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Le Royaume-Uni taxe les électriques dès 2028 : 286 € par an et 440 000 ventes en moins attendues

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À partir d’avril 2028, le Royaume-Uni taxera les voitures électriques au kilomètre parcouru. Une première en Europe qui annonce un changement profond de fiscalité automobile.

Le gouvernement britannique vient de confirmer l’instauration de l’Electric Vehicle Excise Duty (eVED). Les propriétaires de véhicules 100 % électriques paieront 3 pence par mile, soit environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre. Pour un automobiliste parcourant 13 000 km par an, la facture s’élèvera à 242 livres sterling, environ 286 euros au cours actuel.

Les hybrides rechargeables ne sont pas épargnés : ils seront taxés à 1,5 pence par mile, soit 121 livres (143 euros) pour le même kilométrage. Le gouvernement justifie cette différence par le fait que ces véhicules paient déjà une taxe sur le carburant consommé.

Le système repose sur une déclaration annuelle du kilométrage lors du renouvellement de la taxe sur les véhicules. Le relevé du compteur sera ensuite vérifié notamment lors du contrôle technique. Londres a écarté l’idée d’imposer des contrôles spécifiques pour les véhicules de moins de trois ans et exclut tout suivi GPS, selon la réponse officielle à la consultation publique close en mars 2026[1].

En chiffres
286 €
Coût annuel moyen pour 13 000 km
Voiture électrique au Royaume-Uni en 2028
440 000
Ventes d'électriques en moins attendues
Entre 2025 et 2031
1,1 Md £
Rendement budgétaire dès 2028-2029
Puis 1,865 milliard en 2030-2031
7 à 10 Md €
Perte de recettes fiscales en France dès 2030
Selon le Conseil des prélèvements obligatoires

Un rendement budgétaire de 1,1 milliard de livres dès la première année

L’objectif affiché est de compenser l’érosion des recettes fiscales sur les carburants. La note budgétaire publiée par HM Treasury prévoit un rendement de 1,1 milliard de livres sterling en 2028-2029, puis 1,435 milliard en 2029-2030 et 1,865 milliard en 2030-2031. Les tarifs augmenteront chaque année avec l’inflation à compter de l’exercice 2029-2030[4].

Le gouvernement assume le principe : « les automobilistes qui conduisent davantage devraient contribuer davantage ». Une logique qui s’applique désormais aussi aux électriques, alors que seuls les modèles essence et diesel payaient jusqu’ici la fuel duty à la pompe[3].

L’Office for Budget Responsibility anticipe toutefois un effet de bord : l’eVED et les mesures associées réduiraient les ventes de voitures électriques d’environ 120 000 unités entre 2025-2026 et 2030-2031. Un recul de 2 % seulement des volumes anticipés sur la période selon les prévisions officielles, mais qui pourrait grimper à 440 000 ventes en moins selon d’autres estimations du secteur.

Recettes attendues de la taxe britannique sur les électriques
Exercice fiscal Rendement (en milliards de livres)
2028-2029 1,1
2029-2030 1,435
2030-2031 1,865

Source : Auto Plus

Un précédent qui pourrait inspirer toute l’Europe

Route anglaise grise, voiture électrique immobilisée avec panneau de taxe routière
Route anglaise grise, voiture électrique immobilisée avec panneau de taxe routière — Photo : Jonathan Borba / Pexels

Le Royaume-Uni devient le premier pays européen à faire basculer la voiture électrique dans une fiscalité d’usage. Tous les États qui ont encouragé l’électrification se retrouvent face à la même équation budgétaire : moins de moteurs thermiques signifie moins de carburant vendu, donc des recettes fiscales en chute libre.

La France n’a annoncé aucune taxe nationale au kilomètre sur les véhicules électriques particuliers. Mais le sujet n’est plus tabou. Dans son rapport de juin 2026 intitulé Quel avenir pour la fiscalité de l’énergie ?, le Conseil des prélèvements obligatoires analyse précisément les conséquences budgétaires de l’électrification[5].

Selon les projections de la direction générale du Trésor reprises dans ce document, les recettes nettes de l’accise sur les énergies pourraient diminuer de 7 à 10 milliards d’euros dès 2030, à tarifs fiscaux constants. La perte atteindrait entre 15 et 30 milliards d’euros en 2050. Elle proviendrait principalement des transports.

Le précédent britannique place désormais la taxation kilométrique parmi les scénarios possibles pour compenser ce manque à gagner. D’autres pays européens observent de près l’expérience de Londres, qui pourrait servir de modèle ou de repoussoir selon les résultats obtenus.

Pourquoi cette taxe britannique fait débat en Europe

Un trou budgétaire européen
La disparition des taxes sur les carburants fossiles crée un manque à gagner de plusieurs milliards d'euros par an. Tous les États devront trouver une solution.
Freinage de la transition
L'Office for Budget Responsibility anticipe 120 000 ventes d'électriques en moins sur cinq ans. D'autres estimations vont jusqu'à 440 000 véhicules.
Un modèle pour l'Europe
Le Royaume-Uni devient le premier grand pays européen à basculer vers une fiscalité d'usage sur l'électrique. La France observe de près l'expérience britannique.
Principe pollueur-payeur inversé
La taxe s'applique désormais aussi aux véhicules zéro émission, sur le principe que tous les automobilistes contribuent aux embouteillages et à l'usure des routes.

Le soutien à l’achat maintenu malgré la nouvelle taxe

Londres n’abandonne pas pour autant l’électrification de son parc automobile. Une enveloppe de 7,5 milliards de livres sterling, soit environ 8,7 milliards d’euros, reste consacrée aux aides à l’achat de véhicules électriques. Les véhicules de moins de trois ans seront exemptés de contrôles kilométriques supplémentaires et ne seront pas soumis au contrôle technique annuel.

Le calcul reste simple pour l’automobiliste : fournir le relevé du compteur et une estimation du kilométrage annuel au moment du renouvellement de la taxe sur les véhicules. Un système administratif relativement léger, mais qui inquiète l’industrie automobile britannique, qui craint un ralentissement de la transition.

Les utilitaires électriques, les autobus, les autocars, les motos et les poids lourds restent pour l’instant exclus du dispositif. Le texte doit encore être adopté par le Parlement, mais les principaux contours de la mesure sont désormais connus.

En France, le débat pourrait rebondir rapidement. Les ventes de véhicules électriques ont bondi de 42,9 % en Europe rien qu’en mai 2026 selon l’ACEA. Au Royaume-Uni, les immatriculations de voitures électriques ont grimpé de 24,3 % depuis janvier 2026, avec un pic à 34,2 % pour le seul mois de mai. Un succès qui crée le problème budgétaire que la nouvelle taxe entend résoudre.

Taxe kilométrique britannique : les chiffres-clés

  • Le Royaume-Uni instaure une taxe de 3 pence par mile sur les électriques dès avril 2028
  • Les hybrides rechargeables paient moitié moins : 1,5 pence par mile
  • Le gouvernement britannique vise 1,1 milliard de livres de recettes dès la première année
  • Les utilitaires, bus et poids lourds restent exemptés du dispositif
  • En France, les recettes fiscales sur l'énergie pourraient chuter de 7 à 10 milliards d'euros dès 2030
Karim Lefort
Karim Lefort
Karim écrit sur l'automobile et les nouvelles mobilités. Renault, Stellantis, électrique, nouveaux modèles : il donne les chiffres qui comptent, autonomie, prix, délais, sans jamais virer à la fiche commerciale.

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