La Polynésie française mobilise France 2030 pour financer des formations professionnelles stratégiques. L’appel à projets, ouvert jusqu’au 31 décembre 2026, vise à renforcer les compétences locales dans les entreprises territoriales.
L’initiative s’inscrit dans une démarche de territorialisation du programme France 2030. L’État et la collectivité polynésienne mettent à disposition des fonds destinés à soutenir des projets de formation professionnelle au profit des entreprises locales. L’objectif : combler les besoins de compétences identifiés dans la stratégie de développement économique Cap 2033 et dans la stratégie de l’innovation 2030 intitulée « Polynésie, océan d’innovation ».
L’instruction des dossiers se fait au fil de l’eau, sans attendre de date de clôture intermédiaire. Les porteurs de projets peuvent déposer leur candidature via la plateforme demarche.numerique.gouv.fr. La date butoir reste fixée au 31 décembre 2026, ou dès que la totalité de l’enveloppe est engagée. L’Université de la Polynésie française figure parmi les acteurs clés du dispositif.
L’Université de la Polynésie française, pivot de la montée en compétences
Implantée à Tahiti, l’Université de la Polynésie française (UPF) propose des cursus en sciences, technologies, droit, sciences économiques, sciences de l’éducation et humanités. L’établissement public joue un rôle central dans la formation des cadres locaux, avec un accent marqué sur la culture et l’environnement polynésiens[1]. L’UPF délivre des diplômes allant de la licence au doctorat, en passant par des masters dans des domaines variés : médecine et santé, sciences et technologies, ingénierie, arts et humanités, langues et cultures, commerce et sciences sociales.
L’université abrite aussi un centre de recherche dédié au développement polynésien. Ce positionnement la rend particulièrement légitime pour porter ou soutenir des projets de formation professionnelle liés aux priorités stratégiques du territoire. Le consortium RESIPOL, dont elle est membre, réunit plusieurs organismes de recherche et d’enseignement supérieur présents en Polynésie française : l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Institut Louis Malardé (ILM), l’Ifremer, le CNRS, ou encore l’Université de Californie à Berkeley. Ce réseau collaboratif vise à mutualiser les ressources, optimiser les infrastructures et promouvoir la recherche locale.
Une enveloppe France 2030 régionalisée, mais sous conditions
L’appel à projets exige que les actions proposées soient complémentaires aux dispositifs existants. Elles ne doivent pas aboutir à un surfinancement d’actions déjà soutenues par l’État ou la collectivité via d’autres canaux[5]. Les projets doivent venir en additionnalité, soit par leur nature, soit par leur volume. Concrètement, cela signifie qu’un organisme de formation ne peut pas solliciter France 2030 pour dupliquer un programme déjà financé par le Fonds social européen ou par la collectivité polynésienne.
Les dossiers sont instruits par les services de l’État en Polynésie française, basés à Papeete. Les porteurs de projets doivent notamment démontrer la cohérence de leur proposition avec les orientations de la politique générale en matière de formation, d’insertion, d’orientation et de certification professionnelle du territoire. L’accent est mis sur les secteurs porteurs identifiés dans Cap 2033 : économie bleue, tourisme durable, énergies renouvelables, numérique, agriculture et pêche raisonnées.
Enjeux du dispositif France 2030 territorialisé
Le PolyREN, infrastructure numérique pour la recherche
Parmi les initiatives structurantes, le consortium RESIPOL pilote la création du PolyREN (Polynesian Research and Education Network), un groupement d’intérêt scientifique dédié à l’accès à internet haut débit pour les institutions de recherche[3]. Ce projet s’appuie sur un partenariat avec RENATER, principal fournisseur d’infrastructure numérique pour la communauté éducation-recherche en France métropolitaine.
Le PolyREN vise à combler le retard numérique qui pèse sur la capacité des laboratoires polynésiens à participer pleinement aux collaborations internationales. L’Université de la Polynésie française, l’IRD, l’ILM et l’Ifremer sont les premiers bénéficiaires. Le dispositif doit aussi faciliter le déploiement de formations en ligne, un enjeu majeur dans un territoire composé de 118 îles réparties sur plus de 5 millions de kilomètres carrés.
| Niveau | Domaines couverts |
|---|---|
| Licence (pré-Bachelor) | Sciences, technologies, humanités, droit, économie |
| Bachelor | Médecine et santé, ingénierie, langues et cultures |
| Master | Sciences et technologies, commerce et sciences sociales |
| Doctorat | Recherche en sciences, environnement, culture polynésienne |
Source : uniRank
L’Université de la Polynésie française reste un établissement de petite taille à l’échelle internationale. Elle accueille plusieurs centaines d’étudiants, dont une part modeste d’étudiants étrangers. Sa reconnaissance internationale demeure limitée, mais son ancrage territorial et son expertise sur les questions océaniennes lui confèrent une légitimité unique dans la région Pacifique.
En parallèle de l’appel à projets France 2030, l’UPF a signé en septembre 2024 une convention-cadre avec le CNRS, renforçant ainsi sa capacité à mener des recherches de pointe. Le consortium RESIPOL a également organisé plusieurs éditions des Conférences de la Recherche, disponibles en replay sur YouTube, pour valoriser les travaux scientifiques menés sur le territoire.
Le dispositif France 2030 régionalisé représente une opportunité inédite pour la Polynésie française de structurer son offre de formation professionnelle et de rapprocher ses entreprises des compétences nécessaires à leur développement. Reste à savoir combien de projets seront déposés d’ici la fin 2026, et dans quelle mesure l’enveloppe sera mobilisée par les acteurs locaux.
France 2030 en Polynésie : les points clés
- L'appel à projets France 2030 Polynésie reste ouvert jusqu'au 31 décembre 2026, avec instruction au fil de l'eau
- L'Université de la Polynésie française propose des diplômes du pré-Bachelor au doctorat, avec un focus sur la culture océanienne
- Le consortium RESIPOL regroupe l'UPF, l'IRD, l'ILM, l'Ifremer et le CNRS pour mutualiser les ressources de recherche
- Le PolyREN, infrastructure numérique haut débit, est en cours de déploiement avec l'appui de RENATER
- Les projets financés doivent s'inscrire en complémentarité des dispositifs existants, sans double financement
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
