Jeudi 23 juillet, 18h30. Un feu d’espace naturel se déclare à Saint-Martin-de-Crau, au niveau de la zone industrielle du Bois de Leuze. Les flammes progressent vite, poussées par le vent, en direction de la Dynamite. Dans la commune, on connaît le terrain : la Crau, ses coussouls secs, son herbe rase qui s’embrase en quelques minutes. Et surtout, on connaît le danger : une usine classée Seveso se trouve à proximité, avec des habitations tout autour.
La mairie active immédiatement son plan communal de sauvegarde. Séverine Dellanegra, la maire, rejoint le poste de commandement. Le président de l’agglomération d’Arles-Crau-Camargue-Montagnette, Patrick de Carolis, et la sous-préfète Cécile Lenglet se rendent sur place. Les pompiers des Bouches-du-Rhône déploient un dispositif massif : 130 sapeurs-pompiers dans un premier temps, une soixantaine d’engins, des moyens aériens. Au sol, les conditions sont exécrables. Le vent complique la lutte, les sautes de feu atteignent jusqu’à 400 mètres.
À 19h45, la municipalité demande aux habitants de ne surtout pas se rendre sur les lieux. L’inquiétude monte. La zone regroupant l’usine Seveso et les habitations est directement menacée. Toutes les mesures nécessaires sont prises pour une éventuelle évacuation.
Le vent faiblit, les pompiers reprennent le dessus
Vers 20h30, le vent se calme enfin[1]. Séverine Dellanegra annonce que « les choses évoluent de manière favorable ». Les pompiers, désormais appuyés par des moyens nationaux et départementaux, parviennent à fixer l’incendie. Les sautes de feu près du site sensible sont toutes traitées. Les hommes du feu sont mobilisés au sol et dans les airs, un Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau se relaient au-dessus du brasier.
À 21h25, le feu est circonscrit. Il ne progresse plus. Au total, les flammes ont parcouru 6,5 hectares. Le dispositif a mobilisé jusqu’à 174 pompiers[1]. « Tout risque est désormais écarté », indique la mairie. Les opérations de noyage débutent et se poursuivront toute la nuit, pour éviter toute reprise.
Aucun blessé, aucune évacuation nécessaire
Malgré la violence de l’incendie et sa proximité avec une zone sensible, aucun blessé n’est à déplorer. Aucune évacuation n’a été nécessaire. Aucun bâtiment, aucune exploitation agricole n’a été touché par les flammes. L’intervention rapide et coordonnée des sapeurs-pompiers a permis de limiter les dégâts, malgré des conditions météorologiques défavorables.
Cet incendie intervient dans un contexte de sécheresse qui fragilise toute la Crau. La semaine précédente, un feu s’était déclaré près du golf de la Baisse du Raillon, rapidement fixé. Le vendredi 17 juillet, les services techniques municipaux avaient également été touchés par un incendie[5]. Le dimanche 20 juillet, un autre départ de feu au Mas de Raillon avait fait partir 1,5 hectare de végétation en fumée, fixé au bout d’une heure par une trentaine de pompiers[5]. Des feux répétés, vite maîtrisés grâce à la réactivité des secours, mais qui rappellent la vulnérabilité du territoire face aux vagues de chaleur.
Sources
2 sources · 4 faits vérifiés


