Tadej Pogacar a repris le maillot jaune jeudi 9 juillet 2026 en infligeant 2’38 à Jonas Vingegaard dans le Tourmalet lors de la 6e étape, sa 23e victoire sur le Tour.
Les Pyrénées lui vont bien. Tadej Pogacar a semé la panique à cinq kilomètres du sommet du col du Tourmalet. Emmené par son coéquipier Isaac del Toro, le Slovène a attaqué brutalement à la sortie d’un tunnel ombragé. Jonas Vingegaard a tenté de suivre, Paul Seixas aussi. Puis ils ont compris : rester dans sa roue était suicidaire. Tous ont lissé l’effort, résignés, pour limiter la casse.
Pogacar a filé seul vers la ligne. À l’arrivée, voûté sur sa monture, très pâle, il a vite retrouvé le sourire. Il venait de signer sa 23e victoire d’étape sur le Tour, sa 11e dans les Pyrénées. Vingegaard franchit la ligne à 2’38, les autres une vingtaine de secondes encore derrière. Le classement général a basculé.
La préparation haute montagne paye
Le champion du monde n’espérait pas reprendre le maillot jaune dès ce jeudi. « Je ne m’attendais pas à des écarts aussi grands, a-t-il déclaré au micro de France Télévisions. Cela confirme qu’on a fait une bonne préparation pour ce Tour, et qu’on peut être plus détendus pour les prochaines étapes. »
Son manager Mauro Gianetti a levé un coin du voile : « On savait que Tadej était plus en forme que l’année passée, qu’il avait passé un stade avec des changements d’entraînement, une préparation plus spécifique sur la haute montagne et les étapes plus dures et longues. »
Le Slovène avait déjà frappé lors de la troisième étape, à Les Angles, en arrachant le maillot jaune à Vingegaard dans les derniers hectomètres[3]. Cette fois, l’écart est massif. UAE Team Emirates a placé sa fusée à étages dès le col d’Aspin. Nils Politt et Tim Wellens ont écrémé les plus faibles. Brandon McNulty et Adam Yates ont éviscéré les récalcitrants pour déployer l’attaque en duo du Slovène et du Mexicain une fois le peloton rendu exsangue.
« Maintenant tout le monde sait, Tadej a les meilleures jambes »
Tim Wellens, équipier de Pogacar, résume la journée : « C’était le plan de faire une journée très dure. On avait mis une grosse croix rouge sur cette étape. Maintenant tout le monde sait, Tadej a les meilleures jambes mais un Tour de France c’est très compliqué, beaucoup de choses peuvent se passer : il peut tomber, être malade. On espère que ça n’arrive pas. »
Trois victoires d’étapes en six jours, trois maillots distinctifs, deux coureurs sur le podium. La formation émiratie plane déjà. Elle a récupéré le jaune de Torstein Traeen, tombé dans la journée, le blanc de Mathias Vacek et le maillot à pois d’Alex Baudin. Gianetti a tout de même tenu à saluer le panache de Vingegaard, qui a tenté avant de se résigner.
| Coureur | Équipe | Écart sur Pogacar |
|---|---|---|
| Tadej Pogacar | UAE Team Emirates | — |
| Jonas Vingegaard | Team Visma | Lease a bike | + 2’38 |
| Paul Seixas | — | + 2’58 environ |
| Richard Carapaz | — | + 2’58 environ |
Source : France Télévisions
Pourquoi Pogacar écrase déjà le Tour 2026
La cinquième victoire en ligne de mire
Tadej Pogacar a remporté le Tour de France en 2020, 2021, 2024 et 2025[2]. Cette édition 2026, qui s’achèvera le 26 juillet à Paris, lui offre la possibilité de rejoindre le club très fermé des coureurs ayant décroché cinq titres. Seuls quatre cyclistes y sont parvenus dans l’histoire de l’épreuve. Le Slovène de 27 ans, dominant en 2026 depuis le Tour de Suisse remporté en juin[5], est en mesure d’écrire une page supplémentaire.
Il avait déjà gagné Milan-San Remo et le Tour des Flandres cette année, avant d’être battu d’un cheveu à Paris-Roubaix par Wout van Aert[5]. Sa forme est ominous, comme le notent les observateurs internationaux. L’imprévisibilité de ses attaques force ses rivaux à réagir instantanément sous peine de perdre du temps précieux[2].
Un parcours qui tranche tôt
Le Tour 2026 a débuté le 4 juillet à Barcelone par un contre-la-montre par équipes[3]. La course a ensuite plongé vers les Pyrénées, où les premières batailles décisives ont eu lieu dès la première semaine. Isaac del Toro, coéquipier mexicain de Pogacar, avait remporté la deuxième étape devant son leader.
La troisième étape vers Les Angles, premier sommet du Tour, avait vu Pogacar attaquer dans les 200 derniers mètres pour décrocher le maillot jaune[4]. Le Massif central est encore à venir, puis les étapes finales qui peuvent tout rebattre. Le parcours se conclura à Paris avec le retour de Montmartre avant le sprint sur les Champs-Élysées[2].
Vingegaard peut-il revenir ?
Jonas Vingegaard n’a pas les jambes de 2025. L’écart creusé jeudi dans le Tourmalet est considérable. Le Danois avait tenté de suivre l’accélération de Pogacar avant de renoncer, comprenant que tenir coûte que coûte le mènerait au craquement total. Il a préféré gérer pour sauver sa deuxième place, que Paul Seixas et Richard Carapaz convoitent à vingt secondes.
La formation Team Visma | Lease a bike espère encore que des imprévus (une chute, une défaillance) ouvrent une brèche. Tim Wellens l’a rappelé : un Tour reste long, tout peut arriver. Mais pour l’instant, Pogacar écrase la course. Trois maillots, trois victoires, un écart qui enfle. Les Pyrénées lui appartiennent. Le reste du peloton regarde passer le train émirati en essayant de ne pas perdre trop de terrain. Dans l’aire d’arrivée de jeudi, l’équipe UAE Emirates pouvait se congratuler d’une journée parfaite. Avec un leader intouchable et une domination qui tourne à la démonstration.
Tour de France 2026 : les chiffres de la domination Pogacar
- Tadej Pogacar remporte la 6e étape en solitaire dans le Tourmalet le 9 juillet 2026
- Jonas Vingegaard concède 2'38 et perd le maillot jaune
- UAE Team Emirates récupère trois maillots : jaune, blanc et à pois
- Pogacar totalise 23 victoires d'étapes sur le Tour, dont 11 dans les Pyrénées
- Le Slovène vise une cinquième victoire sur le Tour, un club de quatre coureurs seulement
Sources
4 sources · 8 faits vérifiés
