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Pour honorer la Suède, Naval Group double sa cadence à Lorient : deux frégates par an, livraisons dès 2030

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Naval Group produit désormais deux frégates de défense et d’intervention (FDI) par an à Lorient. Cette cadence inédite lui a permis de remporter le contrat suédois de quatre bâtiments, livrables dès 2030.

Stockholm a signé pour quatre frégates de défense et d’intervention en avril dernier. Le choix du constructeur français tenait moins au tarif qu’au calendrier. « La rapidité de livraison » a pesé dans la balance, selon Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group. Les quatre frégates suédoises seront livrées entre 2030 et 2033, à raison de deux par an. Un rythme que le groupe maîtrise désormais après sept ans d’industrialisation sur le site de Lorient.

L’Amiral Ronarc’h, tête de série du programme FDI français, a demandé six ans entre la première tôle et sa remise à la Marine nationale. L’Amiral Louzeau, deuxième du nom, sera livrée fin 2027, soit à peine trois ans après le lancement. Le gain tient à la maîtrise du design. Le tronc commun de la plateforme est verrouillé, les équipes ne travaillent plus que sur les zones qui varient d’un client à l’autre : systèmes de combat, capteurs, emménagements spécifiques.

En chiffres
2
frégates FDI produites par an à Lorient
cadence doublée depuis 2025
3 ans
délai de livraison pour une FDI
contre 6 ans pour la tête de série
5 mois
gagnés grâce à la construction parallèle coque/PSIM
13
frégates FDI au carnet de commandes
livraisons jusqu'en 2034

Numérisation et construction parallèle : cinq mois gagnés par navire

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Naval Group a modernisé son site breton pour absorber le doublement de cadence[1]. Les investissements portent sur la numérisation intégrale des plans, la conception et la production assistées par ordinateur, le jumeau numérique, la réalité augmentée. Le chantier travaille en « zéro papier », ce qui accélère les modifications de dernière minute et limite les erreurs d’assemblage.

L’autre levier, c’est la construction parallèle de la coque et du PSIM, le module panoramique qui intègre le système de combat. Traditionnellement, ce dernier n’était monté qu’une fois le flotteur achevé. En menant les deux chantiers de front, Naval Group économise au moins cinq mois par bâtiment. La compacité de la FDI facilite cette organisation : le navire mesure 122 mètres, contre 142 pour une FREMM. Les hangars de Lorient permettent d’assembler plusieurs modules en parallèle sans congestionner les quais.

Calendrier de livraison des FDI (2026-2034)
Client Nombre de frégates Période de livraison
Grèce 4 2026-2029
France (FDI 2 et 3) 2 2027-2029
Suède 4 2030-2033
France (FDI 4 et 5) 2 2032

Source : L’Usine NouvelleNaval Group

Le carnet de commandes s’étend jusqu’en 2034. Quatre frégates grecques précéderont les suédoises. Trois FDI supplémentaires viendront compléter la flotte française, dont les deux dernières en 2032. Au total, treize frégates de ce modèle sortiront de Lorient d’ici huit ans.

La vitesse comme argument face aux concurrents européens

A sleek high-speed train travels along an elevated track on a clear day.
A sleek high-speed train travels along an elevated track on a clear day. Photo : Raven Zhou / Pexels

La Suède a écarté des concurrents européens au profit de Naval Group. Le délai de trois ans entre commande et livraison a fait la différence. Stockholm cherche à renouveler sa flotte de surface dans un contexte de tensions en mer Baltique. Attendre six ans n’était pas acceptable. Le constructeur français a su transformer son effort d’industrialisation en avantage commercial : ce qui était un défi technique devient un argument de vente.

Ce rythme soutenu impose une coordination serrée avec les fournisseurs. Les quatre frégates suédoises embarqueront des systèmes de combat adaptés aux menaces baltiques, donc différents de ceux des versions françaises ou grecques. Naval Group doit intégrer ces variantes sans ralentir la chaîne. La numérisation des plans facilite ce jonglage : chaque client dispose de son jumeau numérique, testé avant même la découpe de la première tôle.

Pourquoi la rapidité de Naval Group séduit les marines européennes

Doublement de cadence
Naval Group livre désormais deux FDI par an depuis Lorient, contre une tous les deux ans en début de programme. Cette montée en puissance repose sur la numérisation des plans et la construction parallèle coque/système de combat.
Rapidité comme argument commercial
La Suède a choisi Naval Group notamment pour le délai de trois ans entre commande et livraison. Face aux tensions en Baltique, Stockholm privilégie la rapidité sur le prix.
Carnet plein jusqu'en 2034
Treize frégates FDI sont à livrer d'ici 2034 pour la France, la Grèce et la Suède. Ce carnet permet d'investir dans les compétences et d'absorber la montée en charge.
Standardisation et personnalisation
Le tronc commun de la FDI est figé, seules les zones spécifiques (combat, capteurs) varient. Ce modèle accélère la production tout en répondant aux exigences nationales de chaque client.

Un outil industriel modernisé pour répondre à la demande

Le site de Lorient emploie plusieurs milliers de personnes. Les hangars accueillent simultanément plusieurs frégates à différents stades d’avancement. Les plaques d’acier sont formées sur place, notamment l’étrave, pièce complexe qui forme la proue. Ce savoir-faire reste internalisé. Naval Group ne sous-traite pas les opérations critiques de chaudronnerie.

La montée en cadence s’accompagne d’un recrutement soutenu. Le groupe forme ses soudeurs, ses chaudronniers, ses intégrateurs systèmes. Le carnet de commandes étoffé garantit la charge pour les huit prochaines années, ce qui permet d’investir dans les compétences. Le risque de trou capacitaire, redouté il y a cinq ans, s’est dissipé.

Naval Group livre également quatre sous-marins nucléaires d’attaque et des torpilles F21 aux Pays-Bas, autre contrat majeur signé ces derniers mois. Le site de Cherbourg prend en charge les sous-marins, Lorient reste dédié aux frégates. La spécialisation géographique fluidifie la production et limite les interférences entre programmes.

La stratégie du groupe repose sur la standardisation du tronc commun et la personnalisation des équipements critiques. Ce modèle permet de répondre vite sans sacrifier les exigences nationales de chaque client. Pour la Suède, la livraison des quatre frégates dans un délai de trois ans constitue un test grandeur nature. Si Naval Group tient le calendrier, d’autres marines pourraient suivre.

Cadence FDI à Lorient : les chiffres de la montée en puissance

  • Naval Group produit désormais deux frégates de défense et d'intervention par an à Lorient, contre une tous les deux ans en début de programme.
  • La Suède a commandé quatre FDI en avril 2026, avec des livraisons prévues entre 2030 et 2033.
  • La construction parallèle de la coque et du système de combat fait gagner au moins cinq mois par navire.
  • Le carnet de commandes s'étend jusqu'en 2034, avec treize frégates FDI à livrer pour trois clients (France, Grèce, Suède).
  • La deuxième FDI française, l'Amiral Louzeau, sera livrée fin 2027, trois ans après la découpe de la première tôle.
  • Naval Group a modernisé son site de Lorient avec numérisation intégrale, jumeau numérique et réalité augmentée pour accélérer la production.
Hélène Vasseur
Hélène Vasseur
Correspondante défense & militaire Hélène couvre l'industrie de défense et les questions militaires. Contrats export, programmes d'armement, budgets : elle décrypte un secteur où l'industriel et le politique sont indissociables, en s'en tenant aux faits. Naval Group, Dassault, Thales, MBDA, KNDS, elle en connaît les dossiers.

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