Après cinq semaines et demie de Coupe du monde à 48 nations, le bilan mêle prouesses sportives, inflation des tarifs et omniprésence du président américain.
Le Mondial 2026 s’est terminé dimanche 19 juillet dans le stade MetLife d’East Rutherford, près de New York. Pour la première fois, 48 sélections ont participé à la compétition, étalée sur les territoires canadien, états-unien et mexicain. Les États-Unis en ont accueilli 78 des 104 matchs. Donald Trump a remis le trophée au vainqueur aux côtés de Gianni Infantino. L’équipe de France termine quatrième.
La compétition a été marquée par l’interventionnisme présidentiel américain, la flambée des prix de billetterie et l’américanisation du format. La mi-temps de la finale a dépassé les quinze minutes réglementaires pour atteindre 27 minutes 24 secondes. Le coup d’envoi avait déjà été donné avec six minutes de retard. Mais de belles épopées et une ambiance dans les villes hôtes ont sauvé l’événement.
Mbappé décroche le record historique, Messi cale sur la ligne
Kylian Mbappé a inscrit 10 buts pendant le tournoi, s’emparant du soulier d’or et du record de buts en Coupe du monde. Lionel Messi, longtemps en tête avec 8 réalisations, a calé lors des derniers matchs. À 27 ans et pour sa troisième participation, le Français dépasse Just Fontaine, meilleur buteur tricolore avec 13 buts en 1958. Il efface aussi Miroslav Klose et ses 16 buts au compteur historique. Messi, qui a fêté ses 39 ans pendant la compétition, et Mbappé totalisent désormais respectivement 21 et 22 buts en phase finale de Coupe du monde[1].
Donald Trump a salué la performance de Messi lors de la demi-finale contre l’Angleterre. Il s’est enthousiasmé de sa passe décisive pour Lautaro Martinez : « Il s’est créé l’espace. Il a tapé dans le ballon. C’était presque de la perfection. » Le président américain a également évoqué Cristiano Ronaldo, moins en vue dans ce tournoi : « Ce genre de mecs arrive à répéter ces performances encore et encore. »[2]
Erling Haaland complète le podium avec 7 buts inscrits. Les Anglais Harry Kane et Jude Bellingham pointent dans le top 5 avec 6 buts chacun. La course au record a tenu le monde en haleine jusqu’au dernier match. Mbappé, de douze ans le cadet de Messi, dispose encore de plusieurs éditions pour porter le compteur à un niveau jamais envisagé.
Trump intervient sur le carton rouge de Balogun, la Fifa cède

Donald Trump a pesé sur l’aspect sportif au-delà de sa politique des visas. Lors du seizième de finale États-Unis contre Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain Folarin Balogun a été expulsé. Le président américain a confirmé être personnellement intervenu auprès de la Fifa pour demander un « réexamen » de ce carton rouge, qu’il jugeait « douteux ». La Fifa a accordé au joueur un sursis d’un an exceptionnel, lui permettant de disputer le huitième de finale contre la Belgique[1]. La décision a été vivement critiquée.
Trump a remis le trophée au capitaine de l’équipe victorieuse dimanche aux côtés de Gianni Infantino. Ce n’est pas une première : en 2022, l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani avait fait de même lorsque l’Argentine avait battu la France. Trump avait déjà remis le trophée du premier Mondial des clubs en 2025 dans ce même stade d’East Rutherford, aux joueurs de Chelsea vainqueurs contre le Paris SG[3].
Sa présence lors de la cérémonie de remise a suscité des réactions contrastées. La grimace de Cole Palmer, milieu anglais, a fait le tour des réseaux sociaux. Le président américain s’est félicité de la réussite de l’événement, déclarant que la Coupe du monde 2026 était « peut-être l’événement sportif le plus réussi de l’histoire du monde ».
Ce que révèle ce Mondial américanisé
Des places de finale à 30 000 dollars, les supporters exclus
Les prix de billetterie ont atteint des niveaux prohibitifs. La Fifa avait fixé les tarifs de départ à 140 dollars. Un système de tarification dynamique a fait exploser les montants. Certaines places ont atteint 30 000 dollars, voire 11 millions de dollars pour une place mal référencée dans le système de calcul[4]. Suivre l’équipe de France jusqu’à la finale aurait coûté 32 000 dollars à un supporter[5].
À mesure que la compétition s’est approchée de la finale, les supporters les plus ardents ont dû jeter l’éponge. Les derniers matchs se sont déroulés devant un public de consommateurs très aisés, d’influenceurs et de VIP. À Houston, la population immigrée d’Amérique latine s’est montrée enthousiaste, mais tous ont pointé les prix absolument prohibitifs sur les sites de revente officielle[4].
Le contexte géopolitique de 2026 contraste avec celui de la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, organisée dans un climat de multilatéralisme et de coopération. Les stades américains, peu adaptés au football, ont aussi été pointés du doigt. La compétition a écarté une partie du public populaire qui fait habituellement l’âme du Mondial.
Les épopées cap-verdienne, égyptienne et norvégienne sauvent l’édition
Le Cap-Vert, qualifié pour la première fois de son histoire, a atteint les seizièmes de finale. Les Cap-Verdiens ont accroché un match nul face à l’Espagne (0-0), puis face à l’Uruguay (2-2), 18e nation mondiale et double championne du monde. Ils se sont qualifiés après leur nul face à l’Arabie saoudite. En seizièmes, ils ont tenu tête à l’Argentine, poussant l’Albiceleste en prolongations avant de s’incliner 3-2 dans les dernières minutes[1].
L’Égypte a franchi la phase de poules pour la première fois. Les Pharaons ont obtenu deux matchs nuls contre la Belgique (1-1) et l’Iran (1-1), puis ont dominé la Nouvelle-Zélande (3-1). Tombeurs de l’Australie en seizièmes, ils ont mené 2-0 face à l’Argentine jusqu’à la 78e minute avant que les coéquipiers de Lionel Messi n’inscrivent trois buts en 13 minutes pour arracher leur qualification en quarts.
La Norvège d’Erling Haaland a fait son retour sur la scène mondiale. Les supporters écossais ont marqué les esprits à Boston, où leur sélection a disputé ses deux premiers matchs. La Tartan Army a vidé les réserves de bière de la ville et fait retentir la cornemuse. La maire Michelle Wu a signé une lettre d’intention en faveur d’un jumelage entre Boston et Glasgow. La communion entre les habitants de Kansas City et les supporters algériens a aussi marqué les débuts de la compétition[1].
Le retour d’Haïti en Coupe du monde, dans un contexte politique très lourd, a constitué une autre belle histoire populaire. L’émergence du viking row norvégien a également retenu l’attention. Ces épopées ont sauvé une édition entachée par l’inflation des tarifs et l’interventionnisme politique, offrant au public les émotions qui font l’âme du Mondial.
Mondial 2026 : les chiffres du tournoi
- Kylian Mbappé devient meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde avec 22 buts, devant Messi (21) et Klose (16)
- Donald Trump a obtenu l'annulation du carton rouge de l'attaquant américain Folarin Balogun après intervention auprès de la Fifa
- Des places de finale ont atteint 30 000 dollars, voire 11 millions pour une erreur de système, excluant les supporters populaires
- Le Cap-Vert et l'Égypte ont atteint les seizièmes de finale pour la première fois de leur histoire
- La mi-temps de la finale a duré 27 minutes 24 secondes au lieu des 15 minutes réglementaires
Sources
5 sources · 9 faits vérifiés

