Aero Vodochody et Thales Belgium ont signé un protocole d’accord pour poursuivre l’intégration et les essais d’un système de roquettes de 70 mm sur le L-39 Skyfox « Drone Hunter ». Il s’agit à ce stade d’un développement annoncé, et non d’une capacité déclarée opérationnelle. En France, la DGA a déjà franchi cette étape avec des roquettes guidées laser de 68 mm sur Rafale.
L’annonce du constructeur tchèque, datée du 5 octobre 2026, porte sur la lutte contre les drones. Elle ne constitue ni une commande française, ni l’annonce de l’acquisition du L-39 Skyfox par les forces françaises. La comparaison avec la France est néanmoins directe sur le plan technologique : l’armée de l’Air et de l’Espace dispose depuis l’été 2026 d’une première capacité opérationnelle utilisant elle aussi des roquettes guidées laser pour intercepter des drones.
- Aero Vodochody et Thales Belgium testent des roquettes de 70 mm anti-drones sur le L-39 Skyfox.
- La France a déjà une capacité opérationnelle Ladac avec roquettes de 68 mm sur Rafale depuis juillet 2026.
- Le Skyfox reste au stade de l'intégration, contrairement au Rafale français déjà déployé.
Le L-39 Skyfox « Drone Hunter » reste au stade de l’intégration
Le L-39 Skyfox est un avion subsonique d’entraînement et tactique développé par Aero Vodochody. Le constructeur le présente comme une plateforme multirôle pouvant recevoir jusqu’à cinq points d’emport et différents armements et capteurs. Sa fiche officielle mentionne notamment des capacités air-air contre des cibles lentes et évoluant à basse altitude.
Le nouvel accord avec Thales Belgium doit permettre de poursuivre l’intégration et les essais du système de roquettes de 70 mm destiné à la configuration anti-drones. L’annonce ne fournit toutefois ni calendrier de qualification opérationnelle, ni contrat d’acquisition par une force armée, ni résultat détaillé de tirs contre des drones. Présenter aujourd’hui le Skyfox comme un appareil déjà opérationnel avec ces roquettes irait donc au-delà des informations rendues publiques.
Le constructeur présente les caractéristiques générales du modèle sur la fiche officielle du L-39 Skyfox.
En France, la DGA a déjà franchi cette étape avec des roquettes guidées laser de 68 mm sur Rafale.
En France, les roquettes anti-drones sont déjà intégrées au Rafale

La situation française est plus avancée. La Direction générale de l’armement a annoncé le 13 juillet 2026 avoir achevé avec succès la campagne d’intégration de roquettes guidées laser de 68 mm sur Rafale. Les essais comprenaient la détection de la cible par le radar, sa poursuite et sa désignation laser avec le pod Talios, puis le tir et le guidage de la roquette jusqu’au drone.
Cette capacité, baptisée Ladac pour « lutte anti-drone sur avion de combat », avait fait l’objet d’un contrat notifié le 31 décembre 2025 à Dassault Aviation et Thales. Selon la Direction générale de l’armement, un premier lot de matériels devait permettre une première capacité opérationnelle dès la fin juillet 2026, tandis que les livraisons des paniers lance-roquettes, des munitions et des équipements associés débutaient le même mois.
Pourquoi utiliser des roquettes plutôt que des missiles
L’objectif français officiellement affiché est de disposer d’un armement de lutte anti-drone efficace et à coût modéré. La DGA a retenu une roquette de 68 mm déjà qualifiée sur l’hélicoptère Tigre, puis l’a adaptée au Rafale dans le cadre d’une procédure d’urgence opérationnelle.
Cette solution complète d’autres moyens de lutte anti-drones plutôt qu’elle ne les remplace. La France travaille également sur les drones intercepteurs, le brouillage et les armes à énergie dirigée. La DGA a notamment commandé en août 2025 le démonstrateur laser Syderal, destiné à évaluer la neutralisation de drones tactiques mais aussi de roquettes, d’obus de mortier et de munitions téléopérées, avec un objectif d’équipement des forces à l’horizon 2030. Le programme est détaillé par le ministère des Armées.
Ce que l’annonce du Skyfox change pour la France

À ce jour, aucune acquisition française du L-39 Skyfox « Drone Hunter » n’est annoncée. L’accord Aero Vodochody-Thales ne modifie donc pas l’équipement des forces françaises. Il montre en revanche que l’emploi de roquettes guidées laser contre les drones intéresse désormais plusieurs plateformes aériennes européennes.
Pour la France, le point concret reste la capacité Ladac du Rafale : elle a dépassé le stade du projet et des seuls essais d’intégration pour entrer dans une première phase opérationnelle en 2026. Le système annoncé pour le Skyfox devra encore franchir ses propres étapes d’intégration, d’essais et éventuellement de qualification avant de pouvoir être présenté au même niveau de maturité.
Questions fréquentes
Pourquoi la France a-t-elle choisi des roquettes plutôt que des missiles pour la lutte anti-drone ?
L’objectif était de disposer d’un armement efficace et à coût modéré. La DGA a adapté une roquette de 68 mm déjà qualifiée sur l’hélicoptère Tigre au Rafale dans le cadre d’une procédure d’urgence opérationnelle.
Quel est le stade de maturité réel du système anti-drone du L-39 Skyfox ?
Le Skyfox reste au stade de l’intégration et des essais. L’accord signé en octobre 2026 ne fournit ni calendrier de qualification opérationnelle, ni contrat d’acquisition, ni résultats détaillés de tirs contre des drones.
En quoi consiste la capacité Ladac française sur Rafale ?
Elle comprend la détection de la cible par le radar, sa poursuite et sa désignation laser avec le pod Talios, puis le tir et le guidage de la roquette guidée laser de 68 mm jusqu’au drone. Une première capacité opérationnelle a été atteinte fin juillet 2026.

