Une nouvelle séquence filmée en Chine offre un aperçu plus précis du J-XDS, également désigné J-50, l’un des mystérieux avions de combat de nouvelle génération développés dans le pays. Son nez désormais gris clair, ses tuyères modifiées et la disparition apparente d’un instrument d’essai suggèrent une évolution du prototype, sans permettre d’établir avec certitude son niveau de maturité.
Ces images restent officieuses et doivent être interprétées avec prudence. Elles permettent néanmoins d’observer plusieurs choix techniques inhabituels sur cet appareil furtif conçu par Shenyang Aircraft Corporation.
Un vol à basse altitude qui ressemble à une approche
Le J-XDS a été filmé à faible hauteur, vraisemblablement près des installations de son constructeur. L’avion apparaît avec son train d’atterrissage sorti et ses surfaces mobiles situées aux extrémités des ailes orientées vers l’arrière. Sa trajectoire et cette configuration laissent penser qu’il pouvait être en phase d’approche.
Ces extrémités mobiles jouent un rôle important dans le pilotage. Actionnées séparément, elles peuvent contribuer au contrôle du roulis. Lorsqu’elles évoluent ensemble, elles peuvent également intervenir dans le contrôle du tangage.
Le nouveau radôme ne prouve pas encore la présence d’un radar

Le changement le plus visible concerne l’avant de l’appareil. Le radôme arbore une couleur différente du reste de la cellule, une caractéristique parfois observée lorsque les prototypes commencent à recevoir leurs équipements de mission.
Cette évolution pourrait donc signaler l’installation d’un radar. Elle ne constitue toutefois aucune preuve directe : les méthodes d’essai et les conventions de peinture varient selon les constructeurs et les programmes.
Autre détail notable, aucune perche de mesure ni sonde Pitot ne semble clairement dépasser du nez. La combinaison de cette absence apparente et du radôme repeint peut correspondre à une nouvelle configuration d’essais.
Des tuyères plus grandes et un capteur sous le nez
Les images montrent également des tuyères d’échappement élargies. L’hypothèse d’un recours au moteur chinois WS-15 est évoquée, mais elle demeure non confirmée. Une précédente observation au sol avait révélé des tuyères orientables en deux dimensions, dotées de surfaces séparées rappelant, dans leur principe, celles du F-22 américain.
Sous le nez apparaît par ailleurs une ouverture de forme losangée. Son aspect évoque les systèmes électro-optiques de ciblage intégrés à certains avions de combat modernes, notamment le F-35. Sa fonction exacte n’est cependant pas connue.
Le nombre d’appareils engagés dans les essais reste lui aussi incertain. L’expert Andreas Rupprecht estime que trois exemplaires du J-XDS pourraient voler, mais cette évaluation ne bénéficie d’aucune confirmation officielle chinoise.
Un autre avion chinois associé à un mystérieux système laser

En parallèle, une affiche présentée lors de la 14e exposition chinoise internationale d’électronique de défense mentionne un système d’acquisition, de suivi et de pointage destiné au J-36, un appareil chinois plus imposant doté de trois moteurs.
Le document associe ce dispositif à une « arme laser ». Cette formulation pourrait renvoyer à une arme à énergie dirigée, mais l’affiche ne permet de déterminer ni la fonction réelle du système ni son stade de développement. Il pourrait tout aussi bien participer à la détection, au ciblage ou au guidage.
L’illustration représente une tourelle capable de s’orienter dans plusieurs directions. Sur un avion furtif, un équipement constamment exposé compliquerait la gestion de la traînée et de la signature radar. Une installation rétractable ou logée dans la cellule serait donc envisageable, sans être confirmée.
Le troisième moteur du J-36 pourrait offrir une capacité supplémentaire de production électrique, potentiellement utile à un laser puissant. Cette lecture reste spéculative : l’architecture énergétique de l’avion demeure inconnue, tout comme le rôle précis de ce moteur.
Ce qu’il faut retenir de ces nouvelles images
La nouvelle apparence du J-XDS témoigne probablement de la poursuite active de ses essais. Les éléments les plus intéressants sont :
- un radôme gris clair pouvant correspondre à une évolution des équipements embarqués ;
- l’absence apparente de sonde de mesure sur le nez ;
- des tuyères modifiées et des extrémités d’ailes mobiles toujours présentes ;
- un possible système électro-optique sous l’avant de l’appareil.
Pour le lecteur, l’essentiel est de distinguer ce que les images montrent réellement de ce qu’elles suggèrent. Elles attestent d’une configuration en évolution, mais ne prouvent ni l’installation d’un radar précis, ni l’emploi du moteur WS-15, ni l’existence opérationnelle d’une arme laser chinoise.

