Lockheed Martin veut faire évoluer ses missiles de croisière sans repartir d’une feuille blanche. Son nouveau concept AGM-158 FLEX repose sur une cellule commune dont certaines parties pourront être remplacées selon la mission, le capteur ou le mode de lancement.
Cette architecture doit servir de base aux futures évolutions de la famille JASSM, aujourd’hui composée de plusieurs armes destinées aux frappes terrestres ou antinavires. L’enjeu est aussi industriel : produire davantage tout en limitant les coûteuses refontes complètes.
Un missile conçu comme une plateforme évolutive
Le principe de FLEX tient dans sa structure modulaire. D’après Lockheed Martin, la partie avant pourra être retirée afin d’accueillir différents ensembles de capteurs. La section arrière sera elle aussi interchangeable pour adapter le missile à plusieurs méthodes de lancement.
La même architecture pourrait ainsi équiper des armes tirées depuis un avion, un navire, une installation terrestre ou un sous-marin. Dans sa configuration aéroportée, elle doit conserver la compatibilité avec les plateformes capables d’emporter les actuels JASSM et LRASM.
Deux formats prévus pour une même architecture
Lockheed Martin prévoit au moins deux longueurs de cellule. La plus grande mesurerait environ 5,23 mètres et correspondrait au futur JASSM-XR. Une version d’environ 4,27 mètres reprendrait le format du JASSM-ER.
Le JASSM-XR sera la première application de cette architecture. Ce missile, encore en développement, doit prolonger une famille comprenant déjà le JASSM d’origine, le JASSM-ER à portée accrue et le LRASM, spécialisé dans les attaques contre les navires.
Des essais ont déjà ouvert la voie à d’autres lanceurs
La diversification des modes de tir ne repose pas seulement sur un projet théorique. Un LRASM a déjà été lancé depuis un système vertical Mk 41, démontrant la possibilité d’adapter cette famille de missiles à un emploi depuis la surface.
Le JASSM-ER a également été déployé grâce à un système de lancement sur palette transporté dans un avion-cargo. Ces expérimentations illustrent la volonté de ne plus associer une arme à un seul type de porteur.
Réutiliser les usines et remplacer plus facilement les composants
Pour réduire les délais et les coûts, Lockheed Martin entend conserver la chaîne de production, les fournisseurs, les logiciels et les outils de préparation de mission déjà employés pour les JASSM et LRASM. L’entreprise a investi plus de 35 millions de dollars, soit environ 30 millions d’euros, dans la conception, les essais, les prototypes, la qualification des sous-systèmes et la mise en place de fournisseurs clés.
Cette stratégie s’appuie notamment sur une usine d’environ 20 900 m², dotée d’un niveau d’automatisation accru afin de soutenir une hausse des cadences de production.
La modularité doit enfin répondre au vieillissement des composants. Un capteur ou un sous-système devenu obsolète pourrait être remplacé sans imposer la conception d’un missile entièrement nouveau. À retenir : l’AGM-158 FLEX n’est pas une arme unique déjà opérationnelle, mais une architecture commune et adaptable destinée aux prochaines évolutions de la famille JASSM.

