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Grand Est : la sécheresse du Rhin vide les stations-service, les camions-citernes autorisés le week-end

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Samedi matin, 10 % des stations-service du Grand Est affichaient un bec vide : plus d’essence sans plomb, parfois plus de gazole. Un taux trois fois supérieur à la moyenne française. La raison n’est pas à chercher du côté du Moyen-Orient, mais dans le lit du Rhin : le fleuve a perdu tant d’eau qu’il ne peut plus assurer son rôle habituel d’autoroute du carburant.

C’est par le Rhin que remonte, en temps normal, l’essentiel de l’essence livrée au port de Strasbourg. Mais avec un niveau tombé à 130 centimètres lundi à Kaub, en Allemagne, les péniches ne chargent plus qu’à 30 % de leur capacité. Le transport fluvial n’est pas coupé, précise la préfecture du Bas-Rhin, mais « fortement réduit ». Résultat : le ravitaillement par la route et le rail compense ce qui ne passe plus sur l’eau.

Face à ces ruptures, le préfet de la zone de défense et de sécurité Est, Amaury de Saint-Quentin, a signé vendredi un arrêté d’urgence. Les camions-citernes de plus de 7,5 tonnes, d’ordinaire interdits de circuler le week-end et les jours fériés, peuvent rouler depuis vendredi 22 heures jusqu’à dimanche 22 heures. Une dérogation exceptionnelle pour permettre le réapprovisionnement rapide des stations en difficulté.

Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort en première ligne

C’est surtout l’essence sans plomb qui fait défaut. Elle est, selon la préfecture, « essentiellement acheminée par voie fluviale ». Le gazole, lui, transite plutôt par oléoduc, ce qui explique qu’il soit moins touché[1].

L’arrêté vise les trois départements les plus exposés : le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort. Ces territoires peuvent être approvisionnés à partir de dépôts situés en Moselle, en Meurthe-et-Moselle, dans la Marne ou en Côte-d’Or, explique le préfet[3].

En Alsace, près de trois stations sur dix sont touchées par un manque d’essence. La situation n’est pas inédite : des épisodes comparables se sont produits en 2018 et 2023, mais pas dans ces proportions. Des pluies sont annoncées pour les jours qui viennent, mais le niveau du Rhin ne devrait regagner qu’une vingtaine de centimètres avant de rebaisser[3].

Une situation qui dépasse le seul Rhin

La Moselle, elle aussi, connaît des difficultés de navigation. Son débit nécessite « un pilotage fin », selon la préfecture de région, afin de garantir l’alimentation des industries et des usages prioritaires[3].

La mesure du week-end reste temporaire. Elle expire dimanche soir. Mais elle illustre la fragilité d’une chaîne d’approvisionnement devenue dépendante d’un fleuve dont le niveau, année après année, devient imprévisible.

Brigitte Müller
Brigitte Müller
Brigitte Müller, rédactrice régional(e) — La Voix de France. Textes produits avec l'assistance de l'IA et relus par notre équipe éditoriale.

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