À la fin des années 1980, Mgombani était un quartier insalubre aux portes du centre-ville de Mamoudzou. Plus de 200 familles vivaient dans un habitat précaire, sans infrastructures dignes de ce nom. C’est là , à deux pas de l’avenue Andrianantsouli, que la commune a engagé l’une des premières grandes opérations de résorption de l’habitat insalubre (RHI) de Mayotte. Un chantier qui témoigne, quarante ans plus tard, des premières batailles pour transformer le chef-lieu et offrir un cadre de vie décent aux habitants.
Le projet démarre par d’importants travaux de remblaiement. Il faut préparer le terrain, désenclaver le secteur. Une piste d’accès de 350 mètres de long, avec une plateforme circulable de 3,50 mètres de large, est aménagée sur une surface de près de 13 300 m². L’objectif est clair : ouvrir le quartier, le rendre accessible, poser les bases d’un développement urbain cohérent.
À l’époque, un recensement réalisé par un bureau d’études fait état de plus de 200 familles vivant dans ce secteur insalubre. Ces chiffres, les élus les connaissent. Ils savent aussi que cette première phase n’est qu’un point de départ. L’ambition affichée est d’assainir entièrement la zone et de préparer son développement. La Société Immobilière de Mayotte (SIM), désignée comme aménageur et maître d’ouvrage délégué, est chargée d’accompagner la commune dans la réalisation du projet.
Des logements, mais aussi des écoles et des bureaux
Au-delà des logements, le programme prévoit la création d’équipements publics de proximité. Des écoles maternelles et primaires, des bureaux, des espaces destinés à accompagner le développement du chef-lieu. La SIM affirme vouloir adapter les constructions au contexte urbain de Mamoudzou. L’ambition est de réaliser un quartier moderne, en cohérence avec le développement du centre-ville, loin des modèles d’aménagement plus ruraux.
La première tranche de travaux représente un investissement de 3,5 millions de francs. Le coût total de l’opération est estimé à 50 millions de francs, financés par l’État, la collectivité et la commune de Mamoudzou. Un effort budgétaire considérable pour l’époque, qui traduit la volonté de transformer durablement le quartier.
Un chantier pionnier, une bataille qui continue
Quarante ans plus tard, ce chantier de Mgombani résonne comme le premier acte d’une longue série. Les opérations de résorption de l’habitat insalubre se sont multipliées à Mayotte, à Kawéni, à la Vigie, dans d’autres secteurs de Mamoudzou et du territoire. Mais le défi reste entier. En 2017, parmi les 73 880 logements recensés à Mayotte, une part importante présentait encore des conditions d’habitat extrêmement précaires[5]. La loi de refondation de Mayotte d’août 2025 prévoit 200 millions d’euros sur quatre ans pour l’aménagement, la résorption de l’habitat insalubre et la construction de 24 000 logements[5], sans pour autant indiquer précisément la part de logements sociaux, leur localisation ni la planification des opérations.
Ce reportage des années 1980, exhumé à l’occasion des quarante ans de la télévision à Mayotte, rappelle que la question du logement digne n’est pas nouvelle. Elle traverse l’histoire du territoire, de Mgombani à aujourd’hui. Et elle reste, plus que jamais, au cÅ“ur de l’avenir de Mayotte.
Sources
1 source · 2 faits vérifiés

