La deeptech parisienne Standing Ovation boucle une série B de 34,2 millions de dollars pour déployer sa caséine issue de fermentation de précision aux États-Unis dès 2026.
Le 31 mars 2026, Standing Ovation annonce un tour de table en série B de 34,2 millions de dollars (30 millions d’euros). L’opération comprend 28,5 millions de dollars en equity (25 millions d’euros), menée conjointement par le fonds Ecotechnologies 2 (géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030) et Crédit Mutuel Innovation. Les investisseurs historiques Astanor, Groupe Bel, Seventure Partners, GoodStartUp et Big Idea Ventures restent au capital. Nouveaux entrants : Danone Ventures, Angelor, Newtree et Noshaq. Un financement non dilutif de 5,7 millions de dollars (5 millions d’euros), apporté par Bpifrance et un pool bancaire de premier rang, complète l’enveloppe.
Cette levée fait suite à une série A de 16 millions d’euros. Elle doit financer le déploiement commercial de la caséine de Standing Ovation aux États-Unis dès 2026, puis en Europe et en Asie à partir de fin 2027. La présence de deux géants français de l’agroalimentaire au capital, Bel et Danone, valide la proposition de valeur de la société. Caroline Sorlin, directrice ventures du Groupe Bel, résume : « Notre partenariat continu est gagnant-gagnant. Il combine notre expertise fromagère avec la technologie innovante de Standing Ovation. »
Un procédé breveté qui transforme un déchet laitier en protéine de haute valeur
Standing Ovation produit de la caséine par fermentation de précision à partir de perméat de lactosérum, un coproduit de l’industrie laitière aujourd’hui peu ou pas valorisé[1]. Ce perméat provient du fromage blanc, du yaourt grec ou d’autres fabrications fromagères. Contrairement à la majorité des acteurs de la fermentation de précision, qui utilisent du dextrose comme substrat pour nourrir leurs microbes, Standing Ovation s’appuie sur ce flux secondaire acide de l’industrie laitière, valorisant ainsi une ressource locale et circulaire.
Le procédé transforme ces effluents en caséines de haute qualité, très recherchées par l’industrie agroalimentaire pour leurs propriétés fonctionnelles. La société protège sa technologie par huit familles de brevets. Elle se présente comme le premier acteur à produire de la caséine à échelle industrielle par fermentation. Une analyse de cycle de vie montre que cette approche réduit les émissions de gaz à effet de serre de 74 % et consomme jusqu’à trois fois moins d’eau que la caséine d’origine animale conventionnelle[5].
| Type de financement | Montant (M$) | Montant (M€) |
|---|---|---|
| Equity (série B) | 28,5 | 25 |
| Financement non dilutif | 5,7 | 5 |
| Total levée | 34,2 | 30 |
Source : GlobeNewswire
Lancement US en 2026, agrément européen espéré fin 2027

Yvan Chardonnens, président, et Romain Chayot, cofondateur et directeur général, affichent leur calendrier : « Notre ambition : ouvrir une nouvelle voie pour la production de protéines, circulaire et durable, afin de répondre à une demande mondiale en forte croissance. En combinant innovation technologique et savoir-faire de la filière laitière, nous rapprochons industrie agroalimentaire et deeptech. Forts de solides barrières technologiques à l’entrée, nous accélérons notre déploiement et contribuons à renforcer la souveraineté alimentaire européenne. »
Le dirigeant vise une lettre « no questions » de la FDA d’ici fin 2026, confirmant le statut GRAS (Generally Recognized As Safe) de ses protéines[4]. Le dossier Novel Food destiné à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est sur le point d’être déposé. Dans le meilleur scénario, l’approbation européenne interviendrait fin 2027. Pas de construction d’usines en propre : Standing Ovation s’appuie sur des sous-traitants en Europe de l’Est, en Inde et sur un partenariat exclusif avec Ajinomoto en France pour la montée en échelle industrielle[4].
Pourquoi cette levée redessine la filière protéines
Une réponse à l’explosion de la demande mondiale en protéines
D’ici 2050, il faudra 250 millions de tonnes métriques de protéines supplémentaires pour répondre à la croissance démographique et aux changements alimentaires[2]. La caséine constitue la principale protéine du lait : elle entre dans la composition des fromages, yaourts, glaces et produits de nutrition sportive. Standing Ovation se positionne comme une source complémentaire et durable, aux propriétés fonctionnelles renforcées.
La startup s’inscrit aussi dans un enjeu de souveraineté nationale. En revalorisant des ressources circulaires locales, elle réduit la dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationales. La question devient d’autant plus critique que l’autosuffisance laitière de la France pourrait être fragilisée dans les prochaines années[2]. Le recyclage des effluents de l’industrie laitière ouvre une nouvelle source de revenus pour les éleveurs et les transformateurs, qui voient leurs coproduits actuellement dirigés vers l’épandage ou la méthanisation gagner une valorisation supérieure.
36 salariés à Paris, lauréate French Tech 2030

Fondée en 2020 par Romain Chayot, ingénieur agronome de formation, et présidée par Yvan Chardonnens, spécialiste de la transformation stratégique des entreprises BtoB, Standing Ovation emploie 36 personnes et a son siège à Paris. La société a été distinguée lauréate du programme French Tech 2030. Yvan Chardonnens a pris la direction générale à mi-2024, fort de son expérience dans l’industrie des ingrédients alimentaires[4].
Le positionnement circulaire et souverain de Standing Ovation séduit les industriels français de l’agroalimentaire. Bel et Danone, deux poids lourds mondiaux du secteur, valident par leur investissement le modèle technique et économique. Cette convergence d’acteurs (État via Bpifrance, banques, fonds de capital-risque, industriels historiques et nouveaux entrants) signale la maturité du projet et sa capacité à concilier innovation deeptech et contraintes de la filière laitière traditionnelle.
Standing Ovation série B : les chiffres à retenir
- Standing Ovation lève 34,2 M$ en série B le 31 mars 2026
- Bpifrance (Ecotechnologies 2, France 2030) et Crédit Mutuel Innovation co-chefs de file
- Groupe Bel et Danone Ventures entrent au capital
- Production de caséine par fermentation de précision à partir de perméat de lactosérum
- Lancement commercial aux États-Unis en 2026, Europe et Asie fin 2027
- Huit familles de brevets protègent le procédé
Sources
4 sources · 7 faits vérifiés

