporaine relève de « la nécessité ».
Le conseiller municipal de Pointe-à -Pitre délégué au Tourisme et aux Arts urbains, Malik Otrante, résume : la Guadeloupe n’est pas qu’une île de beauté et d’histoire, elle est aussi un territoire de création, d’innovation et d’avant-garde artistique. L’ambition portée depuis dix-sept ans par la Pool Art Fair consiste à faire de Pointe-à -Pitre une référence culturelle dans la Caraïbe, et de l’archipel un lieu qu’on visite autant pour son art contemporain que pour ses paysages.
Le Grand Port Maritime de Guadeloupe, partenaire historique et hôte de l’événement au Terminal de Croisière, incarne cet engagement institutionnel de long cours. Christophe Louis, mécène fondateur du salon et fondateur de Caraïbes Location Ingénierie, rappelle lui aussi l’importance d’accompagner les jeunes artistes et de mettre l’art au cÅ“ur des dialogues entre cultures[4]. Depuis 2014, la Pool Art Fair s’engage à faire rayonner les talents afro-caribéens et à faire se rencontrer créateurs et publics.
Pourquoi ce salon compte dans la Caraïbe
Un écosystème artistique à consolider
Thierry Alet insiste sur un point qui dépasse le salon lui-même : la Guadeloupe manque cruellement de critiques d’art. Un vide générationnel de quarante ans s’est creusé dans cette profession, indispensable au fonctionnement d’un marché de l’art structuré. Sans regard critique, sans discours éclairé qui accompagne et contextualise les Å“uvres, la création contemporaine peine à trouver son ancrage. L’appel lancé lors de l’inauguration vise à susciter des vocations, à former des regards, à donner une voix écrite à ce qui se crée en Guadeloupe et dans la Caraïbe.
Cette préoccupation rejoint un objectif plus large : ne pas se contenter d’un événement brillant trois jours par an, mais bâtir une infrastructure culturelle durable. Le Prix du Département, qui permet l’acquisition d’Å“uvres d’artistes émergents, participe de cette logique. Il offre une reconnaissance institutionnelle aux talents en début de parcours, leur ouvre des portes, leur apporte une visibilité qui dépasse le stand d’exposition.
Conférences, ateliers et rencontres autour de la diaspora
Le programme 2026 ne se limite pas à l’exposition. Le mercredi 24 juin, avant l’inauguration, se tient DIAM II (Diaspora International Art Meet), un déjeuner-conférence consacré à la diaspora à l’Arawak Beach Resort[5]. Le soir même, les participants internationaux sont accueillis pour une présentation de la collection Pierre et Corinne Sainte-Luce, suivie d’une sortie nocturne sur réservation. Le vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28, le salon accueille des ateliers artistiques, des conférences et des rencontres avec les artistes[1].
Corpus Christi, le festival de la performance contemporaine organisé le samedi 27 juin[3], constitue le temps fort de l’édition. Chaque année, plusieurs artistes issus de disciplines variées se mettent en relation pour créer des performances originales. Les scénographies changent d’une édition à l’autre, adaptées à l’inspiration et aux collaborations du moment. Ce format offre une expérience artistique vivante, où le corps, la voix, le geste prennent le relais de l’Å“uvre statique accrochée au mur.
Rayonnement régional et international
La Pool Art Fair a passé l’âge des démonstrations. Son rayonnement ne se mesure plus seulement au nombre de visiteurs locaux, mais à la diversité des provenances. Des collectionneurs, des galeristes, des artistes voyagent depuis l’Afrique, l’Europe, l’Asie pour rejoindre Pointe-à -Pitre fin juin. Cette attractivité transforme le salon en plateforme d’échanges, où les scènes artistiques caribéennes, africaines et européennes se croisent, se comparent, s’influencent.
Le choix de Barthélémy Toguo comme artiste invité en 2026 illustre cette ambition. Toguo, figure camerounaise majeure de l’art contemporain, expose régulièrement en Europe et aux États-Unis. Sa présence au stand G13 de la Pool Art Fair ancre le salon dans les circuits de l’art mondial, tout en offrant au public guadeloupéen un accès direct à une Å“uvre internationalement reconnue[3].
Hors les murs, l’ArtDiASPORA Salon Art & Design occupe la Maison Victoire du 26 au 28 juin, avec un vernissage le 25 juin à 18 heures. Seize créateurs y exposent, dont Alexd Picture, AurelM, Calligan, Maria Diaz, Egzo L’Arkemyst, Mathieu Josset, LaKombo, Maxou, Roseman Robinot, Marco Scaglioni, Teléa, Johana Vala et VYA[5]. À Baie-Mahault, la Creolitan Gallery propose du 6 au 30 juin une exposition collective intitulée « D’après une légende… », tandis qu’au Gosier, L’Art s’En Mêle accueille du 16 juin au 4 juillet « Héritage en couleurs », exposition collective réunissant Chad, Lucien Leogane, Maurice Vital, Alain Salevor, Klodie Cancelier et l’invité martiniquais Habdaphaï[5].
Un événement qui trace son sillon
La Pool Art Fair ne cherche plus à convaincre. Elle trace son sillon. Thierry Alet et son équipe ont bâti, édition après édition, une manifestation qui allie exigence artistique, ancrage territorial et ouverture internationale. Le salon ne survit pas par hasard : il repose sur une vision tenue avec constance, une organisation qui se réinvente sans se renier, et une communauté d’artistes, de partenaires institutionnels et de fidèles qui en ont fait leur rendez-vous annuel.
Avec 120 artistes exposés en 2026, des visiteurs venus de quatre continents, le soutien du Préfet, des collectivités locales et du Grand Port Maritime, la Pool Art Fair confirme qu’elle dépasse largement le cadre d’un événement local. Elle incarne un projet culturel ambitieux : faire de la Guadeloupe un territoire de création reconnu, où l’art contemporain irrigue le débat public, attire les regards internationaux et offre aux artistes caribéens une scène à la hauteur de leur talent.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Édition | 17ᵉ |
| Artistes exposés | 120 |
| Stands | 72 |
| Dates | 25-28 juin 2026 |
| Artiste invité | Barthélémy Toguo (Cameroun) |
| Horaires grand public | 26-28 juin, 12h-20h |
Source : PooL ART FAIR, Guadeloupe Islands
Pool Art Fair Guadeloupe 2026 : ce qu'il faut retenir
- La 17ᵉ édition de la Pool Art Fair se tient du 25 au 28 juin 2026 à Pointe-à -Pitre, avec 120 artistes sur 72 stands.
- Barthélémy Toguo, artiste camerounais, est l'invité 2026 et expose au stand G13.
- Le festival de la performance Corpus Christi se déroule le samedi 27 juin, avec des créations inédites.
- Thierry Alet appelle à former une nouvelle génération de critiques d'art en Guadeloupe, où un vide de quarante ans pèse sur la discipline.
- Le Préfet Thierry Devimeux salue « une bouffée d'oxygène absolument incroyable » et souligne le rôle structurant du salon pour le secteur des arts visuels.
- Le Prix du Département, lancé en partenariat avec le Conseil départemental et Michel Mado, permet l'acquisition d'œuvres d'artistes émergents.
Sources
4 sources · 12 faits sourcés
