Un Airbus A320 d’Air India a plongé de près de 100 mètres le 4 août 2026, privant les pilotes du contrôle de l’appareil pendant quatre secondes.
Le vol AI2379 reliait Phuket à New Delhi lorsque l’appareil a brutalement piqué du nez au-dessus de l’État indien d’Odisha. Vingt passagers et quatre membres d’équipage ont été blessés dans la cabine, projetés par la violence de la manÅ“uvre. L’avion s’est stabilisé quelques secondes plus tard et a atterri sans autre difficulté à destination.
Dix jours après l’événement, une évaluation technique préliminaire rédigée par Airbus éclaire ce qui s’est produit dans le cockpit. Le constructeur toulousain y détaille une défaillance en cascade : les trois systèmes hydrauliques de l’A320, baptisés vert, bleu et jaune, ont perdu leur pression en l’espace de quelques secondes. Ces circuits, qui acheminent du fluide sous pression pour actionner les commandes de vol et divers équipements, sont conçus en triple redondance précisément pour éviter qu’une panne ne paralyse l’ensemble.
Pendant environ quatre secondes, les pilotes n’ont eu aucune prise sur les gouvernes de profondeur ni sur les ailerons, ces surfaces mobiles qui commandent la montée, la descente et les virages[1]. Durant cet intervalle, l’appareil s’est cabré et le pilote automatique s’est déconnecté. Le copilote a enfoncé la commande de piqué au maximum, sans obtenir de réponse directe des gouvernes, avant que les trois circuits ne se rétablissent d’eux-mêmes et que l’équipage ne reprenne le contrôle.
Origine de la panne : Airbus réclame une batterie de tests
À ce stade, l’avionneur n’identifie aucune cause établie. L’évaluation ne permet pas de déterminer si la pression a réellement chuté dans les trois circuits ou si les instruments ont transmis de fausses informations. Airbus a donc demandé à Air India de procéder à une série d’essais sur les systèmes hydrauliques, ainsi que sur les capteurs et pressostats chargés de les surveiller.
Le constructeur réclame également la dépose de certains capteurs pour inspection en laboratoire et n’exclut pas des vérifications supplémentaires sur leur câblage[3]. La compagnie indienne devra aussi fournir l’historique complet de la maintenance du système hydraulique sur le dernier mois écoulé, ainsi que des comptes rendus plus détaillés des deux pilotes.
L’appareil concerné, un Airbus A320-251N immatriculé VT-EXO et propulsé par deux moteurs CFM International LEAP-1A26, a été livré à Air India en 2018[2]. Air India avait d’abord attribué l’incident à des turbulences en route, avant de retirer cette explication dans un communiqué ultérieur et de confirmer une perte d’altitude soudaine.
Des efforts structurels au-delà des limites spécifiées
Les données de vol montrent que la cellule a encaissé, lors du mouvement brusque, des contraintes supérieures aux limites de conception. Airbus a donc sollicité une inspection structurelle complète de l’appareil pour détecter d’éventuels dommages provoqués par cette sollicitation excessive[5].
L’événement a été classé « incident grave » par les autorités indiennes. L’enquête est conduite par le Bureau d’enquête sur les accidents aériens indien (AAIB), avec l’assistance technique d’Airbus et du Bureau d’enquêtes et d’analyses français, l’appareil étant de conception européenne. L’AAIB a appelé le public et les médias à ne tirer aucune conclusion avant la fin de ses travaux[4].
Pourquoi cette panne hydraulique triple inquiète
Un cas rarissime de triple défaillance hydraulique simultanée
La perte de pression sur les trois circuits en quelques secondes constitue un événement extrêmement inhabituel. La redondance triple vise précisément à garantir qu’au moins un réseau reste opérationnel en cas de panne. Sur un A320, chaque circuit alimente des surfaces de vol différentes, et la défaillance simultanée des trois prive les pilotes de tout moyen d’action directe sur les gouvernes principales.
Airbus et le BEA français n’ont pas souhaité commenter une enquête en cours et ont indiqué apporter une assistance technique aux autorités compétentes, conformément aux règles internationales régissant les enquêtes sur les accidents aériens. Air India n’a pas répondu aux demandes de commentaires.
Une filière sous tension sur la fiabilité de la supply chain

L’incident intervient dans un contexte de montée en cadence de la production chez Airbus et ses équipementiers. La chaîne d’approvisionnement reste sous pression, et les autorités de régulation surveillent de près la qualité de la maintenance, en particulier dans les flottes à forte croissance. Air India a connu une expansion rapide de sa flotte ces dernières années, avec des commandes massées passées auprès d’Airbus et de Boeing.
L’issue de l’enquête déterminera si la panne relève d’un défaut de conception, d’un problème de maintenance ou d’une défaillance de composants. Les résultats pourraient conduire à des inspections ciblées sur d’autres appareils de la même série ou à des consignes de navigabilité si un défaut systémique était identifié.
A320 Air India : les faits de l'incident du 4 août
- Le vol AI2379 a chuté de 100 mètres le 4 août 2026 au-dessus de l'Inde
- Les trois systèmes hydrauliques ont perdu leur pression en quelques secondes
- Les pilotes ont été privés du contrôle des gouvernes pendant environ quatre secondes
- 24 personnes ont été blessées dans la cabine lors de la manœuvre
- Airbus demande des tests approfondis sur les circuits, capteurs et câblage
- L'enquête est menée par l'AAIB indien avec l'appui d'Airbus et du BEA français
Sources
5 sources · 5 faits vérifiés

