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Bourgogne-Franche-Comté perd 3 720 emplois privés en un an, l’industrie et le commerce en première ligne

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La région Bourgogne-Franche-Comté a perdu 3 720 emplois salariés privés sur un an, un recul deux fois plus marqué que la moyenne nationale, selon l’Urssaf.

Le chiffre est connu depuis quelques jours, mais il pèse. Sur les douze derniers mois, la région a effacé 3 720 postes dans le secteur privé, soit une contraction de 0,5 %. À l’échelle nationale, la même période affiche un recul de 0,2 %. L’écart n’est pas anodin pour un territoire dont l’industrie représente une part du tissu économique bien supérieure à la moyenne française.

Le seul premier trimestre 2026 a suffi à supprimer 580 emplois supplémentaires, après déjà 0,2 % de pertes au trimestre précédent. La tendance ne s’inverse pas, elle ralentit à peine. L’Urssaf Bourgogne-Franche-Comté le reconnaît elle-même : « la baisse de l’emploi salarié privé en Bourgogne-Franche-Comté se poursuit mais à un rythme plus modéré ».

En chiffres
3 720
emplois privés perdus en un an
Bourgogne-Franche-Comté, sur 12 mois à mi-2026
-0,5 %
recul de l'emploi salarié privé régional
contre -0,2 % au niveau national
-1 450
postes supprimés dans le commerce
secteur le plus touché sur un an
-1 180
emplois perdus dans l'industrie
soit -0,7 % en Bourgogne-Franche-Comté
+0,3 %
hausse de l'emploi intérimaire
seul secteur en progression, environ +100 postes

Commerce, industrie, construction : trois secteurs qui concentrent l’essentiel des pertes

Le commerce absorbe le choc le plus violent. Sur un an, il enregistre 1 450 suppressions de postes, soit le bilan sectoriel le plus lourd de la région.[2] L’industrie suit avec 1 180 emplois perdus, soit une baisse de 0,7 %.[1] La construction recule de 570 postes, les services hors intérim de 420.

Pertes d’emplois salariés privés par secteur en Bourgogne-Franche-Comté (sur un an, 2026)
Secteur Emplois perdus (sur un an) Évolution
Commerce -1 450 N.D.
Industrie -1 180 -0,7 %
Construction -570 N.D.
Services hors intérim -420 N.D.
Intérim +100 (environ) +0,3 %

Source : L’Est Républicain, juin 2026

Pour l’industrie, le signal est particulièrement préoccupant. La région concentre une part de son tissu économique sur des filières manufacturières, automobile en tête, qui ont déjà traversé plusieurs cycles de restructuration. Perdre 1 180 postes en douze mois dans ce secteur ne relève pas d’un simple ajustement conjoncturel.

La construction, elle, cumule des difficultés qui durent depuis 2022 selon les données de l’Urssaf. Le recul de la demande de logements neufs, la hausse des coûts des matériaux et le resserrement du crédit ont rogné les carnets de commandes sur la durée.

L’intérim, seul poste dans le vert

Une seule ligne tire son épingle du lot : l’emploi intérimaire, qui gagne environ 100 postes sur un an, soit +0,3 %. L’Urssaf qualifie cela de « seule note positive » de ce début d’année. C’est peu, et cela traduit avant tout une préférence des employeurs pour la flexibilité dans un contexte d’incertitude, plutôt qu’un vrai regain d’activité.

La hausse de l’intérim dans un contexte de destructions d’emplois permanents est un signal classique de frilosité économique : les entreprises embauchent au plus court, sans s’engager.

Pourquoi l'emploi industriel régional continue de reculer

Recul deux fois plus fort
La région perd des emplois privés à un rythme (-0,5 %) deux fois supérieur à la moyenne nationale (-0,2 %), selon l'Urssaf Bourgogne-Franche-Comté.
Industrie et commerce en crise
Ces deux secteurs concentrent plus de 2 600 des 3 720 suppressions de postes enregistrées sur un an dans la région.
Construction en repli durable
Le bâtiment accumule les difficultés depuis 2022, avec 570 emplois perdus supplémentaires sur les douze derniers mois.
Doubs et Yonne résistent
Ces deux départements créent des emplois nets au premier trimestre 2026, portés par l'action sociale, la restauration et les activités récréatives.
Intérim en hausse : flexibilité, pas reprise
La progression de l'emploi intérimaire (+0,3 %) signale une préférence des entreprises pour la flexibilité plutôt qu'un vrai redémarrage de l'activité.

Des disparités entre départements qui nuancent le tableau régional

Le recul n’est pas uniforme. Le Doubs et l’Yonne affichent des créations nettes d’emplois sur le premier trimestre 2026.[2] Ces deux départements bénéficient de dynamiques sectorielles spécifiques : l’action sociale et l’hébergement médico-social, les arts et activités récréatives, l’hébergement-restauration, ou encore les activités juridiques tirent leur emploi vers le haut.

Ces poches de résistance existent donc, mais elles ne compensent pas les destructions concentrées dans l’industrie, le bâtiment et le commerce des autres départements de la région.

Un rythme de déclin qui reste préoccupant malgré le ralentissement

Le ralentissement du rythme de perte au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent pourrait laisser penser à une stabilisation prochaine. L’Urssaf elle-même note que la baisse « est dans la droite ligne du trimestre précédent ». Mais accumuler 3 720 suppressions de postes sur un an, dans une région dont la population active est loin d’être la plus dense de France, pèse structurellement sur les bassins d’emploi locaux.

La trajectoire de l’emploi industriel en Bourgogne-Franche-Comté sera à suivre dans les prochains trimestres, notamment en fonction des annonces de maintien ou de fermeture de sites dans les filières automobile et métallurgique, qui restent parmi les premiers employeurs privés de la région.

Emploi privé en Bourgogne-Franche-Comté : les chiffres clés du recul

  • 580 emplois privés supprimés au seul premier trimestre 2026 en Bourgogne-Franche-Comté
  • La région perd des emplois deux fois plus vite que la moyenne nationale (-0,5 % contre -0,2 %)
  • Le commerce est le secteur le plus touché avec 1 450 postes perdus sur un an
  • L'industrie enregistre -1 180 emplois, soit -0,7 % sur douze mois
  • Le Doubs et l'Yonne créent des emplois nets au premier trimestre 2026, à contre-courant régional
  • L'intérim est la seule note positive avec +0,3 %, soit environ 100 postes supplémentaires

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Sylvie Renard
Sylvie Renard
Sylvie Renard, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.