Lundi 20 juillet, en plein jour, une fusillade éclate aux Terres-Sainville, à Fort-de-France. Un homme de 20 ans tombe, tué. Une autre personne est blessée, victime collatérale d’un règlement de comptes. Le coup de feu claque dans le quartier, à l’angle de la rue Émile-Zola, devant l’épicerie Artis. Les riverains connaissent la musique : « Des tirs, on en entend assez souvent », confient certains le lendemain, entre résignation et inquiétude. D’autres se sentent dépassés.
Pour les syndicats de police, ce nouvel homicide n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une spirale de violence armée qui ne cesse de monter en Martinique. Jimmy Hellenis, secrétaire territorial adjoint d’Unité Police Martinique, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : les effectifs sont insuffisants pour faire face à la multiplication des règlements de comptes. Il plaide pour une réponse globale, associant prévention, justice et renforcement des moyens policiers.
Louisy Berté, secrétaire territorial adjoint d’Alliance Police Nationale, enfonce le clou. Il dénonce une justice trop souple et appelle les pouvoirs publics à cesser de parler pour agir efficacement. « Il faut un durcissement de la réponse pénale », martèle-t-il. Le discours est le même depuis des mois : les policiers se sentent seuls face à une délinquance qui s’arme et qui tire.
Fusillade à La Française : un policier blessé, un suspect mort
Quelques jours plus tôt, le 30 juin, une autre fusillade avait éclaté en plein jour, cette fois sur le front de mer de Fort-de-France, près de la plage de La Française, entre le Malecon et le Fort-Saint-Louis. Vers 11 heures, deux individus tentent de voler un scooter à main armée. Un policier en civil, en service, intervient. Les coups de feu partent. Le fonctionnaire est grièvement blessé par balle à l’aine. Il riposte avec son arme de service. L’un des suspects, touché, est évacué en arrêt cardio-respiratoire au CHU de la Martinique. Il décède dans l’après-midi[2].
Le second suspect prend la fuite à scooter. Le lendemain, la Direction Territoriale de la Police Nationale de Martinique lance un appel à témoins. Les autorités demandent à toute personne disposant d’informations, de photos ou de vidéos en lien avec cette affaire de contacter le commissariat de Fort-de-France au 05.96.59.40.00. Même les témoignages indirects peuvent être utiles, précise la police[4].
Michel Aleu, directeur territorial de la Police Nationale en Martinique, se rend sur les lieux. Yann Le Bris, procureur de la République, également. L’enquête est confiée aux services de la Police Judiciaire. Aucune information ne filtre sur l’état de santé du policier blessé depuis le 30 juin. Michel Aleu remercie les Martiniquais pour leurs messages de soutien adressés au fonctionnaire et à ses collègues[5].
Seize homicides depuis janvier 2026
Le décès du suspect porte à 16 le nombre d’homicides recensés en Martinique depuis le 1er janvier 2026. Un chiffre qui marque les esprits et interroge sur la violence dans l’île. L’année 2025 avait déjà été marquée par une recrudescence des vols à main armée et des règlements de comptes, notamment dans l’agglomération de Fort-de-France.
Le front de mer de Fort-de-France, secteur touristique et animé, est rarement le théâtre de fusillades en plein jour. Selon les riverains interrogés par RCI Martinique, la scène a semé la panique. Aux Terres-Sainville comme à La Française, les habitants expriment leur inquiétude. Certains réclament le rétablissement du service militaire et de la peine de mort, d’autres se sentent résignés. Une riveraine confie : « Quand je sors de chez moi pour faire mes courses, je me demande si je vais rentrer. »
Pour les syndicats de police, la réponse ne peut être que globale : moyens humains, réponse pénale, prévention. Le discours est unanime : il faut arrêter de parler et commencer à agir. Les policiers martiniquais sont en première ligne d’une violence qui ne recule pas. Ils réclament des renforts, et vite.
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés

