Lundi 10 août, sur la route des Pyramides à Utumagalua, des véhicules ont roulé pour la première fois depuis seize ans. Depuis le cyclone Thomas de 2010, ce tronçon côtier restait impraticable : impossible de faire le tour complet de Futuna sans descendre de voiture. Ce lundi, sous les yeux des autorités et de la chefferie d’Alo, la route a rouvert. Une petite révolution dans le quotidien des habitants de l’île.
Le cyclone Thomas avait frappé en 2010. La houle avait arraché une partie de la chaussée au niveau des Pyramides, coupant la liaison circulaire. Seize ans, donc, que les Futuniens vivaient avec cette coupure, contournaient, rebroussaient chemin. Seize ans de dossiers, d’études, de négociations, d’attentes. La réouverture, ce n’est pas seulement une route : c’est la fin d’un isolement intérieur.
Jean-François de Manheulle, préfet administrateur supérieur, a rappelé lors de l’inauguration que cette avancée était le fruit d’un travail collectif. Le Tiafo’i d’Alo, chef de la chefferie, a parlé de satisfaction et de soulagement, remerciant notamment les familles propriétaires des terrains qui ont accepté que des matériaux soient prélevés localement pour les travaux.
60 millions de F CFP financés par l’Assemblée territoriale
Le chantier a coûté 60 millions de francs CFP, entièrement financés par l’Assemblée territoriale[1]. Le montant n’est pas négligeable pour un territoire de cette taille, mais le besoin était pressant. Paino Vanai, vice-président de l’Assemblée, a souligné le rôle des équipes locales dans le déblocage du dossier, après des années de solutions techniques envisagées sans suite. Il a assuré que l’Assemblée donnerait les moyens nécessaires pour achever cette portion de manière pérenne.
Des travaux de consolidation encore à venir
Si la route est ouverte, elle n’est pas pour autant terminée. Le préfet a insisté : il s’agit d’un premier temps. Des opérations de consolidation doivent encore être menées dans les prochains mois pour renforcer ce secteur particulièrement exposé à la mer. L’objectif : éviter qu’un nouveau coup de houle ne fasse repartir la route en arrière, comme en 2010. Ici, on sait que la nature ne négocie pas. La chaussée devra tenir face aux vagues, et ce sera le vrai test de la réussite du chantier.
Pour l’heure, les Futuniens peuvent à nouveau rouler tout autour de leur île. Un quotidien retrouvé, seize ans plus tard.
Sources
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